#12 Saison 1 – A nous, York !

Un matin, j’ai réalisé que jeudi 11 novembre était un « day off » et en bonne petite française que je suis, je me suis tout de suite mise à réfléchir au possible programme de ce pont. De ce pont… Ces mots sonnent à mon oreille comme le souvenir d’un fonctionnement passé. Point de pont ici, chère Marie. Néanmoins, et c’est un des avantages à être enseignant ici aux Etats Unis, nous disposons de huit jours à « prendre » quand bon nous semble (pour raisons personnelles, maladie etc.). Il n’en fallut pas plus à mon petit cerveau en surchauffe pour prendre le téléphone et appeler mon acolyte j’ai nommé Julie ! J’avais dans l’idée un voyage dépaysant, quelque chose que je n’avais encore jamais vu de mes yeux et faisable en 4 jours. Cela étant, et comme je l’ai déjà évoqué, le système américain est bien plus compliqué que le français. Et donc après avoir posé un jour et remué ciel et terre pour lui trouver une « sub » (remplaçante) nous nous sommes retrouvées à 5h du matin à l’aéroport Louis Armstrong de Nola, direction… la Grande Pomme ! Et à quoi correspond le 11 novembre ? A l’anniversaire de Julie! 31 ans à NYC, avouez c’est classe.

Par souci de clarté, j’ai mis en gras les informations d’ordre pratique. Pour les plus courageux, le reste de l’article décrit nos épopées ! Let’s go !

A peine l’avion posé sur le tarmac de Newark (oui, il s’agit du vrai nom, ce n’est pas NewYork écrit façon low-cost), notre premier réflexe fut d’aller assouvir notre soif de cliché(s) en nous rendant à … Central Park ! D’ailleurs, si vous projetez de visiter NYC, préférez un billet à la semaine trajets illimités, ça vous coûtera à peu près 25$ et ce sera nettement plus rentable. N’hésitez pas à le demander aux points infos car les machines ne sont pas franchement intuitives. Bagages posés dans notre BnB, c’est parti pour le poumon vert de la ville. En chemin nous n’avions d’yeux que pour la ligne de métro. Non je plaisante évidemment (quoi que certaines étaient franchement bien décorées, avec par exemple de petits personnages en métal qu’il fallait vraiment voir)! Bien avant le métro donc, nous n’avions d’yeux que pour les murs de Brooklyn, aux briques rouges et aux escaliers en Z sur la façade. Quelques photos (ok, un millier), un hot-dog, un bretzel (oui Julie je sais déjà que tu vas m’envoyer un message pour me dire que toi, tu as acheté un PPPretzel!), une balade le long de ces sentiers citadins et un long temps passé assises sur un banc à écouter les musiciens, tels ont été les ingrédients de notre première journée éreintante certes, mais éblouissante. Et quand je dis éblouissante je fais également référence aux millions de leds qui forment les écrans géants de Times Square, notre dernière étape de la journée. Mention spéciale à l’énorme clitoris exposé, au centre duquel les plus curieux pouvaient découvrir une fontaine gigantesque. Poésie quand tu nous tiens.. Enfin quand tu tiens New York. Enfin quand tu tiens le créateur de la structure. Enfin de la structure, bon bref vous avez saisi!

Il faut quand même que je vous raconte notre épopée de l’Empire State Building. Après avoir payé tout de même approximativement 80$ pour avoir le privilège de monter au 80, au 86 et au 102ème étage, notre voyage nous conduit jusque dans… l’ascenseur. Vous ne pensiez tout de même pas que nous avions fait le tout via les escaliers? (retenez bien cette phrase, j’y reviendrai.) La première partie de l’Empire State Building est particulièrement plaisante car après une entrée majestueuse, le trajet prévu à l’intérieur permet de déambuler entre décors de films et exposition sur la construction du building.

Cependant, et allez savoir pourquoi, au 86ème étage je suis prise de… vertige. C’est donc ça ton corps Marie? Tu te jettes les yeux bandés dans le vide à la Réunion (retenue par un élastique évidemment sinon je ne pourrai même pas écrire ces lignes. #Logique) mais tu ne peux pas être dans un bâtiment qui voit chaque jour défiler des milliers de personnes? Soit. Mains moites, sueurs, l’impression que le gratte-ciel penche, l’envie de dire à tout le monde de marcher doucement pour protéger l’équilibre de la structure, quel bonheur ce fut ! Rassemblant mon courage pour prendre quelques photos sur le balcon (ne vous fiez donc pas aux sourires, je voulais mourir), j’annonce à Julie qu’il est absolument hors de question que j’aille dans « l’antenne », d’autant qu’entre le 86ème et le 102ème étage, tout est vitré ! Il est donc absolument exclu que je rentre dans un « boite montante » vitrée des quatre côtés, pour aller toujours plus haut. Je ne suis pas aux Jeux Olympiques. Ou peut-être aux JO de la mauviette, ça peut-être. Revenant éblouie de là-haut et surtout rassurante quant à l’ascenseur qui certes est vitré mais donne sur les murs (donc on ne voit rien) je me laisse convaincre. Croyant mourir une nouvelle fois durant l’ascension, lorsque celui-ci s’ouvre, je découvre une pièce pas si immense mais vitrée du sol au plafond. Une vue à 360° inoubliable. Enfin « inoubliable » jusqu’à ce que mon cerveau me re-situe dans l’édifice. « On est dans l’antenne Marie. On est dans l’antenne Marie. On est dans l’antenne Marie ». Quelle preuve de self-control me direz vous. Mais à ma grande surprise, je m’entends dire « ah bah en fait ça va. ». Je fais quelques pas, puis le masque de la sérénité s’envole aussi vite qu’il est venu et la mission principale de ma vie était devenue : descendre. Faire une famille? Voyager? Etre heureuse? Non. Descendre. Voilà la vraie quête de ma vie. Julie est donc allée chercher l’employé chargé de nous rappeler l’ascenseur. A ceci près qu’il était hors de question que je descendre par cette machine transparente d’un autre monde (l’ascenseur donc.), et je lui ai ainsi soutenu, mon âme entière (via mes mains) accrochée à la ridicule petite barrière trônant dans le centre de la pièce, que je descendrai les 102 étages par…. les escaliers. (Avez-vous le lien avec le début du paragraphe?). De toutes évidence il a gagné et j’ai descendu comme tout le monde à la verticale.

Arrivées en bas, et surtout dehors (c’est à dire une fois que nous avons quitté les lieux), horreur malheur nous nous rendons compte que nous avons oublié le plus important : filmer la vue avec un système de transition dont nous seules détenons le secret. Je vous renvoie à la vidéo en fin d’article qui résume parfaitement le séjour et vous comprendrez qu’une simple vidéo ne suffit pas, il faut avant tout cacher l’objectif et terminer la vidéo en le cachant une nouvelle fois. Vous comprendrez. Anyways (comme on dit ici). Il nous fallait donc une bonne excuse pour remonter et il m’a semblé que prétexter un oubli de téléphone était plutôt judicieux. C’était sans compter sur le professionnalisme des employés (que je salue) et qui nous ont donc escortés… jusqu’en haut. Alors oui, doubler tout le monde par des files moitié VIP moitié employés donne un sentiment de surpuissance (l’être humain est idiot) mais lorsque ce cher monsieur nous a accompagné jusque dans l’ascenseur nous faisions moins les malignes. Adrénaline ou concentration sur « comment se dépétrer de cette situation que nous avons nous-mêmes créée » je ne sais pas mais, croyez-moi ou non, pas l’ombre d’un vertige à l’horizon. Et j’ai eu le temps de le re-contempler cet horizon..!! Cela étant, je ne suis pas remontée au 102ème. Quoi qu’il en soit, notre hôte a fini par nous laisser nous débrouiller à l’ouverture des portes de l’ascenseur et nous avons pu à la fois feinter avoir retrouvé le dit-Iphone mais aussi et surtout prendre nos clichés !

Et pour fêter cela? Quoi de mieux qu’un verre à 20 dollars sur un Rooftop donnant sur… l’Empire State Building?

La suite de notre séjour n’a pas été sans surprises et je veux vraiment insister sur un point : Si vous avez l’occasion d’aller à Broadway, allez-y. C’est sans doute le plus beau spectacle que la chance m’a été donnée de voir. Vous allez payer un peu cher certes (compter 228$ pour deux personnes) mais quoi qu’il en soit vous ne paierez pas moins cher dans un an ou dans dix, donc foncez. C’est majestueux. D’où le nom de la salle : le Majestic. « Le Fantôme de l’Opéra » restera parmi mes plus beaux souvenirs.

Mais l’endroit où je me suis également rempli les pupilles fut le fameux Pont de Brooklyn. A la nuit tombée, en vous retournant, vous pourrez apercevoir la ligne de building se teinter de noir à mesure que le soleil décroit. Le contraste est splendide et à ce sujet, il était magnifique de voir les reflets des derniers rayons dans un gratte-ciel, un seul, comme un phare au milieu de la nuit. Que de poésie ! D’ailleurs, je sais que la Grande Pomme est célèbre pour ses buildings mais sérieusement on ne s’en lasse pas et on prend plaisir à se sentir tout petit à côté de ces derniers.

La fin de la soirée nous a amené sur le trajet de la gare centrale presque au moment où je disais vouloir y aller! Je vous invite à aller à l’intérieur et vous souhaite de la voir telle que nous l’avons vue : quasiment vide. Des constellations aux plafond aux grandes arches en pierres en passant par l’immensité de la pièce principale avec ses escaliers monumentaux, voilà ici encore un décor que je n’oublierai pas !

Pour terminer cet article qui je l’espère vous aura fait voyager avec nous, je voudrai faire un petit peu de mathématiques. Quelle était la probabilité pour qu’au moment où nous passions devant le RockerFeller Center et sa mythique patinoire un évènement Channel n°5 soit en cours? Bien que se trouvant dans la ville des paillettes, peu de chance vous en conviendrez. Mais quelle était la probabilité pour que ce même jour, des pass pour patiner gratuitement (patins, chocolat chaud et gâteaux inclus) soient distribués? Les chances sont encore plus maigres. Vous me voyez venir, devinez qui a travaillé ses boucles et ses axels? Hé bien pas nous. Mais pour autant ce fut vecteur de rires et sourires croyez moi ! A titre info, en temps normal la patinoire du RockerFeller est payante, comptez à peu près 40$ par personne, avec prêt de patins. Dommage pour nous, nous avons manqué le célébration de l’installation du sapin de Noël, ce qui est un vrai évènement là-bas!

Quelque chose cependant que je n’aurai manqué pour rien au monde fut le Ground Zero. Les tours jumelles du World Trade Center ont laissé place à deux immenses fontaines dans le sens où ils se sont servi des dimensions des fondations pour en faire deux spectaculaires fontaines carrées. Aux dates anniversaires, d’immenses projecteurs éclairent du sol en direction du ciel, comme si leur fantôme était revenu et qu’elles s’étaient reconstruites plus haute que jamais. Aller au World Trade Center sans se rendre dans Mémorial serait une vraie erreur. Nous avons payé 56$ pour deux personnes. Si vous le pouvez, prévoyez une après midi quasiment complète pour voir et lire tout ce qu’il y a d’exposé. Je vous avoue bien volontiers avoir senti quelques larmes couler sur mes joues en écoutant certains derniers messages vocaux, en lisant les derniers textos des condamnés peints avec élégance sur les murs, en découvrant dans une salle dédiée le profil les uns après les autres des victimes. Et je ne vous parle pas de se retrouver face aux débris d’avion ou encore de voir de ses yeux les morceaux de murs des tours qui ne sont dorénavant que d’immenses débris. Je ne vais pas vous décrire la tragique richesse du lieu mais c’est pour moi définitivement un « must see ».

Nous sommes également allés voir la célèbre statue de la Liberté. Enfin on a essayé. Parce qu’on s’est jetée dans le premier ferry venu et la joie de voir apparaitre la Madame Verte a rapidement laissé place à la stupéfaction de la voir partir vers la gauche. De toutes évidence, notre ferry allait autre part. Comme le montre la photo, après s’est gelées sur le pont à cause d’un vent à décorner des bœufs (pour ne pas dire autre chose, coucou Aurane et Jérémie) nous avons amarré sur une rive inconnue (enfin inconnue pour nous, car nous n’avons pas découvert une nouvelle île non plus). Et là, je vois notre dernier espoir de revenir sur nos pas. Un autre ferry fermant ses portes. « Cours Julie Cours! » « Mais on ne sait pas où il va! » « C’est pas grave on le verra bien assez tôt! ». Après avoir donc passé une vingtaine de secondes sur l’autre rive, nous avons littéralement sauté sur le pont de ce second bateau nous ramenant effectivement sur nos pas. Coup de chance, oui. Il faisait froid, il y avait du vent, donc au final ce n’est pas grave qu’on ne se soit pas arrêtées. Mais pour ceux voulant visiter, un ferry à prix abordable vous amènera directement au pied de la statue & vous pourrez également monter à l’intérieur.

Après un dernier détour, celui-ci nous emmenant à Wall Street et son taureau, nous avons découvert un lieu quasi hors du temps, le « Fraunces Tavern » dans lequel il est possible de manger ou simplement boire un verre, et Dieu God sait qu’ils ont du choix ! Pensez cependant à réserver! Je vous le conseille en période de Noël, c’est ce qui faisait tout son charme. Les photos Google ou Instagram ne traduisent en rien la magie que nous avons ressentie.

Et sous vos yeux ébahis, les studios MaryTomyLouisiana vous présentent le résumé en images de cette parenthèse New Yorkaise ! (Mention spéciale à nos transitions!)

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6 réflexions au sujet de « #12 Saison 1 – A nous, York ! »

    1. Oui c’était génial cette escapade ! C’est un des gros points positifs à être la, le voyage en interne se fait HYPER facilement ! Pas de test Covid ou de pass demandé et selon d’où tu pars c’est peu cher ! Pour les sorties non le seul truc qu’on a réservé justement c’est Broadway (on a regardé l’avant veille hein haha et on a choisi ce qui nous plaisait le plus, là où il y avait de la place, c’était le fantôme de l’opéra) pour le reste, au feeling et à la chance 🙂
      Par contre dans NYC en tant que tel on te demandera ton vaccin partout ! Les tests pcr même négatif ça marche pas.
      Contente que le blog te plaise 😃

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