#18 Saison 2 – Nuances d’authenticité

Je me revois ce soir d’hiver il y a presque deux ans maintenant, avachie au fond de mon canapé, les cheveux séchant anarchiquement à peine sortie de la douche (me donnant l’aspect d’un panneau triangulaire de circulation). Enroulée dans une couverture en laine tricotée main (d’un beige particulièrement détestable mais qui tient tellement chaud si vous saviez) et le bout de mes doigts gelés sur mon clavier (merci le syndrome de Raynaud), je pestais en silence : « Alors : que l’envoi des cartes postales se perde car ça devient ancien, passe encore. Mais les gars, au moins prenez le temps de partager vos expériences avec les outils modernes ! Je ne trouve rien à part quelques blogs dont les propriétaires sont sans doute, depuis, devenus eux-mêmes des aïeux. Pourtant, on est des millions d’expatriés et plusieurs centaines à être passés entre les contrats du Codofil quand même ! Il devrait y avoir des informations quelque part ! » Et rapidement, le sagittaire déterminé que je suis s’est dit « La solution est de créer moi-même ce contenu ! Qui sait, ça en aiguillera d’autres pourquoi pas ! ». J’étais loin de me douter que cette idée, alors simplement embryonnaire, allait intéresser plus loin que mes amis proches. 

Après des semaines de réflexion sur le nom et le format voulu, je mis bas de « Marrytomylouisiana ». Le but était donc de partager ces informations diverses que je n’avais moi-même pas trouvées : la vie d’expatriée, le programme du CODOFIL en tant que tel, les activités et expériences de vie qui découlent de ce changement de continent etc.  Je voulais quelque chose de simple, pour que si l’envie prend à quelqu’un de venir balader ses pattes par ici, il ne voit pas le temps passer en lisant un article, ou plus. (article que je mettrai deux mois à pondre à chaque fois. Mea maxima culpa.)

Alors à vous qui passez fréquemment ou occasionnellement, merci. Car lorsque j’ouvre les backstages de mon blog pour en consulter les statistiques (oui, WordPress est quand même assez bien pensé), et que je constate que depuis sa création nous sommes à plus de quarante-huit mille vues (oui, j’ai besoin de l’écrire en toutes lettres histoire de réaliser) dans une bonne partie du monde (ok se pose la question de quelques VPN), j’éprouve une certaine reconnaissance. Et les commentaires que je lis ainsi que les nombreux messages en privé que je reçois ne font que renforcer ce sentiment positif.  

La seule fois où un article ne fut pas consacré à un évènement en particulier mais davantage à mon état d’esprit, c’était le 11 novembre 2021 dans la lettre à mon passé. Je trouve cela amusant que sans le calculer à, à peu près la même époque, je revienne sur cette envie de vous partager une nouvelle fois mes pensées du moment. Vous savez, pour moi l’idée n’est pas de faire rêver mais d’être authentique. Après tout, qui peut se targuer d’avoir une vie rêvée sans embûche, sans hésitation, sans petite cascade que la vie nous amène et ce, que l’on soit ou non expatrié? La vie n’est pas une story Instagram avec une musique en fond ou une publication Facebook, et même si je mets tout mon cœur au service d’une transparence absolue lorsque je poste chaque nouvel article, il n’en demeure pas moins que l’authenticité d’un récit va de pair avec l’honnêteté. Alors à ce titre, laissez-moi vous ramener quelques mois en arrière, et vous faire part des nuances d’émotions qu’a rencontré ma petite âme de … maintenant 30 ans (chut).


Première nuance – proche du noir Vantablack.

Voir les choses en noir, broyer du noir.. Boum. La couleur parle d’elle-même. Les plus attentifs d’entre vous (ou simplement ceux qui me connaissent réellement) auront sans doute en mémoire cette phrase que j’ai écrite noir sur blanc il n’y a pas si longtemps : « Le retour en Amérique ne fut pas aussi facile que le premier départ pour y aller l’an dernier ». J’ignorais à quel point. Je ne grossirai pas le trait en vous disant qu’après une année fabuleuse j’ai entamé une année noire, ce serait exagérer. Par contre, émotionnellement, ce début de l’année fut très dur et ce, au-delà des séparations qui ont eu lieu lorsque je suis montée dans ce triple 7.  Au même titre que cet avion, ma boite noire émotionnelle n’était pas prête au poids que ma profession aller peser dans mon quotidien. Il y a Marie, et il y a Marie l’enseignante. J’ai toujours su faire la distinction. En règle générale, en France du moins, je suis le genre d’enseignante qui ne pense à rien d’autre qu’à faire une journée productive du moment où je mets un pied à l’école jusqu’au moment où j’en sors. Par contre après la sonnerie de 16h30 soit à 16h31, oubliez-moi, je blackliste l’école le temps de la fin de journée car j’ai une vie et je fais en sorte d’en profiter. Mais en ce début d’année Louisianais, un enchainement de mauvaises décisions au niveau hiérarchique a eu raison de ma capacité à garder la tête froide et à faire la part des choses. Une véritable série noire en somme. Pour des raisons de déontologie évidentes (et parce que c’est chiant disons le franchement), je vous épargne les détails. Je travaillais dix à douze heures par jour pour ramasser des pots que je n’avais même pas cassés, ne m’octroyais aucun jour de repos ou très peu, et même la seule activité que j’ai réussi à garder ne faisait plus la balance (j’ai fini une paire de fois en larmes à mes cours de danse que j’ai presque chaque jour de la semaine, car, ô malheur, je n’arrivais pas à passer ce saut ou à enchainer tel combo. Je vivais tout comme un échec à force de tirer sur la corde. Ridicule. Mais parlant). Bref, mon échelle émotionnelle était cassée, et ce total manque de considération, doublé d’un complet sentiment d’injustice sur le plan professionnel me renvoyait à une urgence certaine : celle de retrouver les miens. Quoi qu’il en soit, pour ma part, bien qu’entourée, je me sentais seule. Et cette solitude devenait à tort ma bête noire. Je n’ai jamais vraiment aimé la solitude de toutes façons.

Je pense qu’il est important de souligner que ce n’est pas car on vit bien un an, deux ans ou dix ans d’expatriation, qu’on est à l’abri d’une dégringolade émotionnelle au printemps suivant (ou pas du tout d’ailleurs, et tant mieux !) A l’inverse et heureusement, ce n’est pas car un début d’expérience quel qu’il soit s’écroule, que le reste en sera à l’image. Bon, par contre si vous vous cassez le bassin avant une randonnée, il y a quand même de grandes chances pour que là, vos vacances soient bien pourries, disons-le. Humour noir quand tu me tiens…

Secondes nuances : du gris au blanc

Vous savez ce qu’on dit, « la nuit, tous les chats sont gris. ». C’est donc au cœur de cet immense ras-le-bol que je commençais à m’entendre prononcer les mots « rentrer prématurément », « quitter », « démission ». Mais le ciel s’éclaircit pour deux raisons. La première : qui dit octobre, dit Tournoi et ma chère jument.. grise! La seconde : les plus observateurs d’entre vous l’auront peut-être remarqué dans mon précédent post, mais quelqu’un s’est joint à la fête. Ou plutôt, quelqu’un a fait en sorte de redonner à mon quotidien : légèreté, spontanéité et clarté. Ma chère maman avait pris un billet, ma grise mine n’était plus.  Lorsqu’on a la chance d’avoir une famille unie, chacun de ses membres peut rapidement devenir un sacré pilier lorsque vous n’êtes plus au top. Bon, pour ma part on parle d’un pilier d’à peine 1m60. Autant vous dire que j’étais grisée d’enfin pouvoir la serrer dans mes bras, à ce fichu « Arrival », là où tant de pieds tapotent le sol nerveusement, et tant d’yeux se perdent impatiemment sur les écrans indiquant les heures d’arrivée. Il fallut utiliser toute notre matière grise pour comprendre comment sortir de l’aéroport et regagner le plus rapidement, à la nuit tombée, la direction d’Eunice.

Cette sombre situation émotionnelle commençait à s’éclaircir et j’aurai dès le lendemain carte blanche pour lui faire découvrir cette Louisiane que je savais pouvoir être haute en couleur ! Vous savez lorsque vous voyagez dans des destinations lointaines, le décalage horaire a rapidement raison de vous, et vous passez bien souvent la journée suivante en ayant l’impression d’avoir fait nuit blanche. Je vous épargne les détails et vais vous le dire de but en blanc, dès le lendemain de son arrivée et ce, malgré sa fatigue, ces deux semaines ont été bénéfiques, vous n’imaginez pas à quel point. Entre journées à l’école, partage de mon quotidien (qui m’a ô combien soulagée), activités en tout genre et rencontre avec ceux qui m’entourent ici, j’étais clairement entrain de manger mon pain blanc. Enfin. D’ailleurs en parlant de « manger », je vous incite à aller à Crackers Barrel dont vous trouverez tous les détails en cliquant sur le nom justement (merci au créateur du lien hypertexte). C’est un restaurant tout en bois servant des petits-déjeuners à plus ou moins n’importe quelle heure et des diners dans la tradition américaine. Ce qui est sympa, c’est la grosse boutique à l’entrée où l’on trouve de tout et de n’importe quoi. C’est une chaine donc pas trop difficile de le trouver ! Vous l’aurez compris, ca va mieux. Toutes ces bonnes ondes furent sublimées par le fait qu’elle avait fait en sorte d’être là en l’occurrence pour le Tournoi. Je savais que ses dates avaient été calées en particulier pour cet évènement et ça fait du bien d’être soutenue au point où ce ne sont pas des milliers de kilomètres au-dessus de l’océan qui vont être un frein. Pour rester dans l’univers du cheval, comment continuer sans vous parler du rodéo que nous sommes allés voir…. dans une prison ! Mesdames et messieurs, accrochez-vous bien car je parie que si vous essayiez de trouver une telle activité en France vous feriez chou blanc! Une fois par an au mois d’octobre, la prison d’Angola ouvre ses portes aux visiteurs pour qu’ils puissent venir acheter toutes sortes de produits faits-main (cuir, meubles, peintures etc.) avant de poser leurs fesses dans l’arène. Et qu’y a-t-il à voir dans l’arène? Un rodéo. Et qu’a-t-il de particulier ce rodéo? Il est effectué par … les prisonniers eux-mêmes. Ce sont d’ailleurs eux qui confectionnent la plupart des objets vendus. Il est déroutant de se balader et de voir ces personnes désormais prisonniers-vendeurs, faire des échanges à travers le barbelé de sécurité. N’imaginez pas un endroit « fouillis » ou quelque chose de glauque, c’était étonnamment agréable et très vivant. De même, regarder le rodéo en ayant à sa gauche les prisonniers ne participant pas dans une « cage » (un espace grillagé de haut en bas mais également sur les gradins), ça donne matière à réfléchir. On ne les regarde pas dans le blanc des yeux mais on a toujours cette petite réflexion en fil rouge dans notre tête où l’on est partagé entre « ce sont des humains » et « oui mais le mec qui est à trois mètres de moi a peut-être commis des atrocités ». Toute expérience est bonne à prendre et ça, nous n’aurons sans doute pas l’occasion de le revivre!

Une des dernières activités ensemble (outre partager un quotidien où chaque jour nous étions à l’école, et outre quelques balades à chicot Park), fut le lac Martin. Si vous avez l’occasion de passer vers Lafayette je vous souhaite de vous retrouver sur le même petit bateau que nous. La vision des « bald cypres », ces arbres qui sont si emblématiques des bayous, vous coupera le souffle et si comme nous, vous êtes chanceux, vous apercevrez ce qu’ils appellent ici du « gros bétail » (littéralement. Ils disent ces deux mots en français) c’est à dire : un alligator monstrueux. Anecdote : il aurait probablement, vu son attitude digestive et la taille de son ventre, juste fini son déjeuner lequel ne serait autre… qu’un autre alligator. Sympa !

Pour moi, une des plus grosses difficultés dans l’expatriation, après le « choc culturel », est le fait qu’on ne pourra jamais aussi bien partager ses impressions à ce sujet qu’avec une personne qui voit les choses de ses propres yeux. Vous pourrez utiliser les plus jolis mots de la terre pour décrire ce que vous vivez et ne jamais connaitre le syndrome de la page blanche, cela ne sera jamais aussi fort que si la personne à qui vous vous adressez est en réalité à côté de vous. Pouvoir partager cela, c’est de l’or blanc.

Mais cette avalanche de bonnes ondes ne s’est pas arrêtée là et aussitôt ma mère sur le départ, mon chéri arrivait. Littéralement. Ils ont eu le temps de se voir une soirée avant qu’elle ne reparte dans ces nuages blancs direction la France et que j’entame ce séjour en amoureux, ponctué de découvertes sans oublier les moments de travail (hé oui, ni lui ni moi n’étions en vacances..) Je suis loin de cet état d’esprit sombre décrit en ce début d’article. Tout est plus clair, tout est plus léger. J’aime cette nouvelle nuance, bien plus que la précédente de toute évidence. Je me sens comprise, je me sens soutenue et je sens que j’arrête de me faire des cheveux blancs car je pouvais, chaque jour, me réveiller et m’endormir loin de cette solitude qui me rendait blanche comme un linge.

Toute la complexité de cet article (croyez-moi j’y mets du cœur), réside dans le fait de pouvoir « faire le point », de montrer que dans cet océan d’expériences et de voyages, on peut aussi, ne pas se sentir bien. Tenter de vous expliquer un état d’esprit vu par le prisme de l’expatriation est un bon exercice mais ce n’est pas chose aisée que de garder une dynamique d’explication sans tomber dans le quintal de détails inutiles ou la complainte lassante.

Quoi qu’il en soit, il est vrai que j’ai trouvé mon réel réconfort dans la venue des gens que j’aime. Et pour le coup, des nouvelles expériences il y en a eu ! Ce fut haut en couleurs.

Nouvelles nuances – Or, jaune, violet, rouge !

Je vous annonce tout de suite la couleur, le rythme fut soutenu et les activités furent variées. Il y en a eu pour tous les goûts, vous le constaterez par vous-même. Football américain, NBA, Alamaba, Mississipi, championnat de rodéo (pas en prison cette fois-ci!) ou encore foire annuelle. Bref, on en a vu de toutes les couleurs ! Enfin, on a surtout vu les mêmes couleurs revenir : le jaune, l’or, le violet et le rouge. « Pourquoi ? » me direz-vous.  Je vous invite à présent mes amis dans cette farandole de bonne vibes ! Prenez vos blouses (vous savez, celles que avons tous mis en maternelle, qui étaient déjà tâchées de peinture séchée à cause des décennies d’élèves qui sont passées dedans avant vous), et installez-vous autour de la table fictive qu’est cet article, car ça va faire très couleur locale et vous risquez d’en avoir partout (That’s what she said) !

Tout d’abord, quelques présentations s’imposent. Le temps d’une soirée nous n’étions plus Johan et Marie. Nous étions : immense truc jaune 1 et immense truc jaune 2. Oui vous avez bien vu, nous sommes le soir d’Halloween et responsable des costumes que je suis, j’ai opté pour deux déguisements d’une élégance rare : les Minions. C’est si drôle d’entendre les gens (eux aussi déguisés, autant vous dire que ça joue le jeu ici) crier : MINIONS !! Et nous de répondre (ô surprise, attention l’originalité) : MINIOONS ! Une sorte de cri de ralliement, mettant au grand jour tous les adultes ayant encore une part d’enfant en eux, puisque de toute évidence seuls ceux qui ont visionné Moi Moche et Méchant (Despictable Me) peuvent avoir la ref. Et vous savez ce qui est encore plus drôle? Dire à Jo « ce serait beaucoup trop drôle de tomber sur un mec déguisé en Gru » et … tomber sur Gru. Tomber sur Gru AVEC d’autres frères minions svp! Bref j’aime autant vous dire que ce soir-là nous n’étions plus trentenaires mais par contre quand même assez adultes pour descendre des saladiers de Daïquiris (je vous dis pas la nausée dans la nuit.)

Puis il fut rapidement question de la couleur Or. Laissez-moi vous emmener pour la fin de cet article dans le monde merveilleux du sport américain ! Pour le coup ce fut une véritable première pour moi. Je vois d’ici mes amis du Sud bondir lorsque je vais terminer d’écrire cette phrase : je n’avais jamais été dans un stade voir un vrai match de foot ou de rugby. Voilà, c’est dit. Jo m’a emmenée pour la première fois de ma vie voir un match. Et quel match !! C’était Or VS Argent : Saints VS Raiders ! Je pourrai vous faire un article par match tellement j’ai été happée par l’ambiance, l’effervescence et la joie de vivre qui découlent de ces évènements. Ce moment où l’on rentre dans le stade (surtout lorsque c’est une première) a quelque chose de quasi magique. Et que dire du lancement de chaque game. C’est toujours plus ou moins le même formalisme mais vous en prenez à chaque fois plein la vue. Et que dire de ces milliers de personnes se déchapeautant et chantant à l’unisson l’hymne américain. Vibrant. Ce sont des milliers d’individus faisant partie d’un même groupe avant de redevenir membre d’un des deux groupes à l’honneur du jour : Saints ou Riders. Or ou argent (c’est d’ailleurs drôle de le constater sur la photo en extérieur avant de rentrer dans le stade : la foule est globalement bicolore). Pour notre part, nous étions team Saints ! Et mon Jo n’a pas fait dans la demi-mesure en nous rhabillant de la tête aux pieds aux couleurs de l’équipe, avec un cadeau surprise : mon tshirt Saints floqué à mon nom dans mon dos! Pour ceux qui auront la référence, l’entrée dans le Superdome de NOLA a quelque chose de si vertigineux qu’il m’a immédiatement fait penser à l’arène dans laquelle se déroule la Coupe du Monde de Quidditch : pas un siège vide, et des gradins quasi à la verticale ! Pauvre noob du sport que je suis, j’étais bien perdue au début. Mais, pour répondre à mes questions ou pour m’aider à comprendre lorsque je fronçais les sourcils, j’ai pu compter sur la patience de mon chéri et la gentillesse de mes voisins qui, je m’en rappelle encore, me disaient : « C’est la première fois que tu vas voir un match?? Attends quoi, et après celui là, ton petit ami t’emmène voir LSU/ALABAMA? Il doit vraiment t’aimer je te le dis!! »

Non, n’en dites pas plus, ne posez même pas la question, je vais éclairer votre lanterne de ce pas et répondre à la question de « pourquoi ces deux messieurs ont relevé le match LSU/ALABAMA ». Tout d’abord il faut se rendre compte que dans le football américain il y a les équipes qui jouent en pro, mais il y a également toutes les équipes universitaires qui, laissez moi vous le dire, pèsent dans le game comme on dit. Elles sont médiatisées au-delà de ce à quoi vous pourriez vous attendre. Ces jeunes sont mis sur le devant de la scène et absolument toute la Louisiane est derrière son équipe : LSU (Louisiana State University). Fut une époque, leur entraineur était Nick Saban. Mais un beau jour (oh quelle narration Marie!) il décida de quitter l’Etat et ses joueurs et est parti chez l’ennemi devenir l’entraineur d’une équipe adverse : Alabama. Autant vous dire qu’il est depuis devenu sportivement l’ennemi public numéro 1. A tel point que pour les Louisianais il n’est plus Nick Saban mais Nick… Satan. Sympa le surnom! La rencontre des deux équipes, qui plus est à domicile (ou à ex-domicile selon comment vous voyez la chose) était l’évènement sportif le plus attendu de l’année. Je pèse mes mots. Ce match n’avait pas lieu en intérieur au Superdome de NOLA comme pour les Saints, mais en extérieur à Baton Rouge. Et c’est ainsi, en nous rendant à cette rencontre sportive que je découvris mon premier tailgate ! Mais qu’est-ce dont que ce mot ? Non mes amis, n’essayez même pas de traduire mot à mot, de toutes façons « queue portail », ça n’aurait aucun sens. Suivez le guide, je vous explique.

*agite son petit drapeau au logo de Marrytomylouisiana*.

Le tailgate est un gigantesque, monstrueux, gargantuesque, titanesque apéro. Les gens viennent avec leurs énormes camping-car, s’installent et font des grillades en buvant. Vous pouvez littéralement vous joindre à n’importe qui et j’espère que vous aimez le violet (coucou Julie) et le jaune, car vous ne verrez que ça, ce sont les couleurs d’LSU ! C’est franchement à faire, et avant même que les portes du stade ne s’ouvrent, je savais que cette journée allait être marquante. Mes amis américains m’ont d’ailleurs avertie à ce sujet, et vous pouvez être sûrs que la phrase « je vais voir LSU/ALABAMA » était instantanément précédée de « oh ! Quelle chance! ». Et nous voici embarqués dans cette joyeuse beuverie avant d’aller assister au match. Je commence à mieux connaitre les règles, je me repère et je crie aux différentes actions. Le match (et maintenant, je peux m’en rendre compte) était particulièrement serré. Tout peut basculer jusqu’au dernier moment, et tout n’a fait que basculer d’un quart temps à l’autre. Je n’avais jamais vu ça : personne, je dis bien personne, ne s’est assis de tout le match. Les gens (et nous inclus) sont restés debout plus de trois heures, légèrement penchés en avant pour être sûr de ne rien rater! Finalement, cela s’est joué aux prolongations et nous avons gagné sur le fil du rasoir, à un point d’écart. Là mes amis fut sans doute un de mes plus beaux souvenirs. Une véritable marée humaine s’est emparée du stade et croyez-moi lorsque je vous dis que nous deux également avons dévalé les gradins pour aller fouler le gazon. En quelques instants, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont rassemblées sur le terrain pour fêter cette victoire ! Il faut imaginer l’ampleur : dans une effervescence digne d’une coupe du monde, c’est comme si vous descendiez courir sur le stade de France. C’était fou ! D’ailleurs, mention spéciale au travail des « band » (orchestres) qui offrent un spectacle à couper le souffle en formant des figures pendant leur passage. En l’occurrence aujourd’hui ils rendaient hommage à l’armée et se positionnaient de manière à former tour à tour, un tank, un sous-marin etc… le tout en jouant !

La suite de notre voyage sportif nous amène voir les plus grands basketteurs de l’histoire j’ai nommé : la NBA en live ! Au programme, match des Pelicans contre les Blazers et… au troisième rang svp ! En théorie nos billets indiquaient rang 7 mais les quatre premiers rangs sont pour les joueurs, les remplaçants, les entraineurs et la partie média. Du coup nous étions le 3è rang de la partie spectateurs ! Et vous savez quoi? On est même passé sur l’écran géant ! Je me moquais gentiment des personnes qui ont un temps de réaction hyper long avant de réaliser qu’il s’agit bien d’eux, quand soudain… il fût question de nous nous. Sur l’écran. Et nous non plus, on n’a pas réagi tout de suite.! Bah oui, on ne s’attend pas à se voir, aux commandes de pop corn, sur l’écran géant lors d’un match de la NBA. Malheureusement on n’a pas de souvenir de ce moment, à part dans notre tête ! Soit dit en passant, étant donné notre proximité avec le terrain, je peux vous affirmer que oui, ces mecs sont grands.

Bref que de bonnes vibes, me voilà gonflée à bloc, parée pour de nouvelles aventures. Et croyez-moi j’étais à mille lieues de savoir ce qui nous attendait! Nouvelles nuances en vue ? Jaune noir et Vert ! Et oui mes amis, on s’envole pour… La Jamaïque, man !

En attendant, je vous laisse avec les derniers souvenirs de ce mois haut en couleur! Rodéo, foire, Mississipi, Alabama (coucou Nick Sa*an), parc régional, comédie musicale le Roi Lion au théâtre de la Nouvelle Orléans et… séance de tir ! (Ah et au fait, si vous êtes comme moi et que vous avez entendu parler du pont qui passe au dessus du lac Ponchartrain, à moins que vous vouliez réellement aller de l’autre côté, évitez-vous ça. Vous allez passer 45minutes dessus aller, puis payer pour passer 45min dessus pour le retour.)

Et en petit bonus, le deuxième déguisement sur lequel j’avais jeté mon dévolu. J’ai finalement préféré les Minions car je me suis dit que la Nouvelle Orléans allait être bien éclairée le soir, et donc que ça ne rendrait jamais aussi bien que dans le noir !

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