#10 Saison 1 – Le Tournoi !

Mesdames et messieurs, nous entrons dans un grand chapitre de ma vie Louisianaise. J’ai nommé : LE TOURNOI. Accrochez-vous à votre écran, chaussez vos boots, enlevez vos éperons (et prêtez-les moi car je vais en avoir besoin) et laissez-moi vous conter cette histoire….

Qualifica-quoi?

Par un beau jour de septembre, Wanda Verrette vint dans ma classe. Il n’est pas inhabituel ici que certaines personnes passent vous saluer, ou saluer vos élèves (ou vous et vos élèves, soyons fous!) pendant que vous faites classe. Ce n’est pas tous les jours mais cela peut arriver et ce côté humain et chaleureux de quelques instants n’est pas pour me déplaire. Wanda Verrette est une de ces personnes qui fut présente dès notre arrivée. Elle est un peu la poule d’expatriation du poussin expatrié que je suis (des poussins expatriés que nous sommes) et nous nous amusons à dire que Wanda doit sans doute avoir des clones à son service car elle sait tout, tout le temps, elle connait tout le monde et elle a bien souvent une solution à tout. Vous cherchez une voiture? Wanda. Vous avez coincé vos clefs dans la voiture? Wanda. Vous cherchez une maison? Wanda. Vous avez besoin d’aller quelque part? Wanda. Vous cherchez un cheval? Wanda. Et il est bien inutile de vous préciser que ces exemples sont tirés de faits réels. Elle n’est absolument pas payée pour cela, c’est simplement une personne au grand cœur.

Un beau jour comme je le disais donc, Wanda toque à ma porte, me demande comment je vais et m’explique que nous pouvons, si je le souhaite « aller à une course de chevaux TRES célèbre ici ». Cela s’appelle « Le Tournoi« . Vous imaginez bien que la cavalière que je suis (et qui n’a pas posé les fesses sur un cheval depuis des semaines) a sauté au plafond, excitée comme une puce de me remettre en contact visuel avec le monde de l’équitation. Lequel sera d’ailleurs bien différent je le savais déjà, puisque je me trouve dans l’univers Western, et non pas l’univers de l’équitation classique dite anglaise. Cependant, les choses ont pris une toute autre tournure. Après l’avoir serrée dans mes bras dans le couloir pour cette bonne idée, je suis restée sans voix lorsque je l’ai vue partir, me disant au loin « parfait, on va donc te trouver un cheval ! » Qu’est-ce donc que cette nouveauté.

Me voilà engagée dans une course équestre avec des sélections dix jours plus tard ! Je ne sais pas de quoi il est précisément question, je n’ai ni cheval ni équipement & mes boots, mes bottes et mes pantalons sont soigneusement rangés dans un carton se trouvant lui-même dans un garage gardois. Quelques jours plus tard, Wanda (et ses clones?) m’avai(en)t trouvé un cheval ainsi que l’équipement. Après avoir acheté une paire de boots marron (détail qui aura son importance), me voilà partie en direction de chez Amy et Brent, un couple d’une trentaine d’années, propriétaires de Buttercup, jument d’une quinzaine d’années. On m’explique que le concept est simple, mais que l’exercice est compliqué : Il faut galoper le plus vite possible le long d’un « arc d’ovale » avec une lance dans la main droite. Et tandis que mon cheval galope, je dois mettre la lance dans 7 « rings » (anneaux) en métal, suspendus à des poteaux. Historiquement, les sept anneaux représentent les sept ennemis cottons à tuer. Cette course existe depuis la fin des années 1800. Autant vous dire que je faisais totalement fausse route en pensant qu’il s’agissait simplement de « la petite course annuelle du coin ». La règle pour être qualifié? : attraper au minimum 3 anneaux et faire moins de 14 secondes (ca va vite, très vite.). Les 10 qualifiés iront rejoindre les 10 meilleurs de l’année passée, eux étant automatiquement qualifiés. Après n’avoir monté cette jument que deux fois dans un champ, histoire de faire connaissance, me voilà au milieu du terrain entourée de dizaines de personnes m’apprenant, à deux minutes de mon tour comment tenir la lance et quels conseils je devais suivre. J’avais peur d’être « la frenchie qui veut essayer quelque chose qui n’est absolument pas de son univers » et d’être vue d’un mauvais œil. Ce fut tout l’inverse. J’ai appelé au moins trois personnes « coach » et à peine ai-je eu le temps de mettre mon deuxième pied dans l’étrier que ce fut mon tour. Trois rounds. C’est parti. J’ai donc découvert la taille des anneaux au moment où j’arrivais au galop dessus. Ils sont… petits. TRES petits. Mes trois rounds se sont terminés sans être ridicules car j’ai à chaque fois attrapé quelques rings (1; 3 puis 2). Mes chers amis, j’ai sauvé l’honneur français comme j’ai pu. J’avais la sensation d’aller si vite. Si vous aviez vu ma tête, la tête de la désillusion lorsqu’on m’a annoncé que j’avais fait le double du temps requis.

Cependant, parfois la vie nous met face à des coups de théâtre. La journée terminée, je partais remercier toutes les personnes qui m’ont aidée, prêté le cheval, amenée jusqu’au terrain et encouragée lorsqu’au moment de tourner les talons, j’ai entendu  » On se voit à l’entrainement pour le jour J! ». J’ai alors compris que j’étais qualifiée. Soyons bien clairs, je ne mérite absolument pas cette qualification (moins de 3 anneaux sur deux passages et temps dépassé). Mais il fallait 10 qualifiés et nous étions 10 prétendants. Me voilà donc embarquée dans LE TOURNOI, cette course célèbre dans toute cette partie de la Louisiane, faisant de moi la deuxième femme de toute l’histoire de la course à être qualifiée. A ce titre, un journaliste est venu m’interviewer…

Lets go practice !

A compter de ce jour, je me suis entrainée sur ce même terrain, en conditions réelles deux fois par semaine. Et alors que je pensais avoir été plus que gâtée et choyée, je reçu un jour un appel me stipulant que je faisais l’objet d’un article sur internet. Les quelques médias locaux se sont intéressés à mon cas, celui de la petite française débarquée de nulle part et seconde femme de l’histoire du tournoi à être qualifiée (Ce qui n’était absolument pas mérité, pour rappel). Et comme si l’improbable n’avait pas déjà atteint son paroxysme, quelques jours plus tard, je me retrouvais en première page du journal local et… de nouveau à la radio ! Ce qu’il y a de drôle d’ailleurs, c’est qu’une fois la liste des vingt participants publiée, mon nom apparaissait en numéro 1. Inutile de vous préciser que la plupart des gens ont cru que j’avais été excellente (La-gros-se-bla-gue). Il m’est arrivé de me faire arrêter dans la rue pour entendre des personnes me demander si c’était bien moi la française qui faisait le tournoi. Une de mes collègues m’a même raconté qu’à deux reprises certains étaient venus lui demander, étant donné qu’elle est également française, si c’était elle « la frenchie. »

Fun Fact : Si vous regardez attentivement ma tête de constipée la photo,
on peut apercevoir que je loupe allègrement le ring!

« La Frenchie »… J’entends encore les autres cavaliers devenus camarades m’appeler comme ça à la place de Marie. J’ai adoré ! Et afin que je puisse améliorer ma monte, mon temps et mes résultats, plusieurs d’entre eux m’ont proposé divers chevaux. Ca fait vraiment chaud au cœur de voir les efforts que les gens font pour vous, alors que vous ne les connaissez pas. Après avoir essayé quatre chevaux différents sur plusieurs jours, j’ai choisi une petite jument appaloosa du nom de Blue Deer. C’était elle et moi. Rapide, vive, intelligente. Alors un grand merci à celui que je vais continuer d’appeler « coach » : Kent Saucier ! Ses conseils, sa gentillesse et son attitude paternelle avec moi m’ont profondément touchée.

L’ambiance m’était familière. Après l’école, deux fois par semaine, tout le monde se rejoignait au « field » (le terrain) et après avoir partagé la piste pendant des heures, nous partagions des bières, des repas, des conseils, des blagues, des discussions… La bonne ambiance a toujours été naturellement de mise. A l’issue de ces quelques semaines, je me suis nettement améliorée et sur la fin de mes entrainements je bouclais le tour en 13 secondes (au lieu des 23 lors des qualifications ahem…) en ayant attrapé 6/7 ou 7/7 anneaux. Soyons honnête un instant, j’ai également parfois fait des entrainements moins bons, je pense à la fois ou j’ai percuté l’anneau de mon arcade…

« The bruise may fade but the memory will remain… »

LE TOURNOI – D DAY

Le grand week-end est arrivé ! Après avoir passé la matinée à préparer le terrain pour accueillir le public, l’après midi a été dédiée à jouer notre rôle de chevaliers. Parmi les 300 festivals que comporte la Louisiane, Le Tournoi clôture le « Festival du Coton ». Il faut savoir que chaque festival donne lieu à l’élection d’une reine. Et toutes ces reines (que l’on appelle « pageant ») se déplacent de festival en festival pour promouvoir chacune le leur. Le samedi donc nous avons été invité à escorter la Reine du Coton (en tant que chevaliers que nous sommes), laquelle était donc accompagnée d’une vingtaine d’autres reines : Queen of the boudin (je sais), Queen of Capitale Internationale du Riz, Queen of the corn, Queen of the cajun music etc.

Les chevaliers quant à nous, devions respecter un dress code : manches longues noires, jean noir, et boots noires (coucou les boots marron que j’avais achetées!). Sur cette « base », est rajoutée une tenue prêtée à rendre sous caution : un shirt gris métallisé, une cape noire, un MERVEILLEUX chapeau à pointe et, pour le cheval une cape rouge.

24 Octobre. C’est parti.

Je suis déterminée comme jamais et j’ai un comité de soutien auquel je ne m’attendais pas ! Mon merveilleux colocataire Lyle a fait faire des tee-shirts et a même invité de Gouverneur de la Louisiane à venir à cet évènement! Résultat, j’ai pu voir dans le dos de quelques bonnes paires de personnes : ma tête collée à celle de Balzac mon cheval en France (oui on a triché) ainsi que mon nom en lettres capitales. Ca fait tellement chaud au cœur de se sentir soutenue. Tout au long de cette aventure je n’ai eu que des messages d’encouragements et de félicitations. Je vous l’ai dit, c’est vraiment un GROS évènement ici, et j’ai fait la fierté de certains (ce qui me fera toujours rire autant que ce que cela m’a touchée)

La journée va s’articuler en deux temps : tout d’abord la parade ! Les cavaliers ont pour habitude de peindre leurs chevaux pour l’occasion, aussi je vous laisse découvrir par vous-mêmes ma création artistique. Nous avons donc déambulé à 20 chevaux, des cheerleaders, des orchestres et des dizaines de chars, dans les rues de Ville Platte durant plus d’une heure, saluant la foule (oui, c’était drôle) avec nos chapeaux pointus et nos chevaux encapés de rouge.. Le tout escortés par les pompiers et policiers.

Ensuite, vint l’heure du TOURNOI ! Forte de mes derniers entrainements, et revenant enthousiasmée de la parade, je fus la première à me lancer dans la compétition. Que d’émotions ! Je n’ai attrapé que 3 anneaux à chaque round, quelle déception… Quoi qu’il en soit ce ne fut pas la journée des meilleurs résultats, car même ceux qui s’entrainent depuis des mois et participent chaque année m’ont confiée qu’ils étaient soit mécontents du nombre de rings attrapés, soit de leur temps. Même si à la lumière de mes derniers entrainements je trouve que j’aurai pu mieux faire, vous savez quoi? J’ai gagné tellement plus que quelques anneaux supplémentaires ! J’ai gagné des heures de souvenirs ! Bon, j’ai perdu une cheville dans la bataille (merci le poteau percuté plein galop) mais je ne suis pas la seule (coucou Eric avec ta pommette) ! Je réentends des gens hurler « go frenchie! », je revois 10 de mes 14 élèves brandir des banderoles pour me soutenir, et je revois mes partenaires d’aventure me féliciter entre chaque passage !

Dans mon aventure Louisianaise, j’aime autant vous dire que LE TOURNOI restera parmi mes plus beaux souvenirs !

Trois semaines plus tard, j’ai découvert être passée sur la chaîne télévision FoxNews au journal de 20h ! Après moult recherches, j’ai fini par mettre la main sur le reportage…

Nous noterons mon intervention à 2min23 et, surtout, ce ring
que je rate avec brio. Merci FoxNews pour ce ralenti essentiel qui
m’aura bien fait rire !!

Et parce que, quand même, je veux vous montrer un passage complet…

Le weekend s’est terminé par une soirée entre riders et amis. Il est de tradition que le gagnant du Tournoi demande à ses « guys » de l’accompagner afin de chanter une chanson à la Queen of the Cotton. Pour la deuxième année consécutive, la Queen a répondu en chantant en retour, une chanson à tous les chevaliers (dont je faisais partie). Je vous laisse sur ces quelques vidéos d’instants que je ne suis pas prête d’oublier.

Fun fact : En rentrant le soir après toutes ces aventures, je n’ai fait que
pleurer… de joie et de reconnaissance ! Le Tournoi et toutes les
personnes impliquées dedans ont rythmé ma vie, et m’ont prouvé qu’on
s’habitue bien vite à la bienveillance, la bonne ambiance, la gentillesse
et l’ambiance familiale!

#9 Saison 1 – Lettre à mon passé

Cher lecteur, pour une fois tu ne seras pas le destinataire de cet article. Néanmoins, la toile étant ce qu’elle est c’est à dire accessible et ayant délibérément appuyé sur le bouton « publié », tu es invité si tu le souhaites à lire cette lettre ouverte… à moi-même. Ainsi :


Chère Marie,

Nous sommes dans les années 2017 – 2020 (grande marge me diras-tu). Tu ne le sais probablement pas encore mais ta vie va changer du tout au tout et pas nécessairement dans le bon sens. Tout ce qui forme actuellement ta vie jusqu’au plus petit détail va basculer : tu n’auras plus le même cheval, tu ne seras plus dans la même relation sentimentale, certaines relations amicales vont exploser en plein vol, tu vas découvrir la sensation de frôler la mort dans un accident de voiture, tu vas changer de type de métier (une pensée émue au poste de Brigade que tu regretteras amèrement 3 jours sur 4 en 2020.) et certains des piliers de ta famille vont malheureusement s’éteindre (bien trop tôt). Tu comprendras rapidement pourquoi nous avons besoin d’une grande marge (2017-2020) car ce sont des choses qu’on met du temps à accepter, ce sont des changements de vie qui nécessitent des mois pour se retourner. Tu vas découvrir ce que c’est que de penser faire les bons choix alors que ce n’est pas le cas et tu apprendras à tes dépends qu’ « attendre » est déjà un choix : celui de ne rien faire. Heureusement pour toi tu sais rebondir et je t’encourage à croire en toi et à faire confiance aux bonnes âmes qui t’entourent, car il y en a! Tu vas t’en sortir. Ces moments où tu seras en apparence motivée à 100% mais à l’intérieur totalement détruite ne seront finalement que temporaires et tu finiras par rebondir une bonne fois pour toutes. Ces moments, lorsque certains te disent « mais comment tu fais, moi j’aurai plongé », où tu souris en te disant intérieurement « si tu savais… » finiront par appartenir au passé.

Un beau jour, après quelques années à effriter gentiment mais sûrement l’enthousiasme qui faisait de toi… justement toi, après autant de mois de triste réflexion sur le sens de ta vie et après d’innombrables conversations (merci à ces bonnes âmes qui m’ont entourée et continuent de le faire) sur « comment retrouver l’estime de toi-même », une nouvelle va bouleverser ce capharnaüm, ce tourbillon qu’est devenue ta vie. La vie en dents de scie où tu ris aux éclats toute la journée mais ne trouve plus de sens à rien le soir, va finir par retrouver l’équilibre qu’elle n’aurait jamais du perdre tout ce temps. Tu verras, lorsque tu seras dans cet avion le 14 juillet 2021, direction les Etats Unis, tu sauras que tu as fait le meilleur choix qui s’offrait comme par magie à toi. Ah, petite précision : nous ne sommes pas dans cet Airbus pour voyager. Nous habitons maintenant en Louisiane aux Etats Unis. Ne t’en fais pas, tu as tout mis en œuvre pour que Tomytoketchup t’accompagne. Et sache que même des mois après, tu seras toujours aussi reconnaissante envers ceux qui prennent soin de tes autres « enfants adoptifs » : chats et cheval.

Une des choses qui va te marquer, si ce n’est la principale, est l’accueil que tu auras sur le sol américain. Je ne pense pas que tu pourras mieux tomber en ce qui concerne ton affectation, tes collègues, ton principal, ta « principal assistant » et toute l’équipe du « schoolboard ». Tu vas découvrir que la ville entière est fière de te compter parmi ses enseignants. Tu sais, la Louisiane est un état assez pauvre donc le fait qu’un groupe de français vienne pour enseigner à leurs enfants une langue qui a été aussi importante que malmenée durant son passé relève en effet de la fierté. Et chaque jour aura son lot de surprises en ce sens. En octobre 2021, tu seras intégrée au Rotary Club. Alors oui Marie, nous ne savons toujours pas vraiment comment nous avons atterri là, mais c’était un moment spécial dont tu te souviendras. Après avoir prié (oui ça aussi tu t’y habitueras, il y a des prières assez souvent ici), tu te retrouveras au micro pour te présenter et tu réciteras le « Rotary Grace » que tu ne connais absolument pas. Mais pas de panique, tu pourras tricher car tout ce qu’il faudra dire est écrit sur un sous-main posé sur une table. D’ailleurs tu sentiras que l’endroit a « une mémoire », et à juste titre car il s’agit d’une ancienne banque construite 115 ans plus tôt et reconvertie en café : Le Café Evangéline.

Tu n’auras pas le temps de laisser la surprise retomber qu’un peu plus tard, ces nouvelles personnes qui t’entourent ici aux Etats Unis vont venir te cueillir un beau jour d’école pour t’emmener… à la radio. Tu verras par toi même que le concept est très sympa puisque l’émission « La Tasse de Café » de la radio KVPI est bilingue voire trilingue : anglais, français et français cajun. Ah.. le français cajun. Belle découverte mais ne t’attends pas à comprendre à 100%, c’est une langue ancienne ne l’oublie pas, donc parfois tu décoderas plus que ce que tu ne comprendras. Un peu comme un bon vieux patois de chez nous! And here we are, Marie ! En direct à la radio américaine pour te présenter, faire quelques blagues et répondre aux quelques questions des auditeurs ayant appelé ! C’est drôle quand on pense qu’un des regrets de ta vie a été d’avoir refusé un stage chez NRJ presque 10 ans auparavant (outch.) Ici encore l’accueil te fera chaud au cœur, tant par les phrases que par les petites attentions (mention spéciale au déjeuner qui nous a été apporté. Tu vas te régaler).

Tu verras vite que l’essence même de l’expatriation est d’adopter un nouveau quotidien. Un quotidien aux antipodes de ce que tu connais. Car ce qui est pour les habitants d’ici complètement naturel, te paraitra fou, fera écho à tous ces films américains que tu as pu voir, et te donnera un coup de fouet. Faire les courses à 23heures après avoir mangé te paraitra tout à fait normal, tu t’habitueras assez vite à aller te prélasser au lac tous les jours, et tu étonneras les locaux d’être si enthousiaste à l’idée d’aller voir un match lycéen de football américain. D’ailleurs, tu apprendras qu’en réalité les joueurs sont supportés par deux équipes de cheerleaders : les cheers & les danseuses. Tu te surprendras et tu souriras en constatant que toi aussi tu commences à te lever et à mettre la main sur le cœur lors de la prière (again) et l’hymne. Tu assisteras à quelque chose de complètement nouveau : le Homecoming. En gros, c’est LA fête de l’année où les anciens étudiants reviennent « à la maison » (au lycée) pour une journée de parade et de fête se terminant ici par un match de football américain. Queens sur les voitures, bonbons jetés par centaines dans la foule, orchestre, et bonne ambiance au rendez-vous je te le garantis. Comme on dit ici, « it’s a big deal! »

On parlait de « se prélasser au lac ». Sache aussi qu’au delà de toutes ces expériences et de cet accueil qui te sera réservé, tu vas avoir une autre chance certaine, en ce qui concerne la maison dans laquelle tu vas habiter. Ou plus précisément en ce qui concerne qui en est propriétaire. A deux ou trois miles de la maison se trouve « Lakeview Park and Beach« , un superbe camping très naturel. Il se trouve que nos propriétaires sont les gérants de cet endroit qui deviendra ton QG. Tu auras donc accès gratuitement et toute l’année au lac pour te baigner, au second lac pour te promener (merci les patounes de Tomy qui vont pouvoir se délier tout autour), mais aussi et surtout au BARN, cette immense grange aménagée pour accueillir chaque samedi des concerts live ! C’est si familial que tu n’auras pas de peine à retrouver des collègues, ou encore certains élèves et leurs parents. Mais pas de panique, encore une fois ce n’est pas la France. Accentué par le fait que nous sommes dans un coin reculé de la Louisiane, il n ‘y a aucune gêne et au contraire, c’est même un plaisir de retrouver tout ce monde autour d’un barbecue ou d’une bière. D’ailleurs ce sera une occasion de plus d’habituer ton œil à voir ces immeubles sur roues. Oui parce qu’ici, lorsque les gens te disent qu’ils vont « faire du camping », ne t’attends pas à la tente Quechua qu’on lance en l’air. Non non. Les campeurs tractent derrière leur monstrueux truck l’équivalent d’un château en guise de camping car. Tu verras, c’est simplement gigantesque.

Tu l’auras compris Marie, tu peux reprendre confiance car tu n’es pas prête pour l’avalanche de bonnes ondes qui t’attend. Tu vas re-goûter à l’insouciance, aux plaisirs simples d’être entre amis dans un bar vide ou au contraire rempli de monde, tu vas adorer aller Fred’s Lounge, le bar de Mamou plein à craquer ouvert simplement les samedis de 07h à midi, tu vas jouer au billard avec une dame que tu as clairement sous-estimée et tu vas finalement bénir le ciel qu’elle soit dans ta team, tu vas fêter les anniversaires de chacun comme s’il s’agissait de ta deuxième famille car ici c’est comme ça, tout le monde a cet état d’esprit de partage et de bienveillance les uns envers les autres. Tu vas t’épanouir et rire aux éclats sans avoir peur de replonger le soir-même à peine la porte de chez toi passée. Ce temps est enfin : loin. Tu seras heureuse, tellement heureuse. Et tu sauras au fond de toi que ce n’est pas éphémère comme une parenthèse d’un voyage de quelques jours ou semaines dans une vie. Ce choix que tu t’apprêtes à faire, va te redonner des ailes et les ancrer bien profondément dans ton dos. Alors écoute ceux qui te poussent à partir. Et pars. Pense à les remercier chaque jour, fais-moi confiance. Et pars, car tu verras, si c’est à refaire tu re-signeras, je re-signerai, et dix fois s’il le faut.

PS : Toi qui est passionnée par tout ce qui touche à l’espace, garde en tête la nuit du 09 novembre 2021. Tu auras la chance de voir l’équipage du DragonCrew revenir sur Terre après six mois dans l’ISS !! Moment magique..

#8 Saison 1 – Reprendre une vie normale… ou presque !

Une des choses les plus folles dans l’expatriation est la force des amitiés que vous allez tisser avec des personnes qui ont fait les mêmes choix que vous pour en arriver là! Suite à l’épisode Ouragan-Ida, Julie ne peut évidemment pas retourner à la Nouvelle-Orléans. Elle est avec nous depuis bientôt trois semaines et je dois dire que cette nouvelle colocation à trois a tout pour me réjouir ! Nous avons trouvé notre petit rythme, ponctué de séances de sport, de courses placées sous le signe du fun et de soirées entre amis. Il est tellement bon de voir petit à petit son réseau social s’étendre grâce aux amis des amis, et c’est d’autant plus riche que bien des nationalités sont désormais présentes (Amérique, Canada, France, Tunisie etc.) et il faut préciser que nous ne sommes absolument pas tous enseignants. Je vous laisse imaginer nos cerveaux switchant d’une langue à l’autre! Il devient normal pour nous de commencer une phrase en français avant de la terminer en anglais. Notre groupe me fait penser à une petite meute de renards souvent fourrés ensemble, et surtout toujours partants pour partager un repas ou faire la fête. Ou les deux.

J’adore cette ambiance, j’adore l’idée de faire une raclette en plein mois de juillet avec du porc car le jambon est introuvable et du Port-Salut coupé en fines tranches car ici le fromage à raclette n’existe pas. J’adore par dessus-tout le fait que les âges n’importent absolument pas et que tout le monde de 21 à plus de trente ans s’entende aussi bien. Le soir de la raclette d’ailleurs, nous avons eu (grâce à un merveilleux seau d’alcool) l’idée de faire… un cache-cache dans le noir. Oui. A 20 et 30 ans. Hé bien vous savez quoi? Cette soirée fait définitivement partie des plus drôles. Bon, sauf lorsque j’ai eu l’idée de me cacher dans le sèche-linge et que bien évidemment, gravité aidant, je n’ai fait que me balancer d’avant en arrière. Foutu tambour. (Pour ceux qui savent combien je mesure, cela vous donne une idée de la taille de l’électro-ménager ici). Mention spéciale à Julie qui s’est simplement mise en boule sur la table (Oui, le principe du noir c’est qu’on ne voit rien alors tout endroit devient potentiellement une cachette).

La colocation peut être chose difficile mais j’avoue volontiers que la nôtre se passe à merveille et je me sens chanceuse pour ça. Nous réussissons aussi bien à dégager du temps festif tout ensemble que du temps en comité plus restreint, profitant du calme pour dessiner, écrire des lettres, simplement discuter tous les trois ensemble (Julie, Lyle et moi), ou tout aussi bien travailler. Chacun a une petite attention pour les autres, c’est idiot mais ça contribue au plaisir d’être ensemble : se faire des smoothies, se préparer le petit déjeuner etc.

Quelques jours plus tard, à la suite de notre semaine de travail (nos écoles avaient rouvert à la différence, de toute évidence, de celle de Julie), nous avons décidé de passer le weekend à Lafayette ! Tous les quatre (ne me dites-pas que vous aviez oublié Tomy!) sommes donc partis en direction de Lafayette ! Et cette fois-encore ce fut riche en émotions! A l’arrivée, Maggie (la meilleure amie de Lyle) ainsi que son petit-ami Bobby (les deux en jaune sur les photos ci-dessus) nous ont accueilli dans leur jolie maison. La première soirée fut donc placée sous le signe de l’eau l’alcool et je dois dire que l’ambiance était au top. (Une pensée émue au jeu dans lequel il fallait rajouter une règle. Mention spéciale à la règle : vous ne pouvez parler que si vous avez le doigt sur votre nez < règle devenue « vous ne pouvez parler que si vous avez votre main sur le front du voisin »)

Le lendemain, nous voulions manger dans un restaurant très typique et franchement hyper sympa, alors Maggie (qui de son côté avait prévu un pique-nique) m’a proposé de prendre Tomy avec elle. En revenant du Bon Temps Grill le ventre rempli de gumbo et autres spécialités louisianaises, nous nous sommes retrouvés dans le parc et là, ô surprise ! En revenant chercher mon chien, un inconnu américain s’avance et me demande si je suis la propriétaire car il est photographe et l’a pris en photo quelques instants plus tôt. Et là, après avoir dit oui évidemment, il me propose de prendre la pose avec Tomy Comment vous dire qu’avoir reçu les photos par mail le soir-même m’a littéralement scotchée car, in addition comme on dit ici, les photos sont vraiment réussies !

La suite de notre weekend nous a amené dans le Bougie Bar de notre ami Brett. C’est un chouette concept que je n’avais jamais testé avant dans le sens où vous allez dans ce bar pour créer votre propre bougie ! A votre disposition, mille senteurs (et du café histoire de faire « reset » sur la mémoire de votre narine et recommencer à sentir correctement) parmi lesquelles il faudra choisir pour créer la vôtre. Sinon pour les balances (coucou Maman, Sophie et tous les autres de la famille qui ont décidé de naître en octobre), il y a des modèles tout prêts !

Enfin, nous avons fait un saut au musée de la science histoire de comprendre plus précisément certains phénomènes comme les tornades ou les ouragans. Quel dommage qu’on ne soit pas dans une région propre à cela, histoire d’avoir un aperçu grandeur nature des explications du musée ! Blague à part, c’est un chouette endroit pour ceux qui s’intéressent aux phénomènes météorologiques, aux dinosaures ou encore à la litho (l’étude des pierres. Coucou Chacha!) Vous apercevrez sans doute une photo de Tomy à côté de moi (imitant à la perfection le tyrex vous en conviendrez). Une petite précision et sans doute une des plus amusantes s’impose. Bien qu’une immense majorité des bars soit « pet-friendly » ici aux Etats-Unis, il est tout de même compliqué d’introduire un chien dans un musée de la science. « Mais comment avez-vous fait? » me demanderez-vous. Hé bien tout simplement, nous m’avons présentée comme une personne émotionnellement fragile ayant besoin de son ESA. « Mais qu’est-ce qu’un ESA? » allez-vous insister. (Vous êtes si prévisibles). Littéralement « Emotionnal Support Animal », il s’agit de la meilleure invention du monde. Pour 70$ vous pouvez créer une carte officielle au nom de votre chien/chat/toutautreanimal, carte que vous pourrez présenter dans n’importe quel lieu public qui sera tenu de vous accueillir vous et votre animal. N’ayant pas fait la carte et n’ayant pas compris tout de suite que mon ami avait présenté la chose comme ça à la dame de l’accueil je fus pour le moins… déroutée lorsque celle-ci m’indiqua toutes les issues de secours si jamais je me sentais soudainement mal ou prise de panique. Vous l’aurez compris, si vous êtes de passage à LAFAYETTE, il y aura de quoi faire !

PS : j’ai encore acheté des santiags

#7 Saison 1 – Vivre l’ouragan Ida

Comment continuer ce blog sans évoquer l’ouragan qui a frappé la Nouvelle Orléans il y a quelques semaines maintenant. Parmi tous les phénomènes créés par Mère Nature, l’être humain a décidé de catégoriser les « vents » selon l’échelle dite « de Beaufort ». Ainsi, au premier niveau nous retrouvons une très légère brise (succédant au niveau 0 qui est le calme plat) et plus nous avançons dans cette échelle, plus le temps se gâte. Si par un malheureux concours de circonstances vous pouvez être témoin du niveau 12, alors félicitations, bienvenue dans le merveilleux monde des ouragans. Cela étant, les ouragans sont eux-mêmes catégorisés en niveaux : du niveau 1 au niveau 5. Merci Marie Folin pour ces précisions. (NDLR pour mes amis étrangers : Sébastien Folin est le présentateur français de la météo).

Chat noir reconnu par mes pairs que je suis, j’ai donc eu la bonne idée de m’expatrier l’année où la sœur de l’Ouragan Katrina a décidé de pointer le bout de son nez. Ou plutôt devrais-je dire le bout de son œil. Notre cyclope, j’ai nommé Ida, était annoncé comme un ouragan de catégorie 3 (ce qui est déjà fort sympathique) mais le Golfe du Mexique étant ce qu’il est, c’est à dire une cuvette, « the hurricane » s’est considérablement développé et a atteint les côtes en étant annoncé comme un cas 4.5/5.
C’est une malheureuse expérience hors du commun. Il y a une dualité d’ambiance : d’un côté les habitants fuient dans une atmosphère apcalyptico-normale (l’habitude, me direz vous), et de l’autre c’est le speed, la précipitation et les téléphones n’arrêtant pas de sonner (j’y reviendrai). Je suivais avec attention le déplacement en temps réel de l’ouragan et je dois dire que j’étais assez rassurée de voir que, sur mon téléphone, le trajet en rouge évitait notre maison. Cependant cette sérénité ne dura qu’un temps et laissa place à (sans mauvais jeu de mot) un vent de panique lorsqu’un ami américain m’a précisé que « Marie, le trajet en rouge n’est PAS l’ouragan, c’est simplement l’OEIL de l’ouragan ». Ah.

Le vendredi soir, Lyle et moi avons donc décidé en catastrophe de descendre à la Nouvelle Orléans pour récupérer Julie et Aaron et ainsi les remonter chez nous, avant de partir encore plus au Nord à Nachtitoches ! Ces sept heures de route pour aller les chercher avaient quelque chose de complètement hors du temps. Ici aux Etats-Unis, lorsqu’une alerte est très importante, votre téléphone peut se mettre à sonner soudainement avec la pire des alarmes jamais créées sur cette Terre (et dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant de l’entendre qu’elle ne vous crève le tympan.) Ainsi, tous les JeNeSaisCombienDeMiles, une alerte retentissait pour nous intimer l’ordre de déguerpir rapidos. Le temps était clairement compté, et l’autre sens de la route n’était qu’une enfilade de phares, chaque habitant fuyant le Sud. La plupart sont d’ailleurs partis au Texas, le trajet initial devant dévaster une bonne moitié de la Louisiane. J’avoue cependant que cet ouragan tombait plutôt bien car il nous a permis de nous retrouver!! La team Poussin de retour (Julie et moi évidemment)! Arrivés au milieu de la nuit à la maison avec nos deux réfugiés, l’heure était au sommeil car dès le lendemain, Nachtitoches nous attendait.

Une fois de plus, un grand merci à la famille de Lyle qui a été fantastique, recevant plus de 10 personnes chez eux : mes chers collègues et désormais amis Camille et Vincent (ainsi que leurs deux enfants), Julie, Aaron, la sœur de Lyle avec ses deux amies, Lyle et moi. Nous nous sommes partagés entre la maison de ses grands-parents ainsi que celle de ses parents et le weekend fut paradoxalement reposant et ressourçant car nous étions tous ensemble (mais coupés du monde). Une bonne partie de l’Etat s’est rapidement retrouvé sans électricité, ce qui a duré des semaines et je tiens à saluer le Codofil qui a tout mis en œuvre pour savoir avec précision où se trouvaient chacun de ses enseignants avant, pendant et après.

Par chance pour nous, Ida a décidé de couper son chemin en se dirigeant plus tôt que prévu vers l’ouest et même si l’expérience de vivre un ouragan doit être « quelque chose » comme on dit, nous n’en avons seulement vu qu’une partie à savoir, à Nachtitoches, une grosse pluie. Néanmoins je vous ai posté plus bas une vidéo de quelqu’un qui est resté à la Nouvelle-Orléans, je vous laisse seuls juges de la rencontre avec Ida. Au moment de s’organiser pour reprendre la route, il a vite été décidé que Julie resterait avec nous quelques temps (quasiment trois semaines au final, pour notre plus grand bonheur). Lyle ayant d’ailleurs délicieusement ponctué l’organisation par la phrase suivante :

« Comment veux-tu qu’elle puisse retourner chez elle? La Nouvelle-Orléans est cassée! » – Lyle 2021

Et en effet, NOLA était cassée. La ville s’est retrouvée sous l’eau, privée d’électricité avec par ailleurs un fort danger d’électrocution car bon nombre de câbles électriques flottaient dans l’eau. De plus, les inondations ont permis à nos chers amis les crocodiles de suivre la crue et quelle ne fut pas ma surprise de voir une gigantesque queue d’alligator dans une poubelle. Pour la petite histoire, un habitant qui avait survécu à la crue s’est tout de même fait arracher un membre par un de ces chers museaux pointus à écailles.. Quand c’est pas ton heure, c’est quand même un peu ton heure au final.. Arbres arrachés, bâtiments maisons et écoles détruits, électricité et eau potable inaccessibles, bienvenue dans la saison des ouragans! Et croyez-moi, seize ans jour pour jour après Katrina, nous nous rappellerons d’Ida..!


Et juste pour le fun…

#6 Saison 1 – Beginning of the school year

A force de découvertes et de rencontres, j’en oublie presque pourquoi je suis venue ici. Au moment où je prenais ces premières photos, la rentrée approchait car ici, le premier jour d’école se trouve être le 11 août. Cela fait déjà un mois que je suis sur le sol américain et je vais entamer ma cinquième semaine de classe ce qui me permet de commencer à avoir ce qui s’apparente à un embryon de recul. Et je peux vous dire que tout ce que l’on connait du système éducatif français est à des années-lumière de ce que je constate ici! Alors cher ami, visiteur ou connaissance, prends ta plus belle tasse (ou même la plus moche au final peu importe, surtout si c’est pour boire du café, ca n’ira que trop bien ensemble) remplis-là de quelque chose de plus noble comme du Ricard (oups, le manque du Sud se fait parfois sentir) et c’est parti pour la visite guidée de mes souvenirs et constatations ! Welcome dans mes neurones et surtout, bienvenue à Mamou High School, « HOME OF THE GREEN DEMONS » !!


Bienvenue, ô nouveau poste !


La première chose à savoir est que je suis en charge d’une classe de 5th grade (équivalent de notre CM2) au sein non pas d’une école élémentaire, mais d’un High School. Car, et je suis très chanceuse pour cela, mon poste est doublement particulier :

C’est l’un des rares établissements où le 5th grade se trouve dans un High School. Résultat des courses : moi, petite enseignante d’élémentaire je peux côtoyer la vie lycéenne américaine !

C’est la première année de son histoire que l’établissement accueille une classe de 5th grade « french immersion ». Je suis donc pionnière!

J’inaugure le poste, et je ne suis pas peu fière. J’ai donc un immense travail (d’adaptation) de traduction quotidien. Et à l’image des nouveaux parents qui disent à ceux qui ne le sont pas encore « tu verras, quand tu auras des enfants tu sauras ce que c’est d’être vraiment occupé(e) », hé bien moi je me dis à moi toute seule « ma chère Marie, tu ne te rendais pas compte du temps libre que tu avais ces cinq dernières années ». Car malgré une sonnerie finale à 15h00, en réalité mes journées de travail avoisinent pour l’instant les 15 ou 16 heures. Mais c’est sincèrement une bonne chose car ceux qui me connaissent savent que je m’ennuie à mourir très vite donc je me réjouis d’avoir le luxe de ne jamais pouvoir me tourner les pouces. (Ah, on me dit dans l’oreillette qu’un petit point honnêteté s’impose. Même si je suis heureuse de cette nouvelle vie, de toute évidence si je devais calquer ce quotidien en France ça coincerait rapidement avec ma vie de cavalière. Mea culpa. On peut continuer?)

Je suis donc en charge de trois matières : maths, sciences et « social studies » (l’équivalent de l’histoire géographie que nous connaissons) et voici un petit aperçu du volume de traduction qui m’attend et du volume de travail qui attend mes petits bilingues. Alors bien évidemment, c’est ce que je vais appeler « la base » et cela ne comprend donc pas toutes les réjouissances annexes également à traduire (power points, polycopiés, tests sur ordinateur, tests version papier et autres formes de règlements de 489 pages quelques pages).


La journée type d’une french teacher

7:00 – Arrivée sur l’école
7:20 – Arrivée des premiers élèves
7:50 – Annonces au micro et « pledge »
7:55 à 10:00 – Maths (100 minutes)
10:05 à 10:50 – Sport (45 minutes)
10:50 à 11:10 – Repas (20 minutes)
11:15 à 12:05 – Sciences (50 minutes)
12:05 à 12:55 – Social Studies (50 minutes)
12:55 à 13:15 – Récréation (20 minutes)
A partir de 13:15 mes élèves partent en « ELA » (leur cours d’anglais) avec leur professeur d’anglais et je ne les revois que pour la sortie à 15:00


Quelles sont les différences avec la France?

Tout. Merci au revoir à bientôt pour l’article #8. Est-il nécessaire de préciser que jamais je n’amputerai cet article de la partie la plus intéressante ? Ainsi, agrippe-toi à l’anse de ta tasse (la moche ou la jolie peu importe), ouvre tes yeux et fais glisser le curseur de gauche à droite pour dévoiler de part et d’autre mon génie de création artistique, j’ai nommé : mes POST-IT made in Powerpoint haha ! (Si jamais vous ne voyez pas correctement, pas de panique! J’ai réécrit le cœur des post-it en bas de l’article, initialement pour que mes amis anglophones puissent traduire grâce à la magie du copier-coller)

A l’aube de ce troisième mois qui se profile devant moi, je suis heureuse d’avoir choisi de tenter cette expérience qui d’ailleurs, n’en est qu’à ses prémices ! Je dois dire qu’avoir sa classe à soi après 5 ans de remplacement est franchement confortable, même si certains remplacements ont été franchement longs et formidables. Et peu m’importe que nous fassions encore et toujours la même journée (car ce n’est pas comme en France avec par exemple géographie le mardi, histoire le mercredi jeudi etc. Il y a ici un squelette de journée qui se répètera jusqu’à la fin de l’année), je me sens une fois de plus fière et chanceuse ! Après avoir visité la partie High School en début d’article, bienvenue dans THE CORRIDOR que j’arpente tous les jours, aux allures boisées et très américaines (Coucou les affiches positives et le ministère de la foi ici aussi présent!). N’oubliez pas de « sign out » en sortant, avec votre empreinte digitale !

(Bon pour ça il faudra aller au school board

Ca risque d’être long

Avec une tonne de papiers

Et blablabla ALLEZ SALUT ! 😀



PS : Pour mes amis anglophones qui voudraient traduire la partie des post-it, je vous copie en dessous ce qu’il y a marqué ! Mes amis francophones logiquement vous l’avez déjà lu ! 🙂

Situation Covid : En règle générale dans la vie Louisianaise c’est comme si le covid n’existait pas. Et même si parfois le masque est redevenu obligatoire dans certains lieux, ce n’est pas respecté. Je dirai que 50-60% des gens obéissent. Peut-être aussi car nous sommes à la campagne. Chacun fait un peu ce qu’il veut. On va où on veut quand on veut avec qui on veut. Zéro restriction, zéro pass sani-quoi? Mais apparemment les cas remontent donc les masques ont été réinstaurés dans les écoles. Une classe ferme à partir de 3 cas positifs et jusqu’à ce jour j’ai eu 3/14 élèves cas contacts donc en quarantaine.
Maitresse? Pas de « maitresse »! C’est Miss  ou Mister + le prénom. Je suis donc « Miss Marie » mais souvent mes élèves m’appellent « Madame »
Le niveau attendu : Je ne sais pas si ma classe est particulièrement agréable ou si c’est l’éducation américaine mais comme on dit : ça ne bronche pas. Les élèves sont calmes et respectueux. Cela étant on leur en demande BEAUCOUP. •Une leçon par jour (mention spéciale à la vidéo de l’article) : Donc si tu as raté le coche, tu as raté le coche. Et ce n’est pas comme en France avec une leçon à « apprendre ». Ici, en soi « il n’y en a pas », on applique directement. Donc en gros ils apprennent en pratiquant. Pas mal en un sens, mais le schoolboard (équivalent : la circonscription) commence à recevoir des réclamations venant des enseignants comme quoi 1leçon par jour ne laisse pas le temps aux enfants de comprendre. Et Je suis assez d’accord avec ça) •Les élèves sont testés (évals) tout le temps. Je dirai en temps calme 1 à 2 tests par semaine et en temps plus soutenu peut-être 2 voire 3. •Le bonheur des « benchmark ». En début d’année, chaque élève passe un gigantesque test dans chaque matière. Qui évidemment n’est pas une réussite. Le but est de repasser ce même test à la fin de l’année pour constater les progrès •Enfin, les notes : Elles vont de A à F (mais il n’y a pas de E, allez comprendre. Donc A,B,C,D ou F). Si jamais vous deviez mettre un F à un élève, il vous faudra établir un rapport officiel car il n’est pas normal ni question qu’un élève ait un F. Pression, pression.
Activité extra-scolaires : Une grande attention est portée aux activités extra-scolaires. Les élèves prennent d’ailleurs cela très à cœur. Aujourd’hui, j’ai 6/14 élèves qui se sont inscrits à la musique. Ils vont donc apprendre clarinette, saxophone, flûte traversière et/ou trombone. Et, bien évidemment, l’high school compte son équipe de football américain (GO DEMONS!), son équipe de baseball (GO DEMONS!), son équipe de softball (GO LADY DEMONS!) ainsi que son équipe de cheerleaders !
Mes collègues : Mention spéciale à mes collègues géniales : Miss Candace la vice-principale (clairement ma boss), Miss Becky (5th grade comme moi), Miss Amanda (5th grade comme moi),  Miss Macy (5th grade comme moi), Miss Cindy (ELA teacher, elle fait l’anglais à mes élèves l’après-midi) qui m’aident et répondent à chacune de mes questions ! D’ailleurs le « Madame Marie » a été mon cadeau de bienvenue !
Les horaires : Ici, tout le monde à l’école à 7 heures ! Et on POINTE à l’entrée et à la sortie ! Comment? Avec nos empreintes digitales bien sûr ! -Tout le monde à table avant 11h. Une récréation par jour de 12h55 à 13h15
En rang : Les élèves se rangent à la file indienne, ici les rangs deux par deux n’existent pas !
Le dress code : Pour les élèves : bas beige + haut bleu, blanc ou gris (rentré dans le pantalon). Ceinture obligatoire, et si veste il y a, elle devra obligatoirement être ouverte dans les couloirs. Pour les enseignants : Débardeurs, top « spaghettis » interdits. Epaules couvertes (oui, je meurs en veste sous 40° tous les jours .) Pour tout le monde : Blue jeans autorisés uniquement certains jours et suivant un calendrier. Whoopwhoop! les « sneakers » (baskets) viennent d’être autorisées
Les habitudes alimentaires : Là, je pleure. Adieu équilibre et hello gâchis • Petit déjeuner en classe à 7h le matin, pas forcément équilibré (une boisson, une saucisse, ou une omelette, un fruit) • Déjeuner avant 11h (pas forcément équilibré non plus) • Et dans l’après midi, les élèves peuvent (et VONT!) acheter de la nourriture. Ils sont donc chaque jour, quasiment tous avec des paquets de chips, bonbons et autres sucreries vers 13 heures….
Nouvelles technologies : Ma classe est équipée d’un TBI (tableau interactif) Les élèves ont chacun un ordinateur portable qui leur est propre et dont ils se servent la majeure partie du temps… D’ailleurs toutes les évaluations se passent dessus. (Cf. post-it « Le niveau attendu »)
Les bâtiments : Des bâtiments « à l’américaine » (normal me direz-vous), Des couloirs aux affiches positives, Des photos des teams (cheerleaders & football players), Des cadres purement religieux (le bonjour aux écoles laïques françaises!)


#5 Saison 1 – Discover Natchitoches

Je vous vois venir avec votre prononciation franco-française, mais le nom de cette ville ne se prononce pas comme il s’écrit. Ainsi, préférez [nagtoch] ou [nakatoch]. Par ailleurs, courage pour retenir l’orthographe, cela fait un mois que je suis sur place et je suis toujours entrain de demander à Lyle l’ordre des 12 lettres! Il est bien capable de répondre, puisque Natchitoches n’est autre que son village / sa ville natale & donc, nous sommes allés « overthere » pour quelques jours ! En réalité, nous y avons passé deux weekends, mais j’ai préféré attendre un peu et condenser les découvertes en un seul et même article. Cela étant, avant de commencer, un petit point géographie s’impose ! Nachtitoches se trouve à deux heures d’Eunice (oui car, révélation ! En fait nous habitons plus près d’Eunice que de Mamou.)

Permettez-moi donc de vous emmener avec nous dans « notre deuxième maison » et bienvenue dans les trois parties de cet article : l’activité aquatique inattendue, la sortie faune locale (vous comprendrez) et la visite du downtown !


1° L’ACTIVITE AQUATIQUE INATTENDUE

Arrivés chez la famille de Lyle, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une magnifique maison implantée dans la forêt et donnant sur un lac ! Le maitre mot de ces deux week-ends fut « accueil ». J’en profite donc pour remercier Lyle, sa soeur Leah, ses parents et ses deux oncles qui nous ont particulièrement bien reçus, Tomy et moi. Si vous avez eu l’occasion d’aller aux Etats-Unis vous ne serez pas surpris de lire que cette maison non plus n’a aucune barrière ni aucun grillage délimitant la propriété. La seule barrière naturelle est le lac au fond du parc, euh je veux dire du jardin. Installées confortablement, je discutais avec Leah quand soudain je vis passer un bateau tirant quelqu’un faisant du ski nautique. Je m’exclame donc que la vie doit être géniale ici pour ceux ayant le loisir de s’occuper de la sorte. Et quelle ne fut pas, de nouveau, ma surprise lorsqu’elle me répondit « si tu as un maillot enfile le! Nous avons un bateau, des skis nautiques et une grosse bouée ». Ainsi s’est dessinée notre première journée ! Ses oncles, son père, sa soeur, Lyle et moi avons embarqué direction le centre du lac !

Après s’être fait tracter de gauche à droite sur une gigantesque bouée au gré des envies de notre pilote j’ai nommé « Lyle’s Dad », Leah, Lyle et moi sommes revenus sur le bateau et les choses sérieuses ont commencé : le ski nautique ! L’eau était vraiment BOUILLANTE, je dirai quelque chose comme 35°C. Ici, pas de « bon, j’ai passé les cuisses, allez, je plonge d’un coup comme ça elle me paraitra bonne! ». Une fois dans l’eau en position semi assise, flottant grâce au gilet, et le bout des skis aux pieds émergeant de l’eau (me donnant l’aspect d’un pingouin), ce qui s’est avéré être une longue série d’essais commença. Inutile de vous préciser donc, que les 79 essais de ski nautique n’ont été que peu concluants pour ma part. Mais à force de persévérance, de cours particuliers, de crampes aux avant-bras, de conseils et de patience, j’ai enfin pu me lever !

FUN FACT PS : Je ne l’ai su qu’après mais le lac abrite nos chers amis les alligators ! Pas de panique apparemment « ils ont plus peur de nous, que nous d’eux! » Quoi qu’il en soit, j’ai toujours mes jambes alors c’était sans doute vrai !

Ainsi, devant vos yeux ébahis…


2° LA SORTIE « FAUNE LOCALE »

Après ce beau spectacle qui j’espère vous aura fait sourire, revenons sur terre. Car Natchitoches n’en a pas fini de surprendre. Le lendemain, en reparlant de la possibilité de voir un alligator dans le dit-lac, la famille de Lyle m’a expliqué que si je le souhaitais, nous pouvions aller dans un sanctuaire d’alligator à deux pas de chez eux. Faut-il vraiment préciser quelle a été la suite de notre weekend? A « Gator Country » j’ai donc, pour la première fois, nourri un alligator avec une knacki au bout d’une canne à pêche (rien ne va dans cette phrase) et attrapé un bébé alligator. La sanctuaire est vraiment respectueux du bien-être animal et c’est fou de pouvoir approcher de si près cette faune qui m’est étrangère !


3° DOWNTOWN

Durant le second weekend, Lyle m’a emmenée visiter le cœur de Natchitoches. J’ai adoré découvrir ces rues « à l’ancienne » dallées de pavés rouges, et marcher le long de la rivière sur un chemin plus propre que dans Wisteria Lane (vous avez la réf?). Pour le coup, Tomytoketchup nous a accompagné et les gens se sont de nouveau arrêtés pour me parler de la race! J’ai bien l’impression qu’ici, ce type de chien est rare. Ou alors peut-être est-ce le fait de le faire suivre partout qui est inhabituel, car depuis notre arrivée, Tomy n’a croisé que bien peu de copains.

Anyways. Le centre de Natchitoches est vraiment propre et criant d’histoire. On peut admirer (comme dans toute la Louisiane) bon nombre d’ « oak tree » qui sont ces arbres gigantesques aux branches tentaculaires. Les bancs publics quant à eux sont ici faits de fer forgé, fleurs de lys incorporées et avec, pour la plupart, des noms soudés au niveau du dossier. Ces noms sont ceux d’anciennes grandes familles. Car Natchitoches est le premier village français de l’époque. Puis, le village est passé aux mains espagnoles avant de revenir à la France qui finalement a cédé le territoire aux Etats Unis. (Pour faire simple : France > Espagne > France > USA). Nous sommes donc allés voir une des traces de ce passé : le Fort Saint Jean-Baptiste, un fort français du XVIIIème qui a été reconstruit. On en apprend sur la vie de l’époque entre américains, espagnols, et native americans. En partant, nous avons laissé un « pin » sur la carte. Je ne me suis pas battue pour la place, car visiblement peu de sudistes français sont venus.

Le soir, Lyle m’a emmené voir la ville « by night ». J’ai trouvé cela merveilleux, certains quartiers étant juste splendides : grande maisons (vraiment grandes), colonnades, lumières éclairant les murs ou les dites-colonnes par en dessous. Toute cette visite sur un fond musical d’X-Ambassador. Ca avait quelque chose de magique !

N’oubliez pas le nom de cette ville, surnommée « la ville des lumières » car j’en reparlerai, et en bien ! Apparemment, en fin d’année elle brille de mille feux..

#4 Saison 1 – Back to Nola

C’est un grand weekend qui s’annonce ! Voici venu l’anniversaire de Charles et pour l’occasion, Lyle Charles et moi même avons décidé de faire une virée à la Nouvelle Orléans ! En embarquant Tomy bien évidemment. Au programme? Visite et fête! Pour y avoir déjà été deux ans auparavant je confirme ce que je savais déjà : NOLA est une ville vivante, empreinte de bien des marques du passé (fleur de lys, français cajun etc.) et avec une identité propre. En vous baladant dans les rues vous aurez l’occasion de faire une balade en calèche, de vous faire prédire l’avenir, d’écouter des joueurs de Jazz, ou encore d’aller manger des beignets au fameux Café du Monde. Il n’est pas rare de croiser de drôles de trucks (comprenez 4X4) dont les roues avant on été exagérément remontées.
En ce qui nous concerne, après être allés chez la belle-mère de Lyle (une demeure splendide dans une mini-ville sécurisée accessible uniquement sur liste), nous sommes finalement arrivés à notre destination! Durant la journée, nous avons arpenté les rues, sous une chaleur humide étouffante laquelle prédisait (elle aussi) un orage assez conséquent. Anyways, c’est la météo Louisianaise !

Si jamais vous ne le saviez pas, la rue Bourbon est réputée pour les colliers de perles jetés depuis les balcons en échange de la vision de votre derrière ou de votre poitrine. Bien évidemment, des âmes moins lubriques vous en lancent pour la simple bonne ambiance. Tomy était de la partie et bon nombre de gens nous ont arrêtés pour nous parler de sa race, de son âge ou encore de son joli museau noir. Alors inutile de vous dire qu’il obtint une ovation lorsque les colliers reçus du haut des balcons finirent autour de son cou. J’avoue avoir fait ma maligne en le faisant aboyer exprès, mais nous avons récolté une pluie d’applaudissements et cela s’est transformé en un super souvenir !

Le soir nous sommes retournés French Quarter pour fêter comme il se doit l’anniversaire de Charles ! Ce fut une soirée riche en émotions, en alcool en rires et en … élément(s) inattendus. Après avoir descendu des verres, que dis-je des saladiers de daïquiris, nous nous sommes retrouvés dans un bar et vers deux heures du matin, les gens se sont soudainement mis à courir come fuyant quelque chose. Et pour cause, un homme a ouvert le feu, touchant cinq personnes. Le bar a coupé la musique, nous nous sommes assis par terre et ils ont barricadé les portes et fenêtres. La soirée s’est, pour nous, heureusement bien terminée.

#3 Saison 1 – Home Sweet Mamou

La vie défile a une allure folle. J’aime cette sensation de ne pas voir le temps passer, d’être toujours occupée et bien entourée. Le temps est venu de quitter Bâton-Rouge, de quitter mon binôme Julie pour mieux la retrouver la semaine suivante, et de nous envoler vers ce qui sera notre chez-nous : Mamou. Ici les gens rient lorsqu’on les informe de notre déménagement à Mamou car c’est soi-disant « un tout petit village ». « Mais les gars, vous n’avez connu ni Ste Valière, ni Mégiers » pensais-je. Nous voilà donc en route avec Lyle jusqu’à notre maison. Quelle belle surprise en arrivant de découvrir notre maison sur pilotis, aux murs bleu ciel et à la porte orange. Elle est parfaite. Quel bonheur de poser ses valises et de pouvoir s’établir quelque part, sans penser à la cage, aux croquettes, aux valises ou encore aux habits qu’on peut ou non défaire, certaines parties étant sous vide.
Mamou est une petite ville de 3156 habitants + 2 + un malinois + ….. un chaton. Oui, car quelle ne fut pas notre surprise le jour de notre arrivée de trouver un chaton dans le jardin. Je vous présente donc « Monsieur Oops », car « oups c’était pas prévu d’avoir un chat ». Bien évidemment nous avons vérifié qu’une maman n’était pas a proximité les jours précédant son adoption officielle. Cette boule de poils me suit partout et il faut dire que Tomy et lui s’entendent plutôt bien !

Les jours suivants nous ont permis de nous familiariser avec notre nouvel environnement ! Nous en avons profité pour aller voir le parc naturel de la région d’Evangéline « Chicot Park », et pour manger un bout dans une ancienne ferme d’écrevisses (The Crawfish Barn). Ah oui, j’oubliais ! Si vous venez ici et que vous voyez des trous dans le jardin, ce ne sont pas des serpents ou des taupes. Ce sont des écrevisses! Ne vous étonnez pas non plus de trouver de toutes petites grenouilles sur la porte, elles sont coutumières du fait.

#2 Saison 1 – Stage à Bâton-Rouge

Dix-neuf juillet 2021. Voici venue la première étape de notre aventure d’enseignants expatriés. Le stage à Bâton Rouge (au Hilton svp) a pour but de nous familiariser avec le système américain, de nous aider dans nos démarches et peut-être avant tout cela encore, de nous rencontrer les uns les autres. Je dois dire que cette semaine de briefing a été particulièrement bien orchestrée.


L’arrivée et le stage en lui-même
Le stage oscillait entre deux dynamiques : une partie sérieuse avec un tas d’infos pratiques (les démarches, les différentes paperasses, des conférences sur la vie d’enseignant et plus largement sur la vie en Amérique) et une partie plus légère (avec des ice breaker c’est à dire des jeux pour briser la glace entre nous, des chasses au trésor dans la ville avec des points d’intérêts auxquels se rendre ou encore des distributions de cartes postales pour écrire à nos proches). L’arrivée elle même s’est faite en fanfare. Imaginez un instant : tous les enseignants recrutés faisant leur entrée dans la salle de conférence sous une haie d’honneur avec musique en fond, applaudissements et colliers de perles typiquement louisianais jetés à travers la salle en direction de qui saura les attraper.

La suite du stage a été une succession de conférences et de rencontres notamment du Lieutenant Gouverneur de la Louisiane Billy Nungesser, de repas (épicés), de rires, de courses dans les couloirs et d’allers retours au 8ème étage pour sortir Tomy. C’était d’ailleurs très drôle de constater qu’une immense majorité des personnes connaissaient Tomy avant de connaitre mon prénom.

« Ooh mais c’est Tomy? »


Les rencontres et l’ambiance
La première chose que l’on constate lorsque l’on arrive dans la famille du CODOFIL est qu’il y a tout type de profils : des trentenaires, des célibataires, des familles avec enfants, des personnes en couple qui ont dû se marier pour se suivre, des personnes en couple qui ne se sont pas suivies et qui vont passer l’année loin l’une de l’autre, je me rappelle même de deux femmes veuves enthousiastes à souhait, à l’idée de replonger dans un projet positif. Et quel que soit le profil, la cohésion entre nous était de mise. Tout d’abord car tout le monde était dans cette dynamique d’échange, et ensuite car le CODOFIL y a veillé (plans de table différents chaque jour selon les classes, selon les paroisses, selon les langues parlées etc). Le dernier jour, ou plutôt le dernier soir fut autant attendu que redouté. Il nous a été demandé de nous répartir par région et de créer un numéro (danse chant sketch) à présenter le soir! Bien évidemment, en bonne sudiste que je suis, un paquito interactif fut présenté. (Pour les Nordistes ou les incultes, merci de cliquer ici).


Il est drôle de se dire que nous sommes tous là car nous avons tous fait les mêmes choix au même moment. Un bon point de départ pour lier de nouvelles amitiés… Et rencontrer son colocataire j’ai nommé : Lyle, 23ans, jeune enseignant ! D’un naturel très extraverti, j’ai rarement rencontré personne plus serviable et comme on dit, ça a « tout de suite accroché« ! Une merveilleuse colocation se profile avec ce mètre 90 de bonne humeur que j’aime à surnommer « mon armoire. »
Cependant les relations entre codofiliens ne s’arrêtent pas à la frontière des Etats-Unis et notre joyeuse bande s’est agrandie avec Charles, le canadien du groupe. Grâce à lui nous agrémentons notre vocabulaire d’expressions plus drôles les unes que les autres.

On ne dit pas « un torchon » on dit…. « une débarbouillette »
On ne dit pas « il a eu peur » on dit… « il a capoté sa vie »
On ne dit pas « holala » on dit… « calice! »
On ne dit pas « je vais bouger ma voiture » on dit… « je vais bouger mon char »

Enfin, notre fine équipe a accueilli son dernier membre, j’ai nommé : la fatigue. Parce que oui, sortir jusqu’à quatre heures du matin (Georges Place, Happy Irish pub) et être debout à sept heures, au bout d’un moment ça se paie. Je réentends Julie me réveiller en me disant « Bonjour, c’est la mort! » et moi de lui répondre « justement, je veux mourir ».

Visite de Bâton-Rouge
Et parce que nous sommes majeurs et …. majeurs (n’allons pas créer de polémique), nous en avons profité pour sortir visiter Bâton-Rouge ! Au programme, visite du Capitole (le bâtiment pointu), Visite de l’Old State Capitol (le bâtiment blanc), photos contre les murs peints de la ville, redécouverte de l’USS KIDD et balade sur le Mississipi (pour le plus grand bonheur de Tomy qu’il a fallu doucher, avant de retourner en conférence. Merci la vase. Bien évidemment, j’ai douché la pièce entière et il a fallu que je me lave moi-même en trois minutes, le temps pressant.)



#1 Saison 1 – Une nouvelle page

Connaissez-vous ce moment? Connaissez-vous cette sensation de tourner en rond et de ne plus avancer? Lorsque le peu de projets que vous faites ne vous satisfait pas totalement? Le ressenti de s’enterrer dans un chemin qui au final n’est sans doute pas le plus épanouissant pour soi? This feeling was mine. A mon sens, rien n’arrive par hasard et je commencerai ce premier article par remercier ma soeur Céline, lorsqu’elle a décidé de me transférer ce mail. Le mail de ce programme qui m’est désormais familier : le CODOFIL.

Après des semaines d’hésitation j’ai donc candidaté pour cette nouvelle aventure, en étant peu convaincue et presque persuadée que ce qui n’était encore qu’un embryon de projet allait mourir dans l’œuf. Je voudrais donc profiter de ce second paragraphe pour remercier tous mes proches (famille et amis) lesquels m’ont, non pas soutenue, mais littéralement poussée dans cette aventure. Merci à eux.

19 MARS 2021 – « VOTRE CANDIDATURE A ETE RETENUE »

Louisiana, here we are !

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