#17 Saison 2 – Le Tournoi !

Que serait une année de cavalière expatriée sans vous reparler du Tournoi, cette mythique course de chevaux prenant lieu une fois par an à Ville Platte ? Et cette année il y a un petit peu de changement ! Cavaliers confirmés, cavaliers novices et non-cavaliers, je vous souhaite la bienvenue dans ce chapitre dédié à nos amis quadrupèdes. Pour comprendre cet article, si jamais il s’agit de votre première fois sur ce blog, je vous invite à cliquer ici sur l’article #10 qui explique tous les rouages de cet évènement (et non des moindres) On enfile donc ses bottes de cowboys, on y ajoute une paire d’éperons et on pose son chapeau si on ne veut pas le perdre car… ça galope vite ! A cheval tout le monde, je vous emmène dans les nouveautés équestres de cette année !

Comme je l’expliquais l’année dernière, à chaque festival plusieurs Reines, Miss et Queen sont élues. Le Tournoi clôture le « Cotton Festival » et ainsi, en amont de l’évènement, de nouvelles petites filles, de nouvelles adolescentes, de nouvelles jeunes femmes et de nouvelles femmes ont l’honneur de porter l’écharpe et la couronne. Pour vous donner un ordre d’idée, la couronne de la Tournoi Queen (en gros la jeune femme ayant une vingtaine d’années voire moins) avoisine les 1000 dollars. Pendant leur règne, elles devront représenter le festival lors des autres manifestations (le festival de la musique cajun, le festival de la grenouille etc.) et ce, tout au long de l’année jusqu’à ce que de nouvelles têtes passent sous la couronne. Cela étant, depuis l’an dernier j’en ai appris davantage sur l’histoire du Tournoi ! Ouvrez donc grand vos yeux et interdiction de skipper cette partie, sinon je retrouverai votre adresse IP et vous bannirai. A vie. Ou pas. Allez, les explications, c’est par ici !

« Initialement introduit ici dans les années 1800 par les premiers colons de la région, dont beaucoup sont venus dans cette partie du pays après avoir servi dans les armées de Napoléon, le Tournoi a été géré jusque dans les années 1890, puis a progressivement disparu. Cependant, à la suite de la célébration du 4 Juillet en 1948, deux messieurs, qui vivaient encore à Ville Platte et qui avaient participé au dernier Tournoi à la fin des années 1880, ont appelé un groupe de jeunes citoyens et un groupe de vétérans patriotes de la Seconde Guerre mondiale pour organiser cet ancien sport à nouveau. Ce fut un succès immédiat ! Les deux gentilshommes accrédités pour faire revivre et réorganiser Le Tournoi étaient le juge J.D Buller et Jules Tate. La renaissance du Tournoi a eu lieu en 1952 et, pendant les deux années suivantes, il a été organisé dans le cadre des festivités du 4 juillet. Plus tard, lorsque le Louisiana Cotton Festival a vu le jour, il a été abandonné en tant qu’évènement du 4 juillet et, à la place, a commencé à avoir lieu conjointement avec ce festival. En 1958, la « Louisiana Tournoi Association » est créée. Pour rappel, le long de la piste, suspendus à des poteaux, 7 anneaux représentant 7 ennemis du coton : inondation, sécheresse, « bollworm » (une sorte de ver), boll weevil (une sorte d’insecte), soie, « rayon » (un type de matière) et nylon. »

Laissez-moi vous dire donc, que l’élection de ces jeunes demoiselles et de ces dames (je rappelle qu’il y a plusieurs catégories) se fait selon un protocole bien défini à l’avance, afin de faire honneur à toute l’histoire, à l’ancienneté du Tournoi. Comment le sais-je me demanderez-vous. Mes amis, vous n’êtes pas prêts. La responsable de l’association m’a proposé… d’être juge pour l’élection des Miss ! Comment refuser ? Me voilà donc embarquée dans cette nouvelle aventure : Juge pour les « pageant ! » (Ce terme désignant donc l’ensemble des filles élues et des participantes, dans tous les différents festivals). En ce samedi matin, me voici donc en direction du City Hall de VillePlatte où se déroulera la journée d’élection. A peine arrivée, j’ai retrouvé (une fois de plus) mes amis cavaliers, les miss élues l’année passée que j’avais eu l’occasion de voir à plusieurs reprises et un million de petites mains s’afférant à recoiffer, maquiller, habiller et chausser les candidates. Il y avait même des tables décorées de souvenirs si je puis dire. En réalité les filles m’ont expliqué que chaque Miss ou Queen élue crée sa table pour illustrer ce qu’elle a fait pendant son année de règne. Il y a ainsi des photos, une écharpe, une couronne, des petits mots, des ballons, des décorations !

Le jury cette année se composait donc des 5 meilleurs riders de l’année dernière. Enfin ça, c’est la théorie. En pratique il s’agissait effectivement des 4 meilleurs …et de moi. Mais je me suis sentie honorée qu’on me demande de prendre une place au sein du jury et j’avoue que je n’étais pas peu fière, d’autant que je représentais la partie féminine d’un jury exclusivement masculin.

L’après-midi s’est donc déroulée au rythme des interviews entre chaque candidate et nous, respectivement de part et d’autre d’une table, à huis clos. Nous leur avons posé des questions globales et d’autres très précises, relatives au Tournoi. Car, effectivement, toute représentante de l’évènement se doit de savoir de quoi elle parle, se doit de représenter le dit-évènement avec les connaissances qui y sont relatives. Nous avons donc posé des questions comme : à quelle date a commencé le premier Tournoi, qui est le champion de l’année dernière, combien d’anneaux faut-il attraper au minimum, quel est le temps requis pour être qualifié, que représentent les 7 anneaux, que représentent les couleurs du tournoi, comment s’appelle le cavalier qui a attrapé le plus d’anneaux (c’est-à-dire 21 à raison de 7/7 par manche) ou encore combien de fois est-ce arrivé etc. Mention spéciale à MA question : « que signifie le terme français Tournoi puisque c’est bien le terme français qui est utilisé en anglais? » (Tournament in english of course !) et aux garçons qui rajoutaient à l’adresse des candidates en parlant de moi « peut-être que vous pourrez lui apprendre le français, elle rêve de le parler ! ». Pour chacune des candidates une note de 0 à 10 était attribuée pour leur position, leur allure, leur aisance orale ou encore leurs connaissances. Cependant nous ne mettions jamais en dessous de 5.

La deuxième étape de notre journée est donc la soirée en elle-même devant public. Adieu les chemises à carreaux et les santiags « fancy », et bonjour les chignons, les boucles, le maquillage, les talons et les robes de soirée. Les candidates repassent donc une deuxième fois devant nous et nous sommes chargés de les re-noter selon les mêmes critères mais cette fois-ci sur leur 31 et devant des spectateurs. Il ne s’agit pas comme en France de petites chorégraphies ou de moments où elles prennent le micro. En réalité elles passent une par une et marchent pendant que la présentatrice décrit ce qu’elles aiment, ce qu’elles veulent faire etc (en accord avec une fiche qu’elles ont préalablement rempli). A l’issue de la présentation de toutes les candidates d’une catégorie, ces dernières viennent se placer devant nous en ligne et restent immobiles et souriantes du temps que nous puissions attribuer nos dernières notes avant de se retourner pour, je cite « que nous puissions admirer le dos des robes ». Et laissez-moi vous dire qu’elles étaient toutes splendides !

Nous avons donc, pour finir, couronné la nouvelle génération de Queen et de Miss, lesquelles seront là le 16 octobre … pour le Tournoi 2022 évidemment ! Cela étant, entre vous et moi, nous ne parlerons pas du fait que nous n’avons pas donné le bouquet de fleurs à la bonne personne une fois l’annonce des résultats effectuée… Mais dans un élan de gentillesse et avec une classe certaine, la Mrs élue a laissé le bouquet à sa concurrente. Oups !

D’ailleurs une petite parenthèse et non des moindres, j’ai oublié de vous dire, une semaine après cette élection, j’ai été sélectionnée pour le Tournoi, avec un classement de 6ème / 11 riders exclusivement masculins ! TOURNOI 2022, here we are ! Vous n’avez pas fini d’entendre parler de BlueDeer car, oui, j’ai la chance de concourir avec la même jument que l’an dernier ! Alors vissez votre chapeau de cowboy sur votre tête, montez les tonnelles, prenez de l’anti-moustique et surtout de la crème solaire, et préparez-vous à ne pouvoir apercevoir que les deux sabots postérieurs de BlueDeer quand nous passerons à côté de vous lancées à plein galop !

30 Novembre 2022 – Un article dans un article


Par souci de clarté pour le blog, et ayant pitié de vos pupilles qui pourraient commencer à se perdre dans ce nouveau format de titre (Saison X Episode Y), je reprends ma petite plume deux mois après avoir publié ce post pour rajouter du contenu à ce sujet. En d’autres termes, pour parler exactement… de la même chose. Enfin « de la même chose », pas tout à fait non! Héhé, chers cowboys & cowgirls en herbe, laissez moi vous conter la suite de cette aventure à quatre sabots, laissez moi vous conter la journée qui entre temps a eu lieu, la journée du Tournoi (Vol. II) ! Je vous préviens, vous n’êtes pas prêts pour la tornade de bonnes ondes et d’évènements inattendus.

Tout comme l’année précédente, et tout comme depuis plus de 200 ans, les règles n’ont toujours pas changé. Ô surprise. Il s’agit toujours de galoper le plus vite possible pour mettre une lance dans 7 microscopiques (oui oui) anneaux et ce, en un temps minimal. Par contre savez-vous ce qui a changé? Mon cheval. Non, ce n’est pas une blague. Vous vous rappelez plus haut dans l’article lorsque j’ai écrit très exactement « vous n’avez pas fini d’entendre parler de Blue Deer »? Hé bien devinez quoi? Si, vous avez fini d’en entendre parler. Car il se trouve que l’avant-veille de la compétition tant attendue, ma jolie BlueDeer, celle qui m’a fait découvrir la monte western au travers des entrainements, du tournoi 2021 ou encore de trails dans la montagne louisianaise (ok ok, la forêt pas la montagne..) s’est mise à … boîter. Nous ignorons ce à quoi cela était dû. Peut-être une mauvaise glissade, une blessure au sabot ou encore un problème dû à … sa gestation ? En effet quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’elle attendait un petit poulain pour l’an prochain ! Avant de continuer, pour ceux qui pourraient s’interroger à ce sujet il est tout à fait possible de monter une jument gestante (alors bien évidemment on évitera en fin de gestation, mais en l’occurrence il s’agissait des 2-3 premiers mois donc aucun « red flag » à ce sujet).

Quoi qu’il en soit, que l’on en connaisse la raison ou pas, je fus face à un problème de taille. Et inutile de vous préciser que Tomy ne supportera pas le poids d’une selle, ni ne sera assez rapide, puisque que de toute évidence, le problème ne relève ni de ma taille ni de mon poids. Bien sûr. Sûrement. Bien évidemment. Ahem.. Bon bref. Ainsi, celui que je surnomme depuis un an maintenant « coach » (Kent de son prénom pour rappel) m’appelait pour m’annoncer la mauvaise nouvelle. Et au moment où je m’inquiétais pour la jument et où j’en déduisais ma potentielle non-participation au tournoi (pas de cheval, pas de tournoi. Pas de bras, pas de chocolat. Pas de palais, pas de palais. Merci aux âmes cinéphiles qui auront la ref), quelqu’un a fait quelque chose pour moi que je n’oublierai pas. A peine 24heures plus tard, le frère de Kent (en Tshirt rouge sur la photo ci-dessous), Keith (en veste camouflage), m’appelait pour me proposer son cheval. Il est inutile de vous dire à quel point je fus touchée par ce geste, et comme je me suis sentie reconnaissante, d’autant que cette proposition était accompagnée de la phrase « je ne prêterai pas mon cheval à n’importe qui, mais lorsque j’ai entendu que Marie n’avait plus de cheval, que tu n’avais plus de cheval, je n’ai pas hésité« . Soyons bien d’accord, je suis loin d’être la cavalière de l’année, mais il est de ces relations que l’on construit qui vous touchent, avec des personnes qui vous apprécient sincèrement et volent à votre secours lorsque vous en avez besoin. Me voilà donc dès le lendemain juchée sur ce nouveau coéquipier quadrupède j’ai nommé Apollo : un chouette cheval au dos court, vif, réceptif et à la robe pie blanche et marron. Nous sommes le 13 octobre, il ne me reste que l’entrainement de ce jour & celui du lendemain (le 14) avant le tournoi du 16 (le samedi 15 étant destiné à la mise en place du terrain que l’on appelle le « track ». Personne à cheval ce jour-là donc.). Deux seules sessions pour comprendre comment fonctionne le cheval & trouver une communication avec lui qui nous permettra de faire un résultat correct.

Deux jours plus tard, nous y voilà. Cela m’a paru être davantage deux heures plutôt que quarante-huit mais qu’importe, c’est le jour J. Je suis mêlée d’excitation car je sais les shots d’adrénaline qui m’attendent, et d’une sorte de nostalgie quelque peu teintée de tristesse car je sais aussi qu’il y a des grandes chances pour que cela soit mon dernier tournoi (bien que les vacances en France tombent toujours pendant le tournoi… Je ne ferme pas la porte à un petit retour inopiné huhu). Quoi qu’il en soit, c’est aujourd’hui ! Jean noir enfilé, boots noire chaussées, éperons accrochés, cape argentée nouée et chapeau pointu vissé sur ma tête, me voici en route pour Ville Plate! Après avoir peint mon cheval aux couleurs de mon drapeau et peint celui de mon nouveau coach Keith aux couleurs du sien (l’avantage c’est que les drapeaux US et Français utilisent les mêmes couleurs), nous prenons tous ensemble le chemin de la parade ! Et nous voici, déambulant dans les rues de VillePlate, au son des sirènes des pompiers nous accompagnant pour l’occasion, précédant les voitures de polices également présentes, et succédant au passage des chars tous plus hauts en couleur les uns que les autres. Les miss (pageant) sont aussi présentes & il y a, comme l’an dernier, des chars transportant certains élèves (notamment un char de la french immersion de Ville Plate ! Coucou Jessica et Sandrine si vous passez par là !). Je vous renvoie à l’article 10 pour plus de détails sur la parade, c’était globalement la même chose, mais avec autant voire plus de fun encore !

Je me sens moins stressée que l’an dernier. Disons que cette année au moins je sais ce que je dois faire ! La seule hantise que j’ai est de glisser dans ce fameux deuxième virage de la muerte, qui a valu certaines blessures à certains chevaux dans l’histoire du Tournoi. Malheureusement, cette année n’a pas fait exception et le cheval de Nich s’est blessé après son premier passage. D’ailleurs vous avez déjà vu Nich sans peut-être le réaliser. Il s’agit d’un des juges pour l’élection de la Queen du Tournoi, c’est celui avec le chapeau. (Débrouillez-vous, ils ont tous des chapeaux). Encore une fois, la solidarité fut de mise. Immédiatement, les autres riders lui ont prêté un cheval et il a donc pu terminer le Tournoi ! Autant vous dire que je me sens soudainement privilégiée d’avoir eu deux jours pour me familiariser avec Apollo! Nous avons fait des temps plus que respectables, il s’agissait pour Apollo de son tout premier Tournoi et chaque passage était plus rapide que le précédent ! Pour être officiellement dans les clous il faut faire moins de 14 secondes et laissez-moi vous dire que ça parait facile mais c’est LOIN d’être évident. D’ailleurs l’association du Tournoi a même du créer, des « catégories de secondes » pour le classement car tout le monde ne fait pas moins de 14 secondes. Hé bien cette année mes amis, Apollo et moi sommes passés SOUS la barre des 14 secondes, en étant à chaque passage un peu plus rapides et arrivant presque à 13 secondes ! Honnêtement j’étais fière de nous. Entre le premier et le dernier (nous étions 18 cette année) cela se joue à, à peine plus d’une seconde voire une seconde et demie. Rien en soi mais quelques dixièmes qui font toute la différence !

Le bilan est plus que positif, je me suis (pardonnez la pauvreté de vocabulaire) éclatée, j’ai encore mille souvenirs dans mes valises à ramener, j’ai réussi à passer à chaque fois sous 14 secondes, j’ai attrapé à mon meilleur passage 5 anneaux sur 7 & avec mon nouveau cheval de dernière minute nous nous sommes classés 14ème sur 18 ! Alors effectivement chacun préfèrerait un classement à un chiffre, mais pour ma seconde année, face à des personnes qui s’entrainent depuis presque toujours, j’ai fait de mon mieux et j’en suis ravie !

Mention spéciale à la radio KVPI qui m’a interviewée une fois de plus cette année et, qui a demandé à l’antenne une fois que je fus appelée faire mon run si j’étais mariée ou non ! Vous l’entendrez dans la vidéo ci-dessous et je vois votre petit sourire d’ici pour ceux qui parlent anglais ! « Is she married or no? ». Je me dirigeais vers le point de départ et pensais à mon chéri en rigolant toute seule à cheval car je savais qu’il écoutait la radio en direct sur Internet. (Si tu passes par là, sache une fois de plus que ça m’a touchée que tu restes éveillé avec le décalage horaire pour m’encourager). Mais cette année, nouveauté ! « Stay tuned » comme on dit ici !! Certains d’entre vous vont se rappeler de l’article papier « the Galloping Frenchwoman » dans le journal (pour ceux qui ne se souviennent pas je vous renvoie de nouveau à ce même article 10). Sachez donc que cette année, j’attends non sans impatience la parution du magazine 64 Parrishes. Le journaliste est venu couvrir l’évènement et à rédigé un article à mon sujet dont je n’ai pas encore connaissance! La particularité de ce média? C’est une revue distribuée dans TOUTE la Louisiane ! J’ai hâte, et comptez-sur moi pour revenir mettre à jour cet article lorsque j’aurai dans mes mains le papier tant attendu (courant mars à priori) La vie, c’est incroyable quand même..

Mes amis, nous arrivons au moment le plus émouvant à mon sens. Sans doute un des moments qui m’a le plus marquée de toute mon expérience Louisianaise. Le Tournoi étant fini, je me remettais de mes émotions lorsque les vainqueurs & les différents gagnants des différents prix furent appelés au micro pour récupérer leur trophée et faire les photos officielles. Je discutais tranquillement ne dressant même pas une oreille puisque je savais déjà qui avait gagné et au delà des premières places, la distribution des trophées s’arrête. Or, on me secoua d’un coup en disant « Marie ! Marie! It’s you !! ». Je ne comprenais rien, je ne savais pas qui m’avait appelée et pourquoi j’avais été appelée mais j’y allais. Je marchais devant tout le monde quand soudain j’ai compris ce qu’il se passait ! Je venais de gagner un trophée, celui du Sportmanship. Vous voulez que je vous dise, ce trophée vaut tout l’or du monde à mes yeux, c’est pour moi le plus beau car pour gagner ce trophée, il faut qu’une majorité des cavaliers aient voté pour vous en amont. J’avais moi-même voté pour mon coach car sans lui je ne serai pas là. Ce que j’ignorais par contre, c’est que tous les autres cavaliers s’étaient mis d’accord et qu’il avaient, eux, voté pour moi… à l’unanimité. Vous excuserez donc l’aspect démaquillé et rouge que j’ai sur les photos qui vont suivre mais au delà de la chaleur écrasante que nous avions subie toute la journée, j’étais submergée par l’émotion et la gratitude, et je n’ai fait que pleurer. Ainsi, j’ai fini sur la photo officielle avec, à mes yeux, le plus beau des cadeaux. Ils m’ont expliqué que pour eux j’étais celle qui avait fait le plus preuve d’esprit d’équipe, et ils ont voulu souligner qu’avec ma seule année d’expérience et mon changement de cheval de dernière minute, j’avais fait des résultats loin d’être ridicules. J’en suis encore émue en écrivant ces lignes car au delà du fait que ce trophée symbolise la course en elle-même, et qu’il est un souvenir matériel incroyable (il est très très grand), il symbolise aussi et surtout l’aspect humain, amical, solidaire, quasi-fraternel qui en découle, surtout quand on sait qu’il ne tient pas à un résultat « officiel » en termes de chronomètre ou de performance mais qu’il découle de l’avis des autres, du vote des autres. Alors si certains amis cavaliers passent par là (et utilisent le bouton Translate), encore un immense merci. Je ne vous le dirai jamais avec autant d’émotion que pendant de mon petit discours lors de notre soirée post-tournoi en comité réduit (que je vais vous partager), mais merci. Merci de ces deux années folles d’un point de vue équestre et humain. Merci de m’avoir incluse dans votre famille. Merci de ces opportunités d’une vie lorsqu’on est une européenne expatriée au fin fond de la Louisiane. Merci pour la bonne humeur. Merci pour la spontanéité. Et merci pour cette ultime surprise qui n’a que mieux clôturé encore cette journée incroyable.

Mes amis lecteurs, comme si mon cœur ne débordait pas assez de bonheur et d’émotion, j’ai reçu un ultime présent lors de cette fameuse soirée. Alors que je bataillais entre deux bières et quelques shots (des shots épicés. Des shots épicés du nom de Fireball. On n’est pas en Louisiane pour rien), tous les riders furent appelés à se rendre au centre de la scène, ce que je fis malgré le fait que j’en ignorais la raison. Soudain, mon premier coach Kent prit le micro et expliqua qu’étant donné mon futur départ l’an prochain, tout le monde s’était réuni dans la journée pour signer un Tshirt du Tournoi pour moi, sur une idée de mon merveilleux colocataire Lyle. En une seconde je me suis retrouvée au centre d’une surprise complètement inattendue. Effet garanti je vous l’assure! Et puisque des images valent mieux que mille mots, je vous laisse sur ces photos et vidéos de la production ToujoursPlusDeLarmesMarie ! Il est tellement important d’être bien entourée, c’est une des leçons que j’ai apprises ces dernières années et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de consacrer mon prochain article à ce sujet (et en tant qu’expatriée c’est d’autant plus fondamental de sentir qu’on n’est pas seul). Ca parait logique et simple, mais être entouré(e) de personnes qui vous aiment et qui ne veulent que votre bien, ça n’a pas de prix. La preuve…

Pour les plus curieux et/ou ceux qui ne comprennent pas tout dans mon discours : « Tout d’abord je suis désolée pour mon accent mais je veux dire, maintenant vous me connaissez.. Et pour ceux qui ne me connaissent pas, lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis, j’avais passé des années noires. J’ai été entourée par la maladie, la mort, j’ai perdu mon père, j’ai perdu ma grand mère, bref j’ai vraiment tout perdu. Donc quand je suis arrivée ici, j’étais encore un petit peu cassée et il faut dire que pour vous, ici c’est votre vie « normale » mais pour moi ça ne l’est pas. J’ai trouvé ici une autre famille, je suis vraiment honnête en vous disant ça. Aller au track (terrain) chaque fois fut génial, vraiment génial et j’ai compris que la vie pouvait de nouveau être brillante. Vous avez tout, TOUT fait pour moi. Je n’avais absolument aucune idée de ce que j’étais sensée faire aux qualifications (référence à l’an dernier). Marcus, peut-être que tu ne t’en souviens pas mais tu as été le premier à venir m’aider et à me donner des conseils. Je pensais : Oh mon Dieu ils sont tellement géniaux, parce que moi, je suis tellement nulle ! Mon premier round fut de 24 secondes et ils disaient quand même « bon c’est pas rapide mais tu t’es bien débrouillée!’ ! Et moi contente qui disais « ouaaaaais ! 24 secondes ! » Donc merci du fond du cœur, parce que grâce à vous je me sens encore mieux. Vous savez, on connait tous à un moment donné ce sentiment quand on se dit qu’on ne se sent pas bien, qu’on n’a pas le moral. Donc si un jour vous vous sentez comme ça encore, rappelez vous dans un petit coin de votre tête que vous avez un jour rendu une petite française vraiment heureuse. Vraiment. Donc merci merci merci encore, pour tout. »

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