Comment continuer ce blog sans évoquer l’ouragan qui a frappé la Nouvelle Orléans il y a quelques semaines maintenant. Parmi tous les phénomènes créés par Mère Nature, l’être humain a décidé de catégoriser les « vents » selon l’échelle dite « de Beaufort ». Ainsi, au premier niveau nous retrouvons une très légère brise (succédant au niveau 0 qui est le calme plat) et plus nous avançons dans cette échelle, plus le temps se gâte. Si par un malheureux concours de circonstances vous pouvez être témoin du niveau 12, alors félicitations, bienvenue dans le merveilleux monde des ouragans. Cela étant, les ouragans sont eux-mêmes catégorisés en niveaux : du niveau 1 au niveau 5. Merci Marie Folin pour ces précisions. (NDLR pour mes amis étrangers : Sébastien Folin est le présentateur français de la météo).
Chat noir reconnu par mes pairs que je suis, j’ai donc eu la bonne idée de m’expatrier l’année où la sœur de l’Ouragan Katrina a décidé de pointer le bout de son nez. Ou plutôt devrais-je dire le bout de son œil. Notre cyclope, j’ai nommé Ida, était annoncé comme un ouragan de catégorie 3 (ce qui est déjà fort sympathique) mais le Golfe du Mexique étant ce qu’il est, c’est à dire une cuvette, « the hurricane » s’est considérablement développé et a atteint les côtes en étant annoncé comme un cas 4.5/5.
C’est une malheureuse expérience hors du commun. Il y a une dualité d’ambiance : d’un côté les habitants fuient dans une atmosphère apcalyptico-normale (l’habitude, me direz vous), et de l’autre c’est le speed, la précipitation et les téléphones n’arrêtant pas de sonner (j’y reviendrai). Je suivais avec attention le déplacement en temps réel de l’ouragan et je dois dire que j’étais assez rassurée de voir que, sur mon téléphone, le trajet en rouge évitait notre maison. Cependant cette sérénité ne dura qu’un temps et laissa place à (sans mauvais jeu de mot) un vent de panique lorsqu’un ami américain m’a précisé que « Marie, le trajet en rouge n’est PAS l’ouragan, c’est simplement l’OEIL de l’ouragan ». Ah.
Le vendredi soir, Lyle et moi avons donc décidé en catastrophe de descendre à la Nouvelle Orléans pour récupérer Julie et Aaron et ainsi les remonter chez nous, avant de partir encore plus au Nord à Nachtitoches ! Ces sept heures de route pour aller les chercher avaient quelque chose de complètement hors du temps. Ici aux Etats-Unis, lorsqu’une alerte est très importante, votre téléphone peut se mettre à sonner soudainement avec la pire des alarmes jamais créées sur cette Terre (et dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant de l’entendre qu’elle ne vous crève le tympan.) Ainsi, tous les JeNeSaisCombienDeMiles, une alerte retentissait pour nous intimer l’ordre de déguerpir rapidos. Le temps était clairement compté, et l’autre sens de la route n’était qu’une enfilade de phares, chaque habitant fuyant le Sud. La plupart sont d’ailleurs partis au Texas, le trajet initial devant dévaster une bonne moitié de la Louisiane. J’avoue cependant que cet ouragan tombait plutôt bien car il nous a permis de nous retrouver!! La team Poussin de retour (Julie et moi évidemment)! Arrivés au milieu de la nuit à la maison avec nos deux réfugiés, l’heure était au sommeil car dès le lendemain, Nachtitoches nous attendait.
Une fois de plus, un grand merci à la famille de Lyle qui a été fantastique, recevant plus de 10 personnes chez eux : mes chers collègues et désormais amis Camille et Vincent (ainsi que leurs deux enfants), Julie, Aaron, la sœur de Lyle avec ses deux amies, Lyle et moi. Nous nous sommes partagés entre la maison de ses grands-parents ainsi que celle de ses parents et le weekend fut paradoxalement reposant et ressourçant car nous étions tous ensemble (mais coupés du monde). Une bonne partie de l’Etat s’est rapidement retrouvé sans électricité, ce qui a duré des semaines et je tiens à saluer le Codofil qui a tout mis en œuvre pour savoir avec précision où se trouvaient chacun de ses enseignants avant, pendant et après.





Par chance pour nous, Ida a décidé de couper son chemin en se dirigeant plus tôt que prévu vers l’ouest et même si l’expérience de vivre un ouragan doit être « quelque chose » comme on dit, nous n’en avons seulement vu qu’une partie à savoir, à Nachtitoches, une grosse pluie. Néanmoins je vous ai posté plus bas une vidéo de quelqu’un qui est resté à la Nouvelle-Orléans, je vous laisse seuls juges de la rencontre avec Ida. Au moment de s’organiser pour reprendre la route, il a vite été décidé que Julie resterait avec nous quelques temps (quasiment trois semaines au final, pour notre plus grand bonheur). Lyle ayant d’ailleurs délicieusement ponctué l’organisation par la phrase suivante :
« Comment veux-tu qu’elle puisse retourner chez elle? La Nouvelle-Orléans est cassée! » – Lyle 2021
Et en effet, NOLA était cassée. La ville s’est retrouvée sous l’eau, privée d’électricité avec par ailleurs un fort danger d’électrocution car bon nombre de câbles électriques flottaient dans l’eau. De plus, les inondations ont permis à nos chers amis les crocodiles de suivre la crue et quelle ne fut pas ma surprise de voir une gigantesque queue d’alligator dans une poubelle. Pour la petite histoire, un habitant qui avait survécu à la crue s’est tout de même fait arracher un membre par un de ces chers museaux pointus à écailles.. Quand c’est pas ton heure, c’est quand même un peu ton heure au final.. Arbres arrachés, bâtiments maisons et écoles détruits, électricité et eau potable inaccessibles, bienvenue dans la saison des ouragans! Et croyez-moi, seize ans jour pour jour après Katrina, nous nous rappellerons d’Ida..!



Et juste pour le fun…

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