Balance man, cadence man, trace la glace c’est le bob man, cool rastaaa ! Je suis sûre qu’une immense majorité pour ne pas dire « tout le monde » aura la référence ! Ne vous étonnez donc pas si je finis une bonne partie de mes phrases par « Oui, man ! » ; « Non, man » ou « yeah man » ! On prend vite l’habitude ! On prend l’habitude de voir la vie en vert, jaune et noir ; on prend l’habitude de voir les rastamen avec leurs immenses bonnets à la Marge Simpson à peine posés sur la tête et on prend même l’habitude que le voyage soit ponctué de ce que je vais appeler « les petites catastrophes ». Oh et croyez-moi, il y en a eu, oui man ! Alors on relève ses cheveux, on les met dans un bonnet aux couleurs de la Jamaïca, on s’installe dans son fauteuil, on met en route un CD de Bob Marley et on se détend man, c’est parti pour le récit de cette virée insulaire dont je risque de me rappeler longtemps (vous allez vite comprendre pourquoi!)
Après quatre mois assez rudes (ne revenons pas sur la teneur professionnelle de ces quatre mois, je risquerais de sentir les débuts d’un syndrome de stress post-traumatique), nous avons enfin atteint le St Graal, j’ai nommé : les vacances de Thanksgiving, ou pour les bilingues : Thanksgiving break. Pour les expatriés que nous sommes, « day off » = possibilité de partir. Après avoir parlé avec mes copines de Lafayette j’ai nommé Coco, Marion et Elisa, la décision fut prise, direction : JAMAICA !!! L’idée était de faire le tour de l’île, ce que nous avons fait. Mais… Mais vous verrez ! On s’accroche car commencent nos petites catastrophes. Oui, déjà. Oui oui, nous ne sommes pas parties qu’il y a déjà un testicule dans la terrine. Au moment de nous enregistrer sur le vol, c’est-à-dire 48heures avant, le passeport de l’une d’entre nous ne passait pas. La raison ? Il faut, pour REVENIR aux Etats-Unis, un passeport ayant une date d’expiration supérieure à six mois. Or, entre la date de départ pour la Jamaïque et celle du retour aux Etats-Unis donc, nous nous rapprochions dangereusement de ces six mois ! Panique à bord. Comment partir ? Comment revenir ? Comment régler le problème ? Quid du séjour prévu en France à Noël ? Bref la panique. Nous avons fini par appeler la compagnie Spirit et l’interlocuteur a enregistré manuellement le passeport. Ouf. Mais ne soyez pas une oie blanche naïve venant de sortir de l’œuf, ce n’est que le début et je vous assure que je ne voyagerai jamais plus avec cette compagnie. J’entends bien que certains n’ont jamais eu de problème mais j’y reviendrai… Bref, une grosse frayeur résumée en deux lignes mais sur le moment intense je vous prie de me croire ! C’est donc le cœur soulagé mais encore un peu stressé que nous commencions cette journée de 48 heures sans dormir. Couchées à minuit (pour ma part), levées à 1h du matin (oui autant ne pas dormir mais non, j’ai besoin d’avoir fermé les yeux ne serait-ce qu’un peu) nous avons pris la route direction la Nouvelle Orléans pour notre vol de 6h (trois heures de route et deux heures d’enregistrement). Une fois sur place, nous avons constaté que notre vol avait une heure de retard et c’est avec surprise que nous avons retrouvé deux amis du CODOFIL. Nous avions le même premier vol et nous étions sensés nous séparer en Floride, eux se rendant au Guatemala et nous, à Kingston. Cependant, nous ne les avons pas croisés dans un aéroport aux départs fluides, le cœur léger et aux commandes d’un petit déjeuner en attendant le vol. Nooon chers lecteurs, ce serait bien trop facile. Nous les avons retrouvés dans une immense file d’attente pour les guichets Spirit car… notre vol était finalement annulé. Un immense CANCELLED affiché sur les écrans géants ne traduisant rien qui vaille. Direction le fond de la ligne pour comprendre comment nous allions nous dépêtrer de cette nouvelle petite catastrophe (devenant une moyenne catastrophe à l’échelle du voyage. Pas d’avion = pas de voyage. CQFD). Après une éternité dans la file, l’hôtesse de Spirit nous harangua d’aller enregistrer nos bagages. Alors comme vous, nous l’avons regardée d’un air de dire « euh. ». Oui, d’un air de dire « euh ». Car il me parait évident que lorsqu’un avion est annulé il reste au sol. Et s’il reste au sol, nul besoin d’y mettre nos valises, non ? Je ne sais toujours pas si nous avons discuté avec l’hôtesse de Spirit ou seulement avec son air hautain. Je ne savais que faire de tout ce dédain qui émanait d’elle. De son air le plus méprisant donc, elle nous dit « il n’est pas annulé ». Comme si nous étions des pauvres cruches qui ne comprenaient pas. Effectivement, où avions-nous la tête ? Un avion marqué « annulé » sur les écrans géants ne l’est de toute évidence pas enfin, ca tombe sous le sens non ? Elle a justifié cela d’un « beug informatique » et nous avons reçu le quasi-ordre d’aller enregistrer nos bagages et de… re faire la ligne. Chose que nous n’avons évidemment pas fait. De retour au guichet de Mme Gentillesse, croyez-moi si vous voulez, nous n’avons jamais eu de réponse directe de sa part quant au nouvel horaire de notre vol. Inutile donc de vous préciser que nous avions encore moins de chances de savoir si nous aurions tous nos correspondances. Je n’ai jamais vu ça. Je me sentais comme un Monsieur Patate à qui on enlevait les membres : les bras m’en tombaient face à tant de « pas de race ». Une fois dans la salle d’embarquement, ô surprise, le retard initial remplacé par l’annulation finalement pas d’actualité, fut doublé d’un sur-retard. Bref, de moins en moins à l’heure et de moins en moins informés. Nous avons fini par embarquer, direction Fort Lauderdale. Cela étant, ce n’était que le tout début des aventures de la Team de la Loose. Car une fois l’avion dans sa phase d’atterrissage en Floride, les hôtesses nous ont gratifié d’un « tout le monde a des correspondances dans cet avion, donc en arrivant, courrez. ». La roulette russe de l’aviation : cours ma grande et tu verras par toi-même si tu attrapes ta correspondance. Et c’est ce que nous fîmes. Un sprint monstrueux arracheur de souffle au travers de tout l’aéroport plus tard, je vis Marion (qui nous avait doublé depuis plusieurs mètres) ralentir subitement. Traduction ? Pas de vol. Traduction ? Pas de correspondance. Traduction ? Ok on est dans la m…
Alors tous les 6 (nous quatre et nos deux amis initialement en direction pour le Guatemala) nous sommes dirigés vers nos vieux amis j’ai nommé : le comptoir de Spirit Airlines. A notre immense surprise (bien que de moins en moins malheureusement), une nouvelle information vint s’ajouter à notre capital de la loose déjà bien entamé : « Ah nous sommes désolés. Le prochain vol n’est que demain et nous n’avons qu’une seule place dispo sur le vol. Pour vous messieurs en direction du Guatemala, le prochain vol n’est que jeudi ». Ah, pratique ça, quand on sait qu’on a qu’une semaine c’est-à-dire seulement jusqu’à dimanche pour voyager. Finalement, ne me demandez pas par quelle magie, nous étions enregistrés chacun sur un nouveau vol le lendemain. C’est parti pour le prochain guichet afin de récupérer les voucher (les bons pour dormir et manger aux frais de la compagnie). La Jamaïque nous parait vraiment loin. Et puisqu’une goutte de pluie ne tombe jamais seule, le voucher fut interminable à avoir, il nous fallut autant de temps pour localiser nos valises, le double pour les récupérer et encore le double pour attraper la navette jusqu’à l’hôtel. Nous avons littéralement attendu plus de 2heures cette fichue navette. Une fois arrivés à l’hôtel, fin du calvaire. Fin du calvaire vous dites ? Ha. Ha. Ha. Que nenni. Le réceptionniste de l’hôtel nous fait savoir que notre voucher ne va pas, et qu’il nous en faut deux car ils n’ont qu’un lit par chambre et que pour notre groupe de filles, nous sommes quatre. Nous avons littéralement passé l’après-midi à appeler la compagnie pour rajouter un voucher, histoire qu’on ne dorme pas au sol. Et lorsque je dis l’après-midi, je n’exagère pas. Nous avons littéralement eu treize personnes différentes au téléphone (par tranche de minimum 30 minutes d’attente pour avoir quelqu’un au bout du fil), chacune s’excusant au nom de Spirit et chacune nous assurant qu’un mail contenant le nouveau bon en pièce-jointe serait envoyé dans la foulée. Nous. N’avons. Jamais. Reçu. Aucun. Des. Bons. La faim se faisant sentir nous avons utilisé le misérable voucher « repas » (autant vous dire que vous ne faites que difficilement un repas avec $6 dollars) qui de toute évidence ne sera pas suffisant car la restauration de l’hôtel nous proposa 4 burgers pour 100$ (je vous les ai mis en photo car visiblement ils étaient en or). Im-pec-ca-ble. Finalement épuisées et au bout de notre patience, nous avons décidé de dormir à trois dans un lit et la quatrième sur le canapé. Ce fut également une épreuve d’avoir deux serviettes en plus qui nous furent livrées peut-être 50 minutes après les avoir demandées. Heureusement que personne n’était en train d’accoucher ! Allez, c’est l’aventure, on en rira ! Et on en a ri ! Il y a plus grave qu’être coincé(e) avec ses copines en Floride. Alors nous en avons profité pour nous balader à Fort Lauderdale. C’est franchement très sympa, ambiance supra-balnéaire, cocotiers illuminés pour Noël et bars !












Jour numéro deux dans notre voyage, et tout va beaucoup .. ah non c’est pire. Nous arrivons à l’aéroport et enregistrons nos bagages quand soudain le papier à la fois le plus inattendu et le plus stressant sortit de la machine. Quelque chose comme : « Il y a du changement. Votre terminal a changé ou alors l’aéroport a changé. ». C’est donc une blague. Une caméra cachée visiblement. Merci Spirit pour cette gestion hors pair. Et merci à vos RH. Je suis persuadée que plus vous êtes odieux plus vous avez de chance de vous faire embaucher par spirit. Vous êtes le Grinch ? Embauché ! Vous êtes le Père Fouettard ? Embauché ! Vous êtes Belzébuth en recherche d’une activité pour arrondir vos fins de mois démoniaques ? Embauché ! Ne vous avisez pas de sourire car vous serez licencié pour faute grave. Vous êtes prévenus. Cette vaste blague durait donc depuis 24 heures alors qu’initialement, il s’agissait d’un voyage qui devait comprendre seulement 3h de vol et 2h de correspondance. Bref, ce papier énigmatique tout droit sorti de Jumanji en main, nous consultons l’application et constatons que le vol avait disparu de l’écran. Rassurant. Calmant. Merveilleux. Nous avons donc trouvé un des Jafar de Spirit pour lui expliquer la situation ce à quoi il répondit de manière quasi-protectrice à notre égard. Enfin… en apparence. Je vous laisse juger par vous-même : « Ah oui je comprends bien que ce soit compliqué… Ecoutez je vais m’occuper de vous en format VIP comme ça vous ne manquerez de rien. Ce package VIP vous coûtera 50$ par personne. » L.A.B.L.A.G.U.E. Nous perdons officiellement patience ainsi que le réservoir d’urgence de la patience quand l’employé de Spirit tourna littéralement les talons alors que Marion était en face de lui entrain de lui parler. Nous avons demandé à voir le manager, ce à quoi l’armée d’elfes de l’enfer de Spirit nous a répondu « n’importe quelle personne derrière l’ordinateur est un manager ». Mais bien sûr voyons. Après la troisième guerre mondiale, nous avons fini par nous enregistrer, direction … la Jamaïque ! Un grand merci à mes copines de m’avoir à chaque fois laissé la place près du hublot. Je ne suis pas fan des petits avions. Ça bouge trop. Et puis à côté du hublot on peut surveiller ce qu’il se passe. Ce qui est très paradoxal car j’adore l’univers de l’aviation et je passe une petite partie de mon temps libre à suivre des comptes de pilotes, à lire des petits articles sur les fonctionnements aéronautiques etc.
Après un peu moins de deux heures de vol nous arrivons et… nos histoires reprennent. Impossible de récupérer la voiture de location à moins de prendre leur assurance coûtant la moitié du prix total. Il fallait retrouver notre contrat de carte bleue afin de prouver que nous étions assurées dans le cadre d’une location de voiture. Je vous la fait simple, sur à peu près 6 cartes bleues (4 cartes françaises dont une ou deux Gold, 4 cartes de débit américaines et une ou deux cartes de crédit américaines), aucune n’allait. Nous étions dans l’obligation de fournir un papier, je cite « justifiant que nous étions assurées en Jamaïque ». Noir sur blanc. L’une d’entre nous avait un justificatif énonçant une assurance « dans le monde entier » et ça n’allait pas. De ce que j’ai compris, la Jamaïque, l’Islande je crois et je ne sais plus quel troisième pays faisaient partie d’un groupement de l’enfer qui demandait davantage de documents. Ok, j’ai pas mémorisé grand-chose. Nous avons fini par annuler notre réservation au profit du loueur d’en face qui venait d’être mis au courant de la situation et… qui a fini par nous demander exactement la même chose (alors qu’il avait assuré que ce ne serait pas le cas). Autant vous dire qu’après tous ces évènements depuis +48h, nous avons capitulé et pris leur assurance. Et là, commença notre périple… sur la voie de gauche de la route, le volant à droite. Je vous avoue qu’il faut un peu de temps pour intégrer que le clignotant se trouve de l’autre côté et pour inverser toute commande dans sa tête, mais globalement, ça allait. En même temps j’ai envie de vous dire, au bout d’un moment vous en avez marre d’actionner les essuie-glaces pour tourner à gauche. Nous voilà donc parties pour mourir. Oui oui, pour mourir. Je pense que le calme légendaire des Jamaïcains trouve son exact opposé dans leur gestion de la route. Au volant les Jamaïcains, ils n’ont pas l’time! No man. Imaginez un instant cette vision : route dans un état dont je vous passe les détails, vous à gauche, les gens vous dévisageant presque au ralenti lorsqu’ils vous doublent, et votre cœur manquant de s’arrêter car justement, vous vous faîtes littéralement doubler n’importe où et spécialement, lorsqu’il n’y a ni le temps ni la place. Et tout le monde trouve ça normal. Les gens finissent deux roues sur le bas-côté toutes les trente secondes et rien de plus sensé visiblement. Vous l’aurez compris, le repos du soir fut bien mérité !! Enfin le repos sera bien mérité lorsque nous aurons passé sans problème les barrages de militaires armés jusqu’aux dents à peu près à chaque sortie de ville/village.
Leur présence est, en un sens, rassurante mais traduit en même temps un climat social peut être un peu tendu. Pour ma part, je ne me suis pas sentie à 100% en sécurité en Jamaïque, surtout dans la mesure où nous étions des femmes, seules, et blanches. Il ne nous est rien arrivé en soi et heureusement mais en plus du feeling, nous nous sommes par exemple vivement fait déconseiller certains endroits (j’y reviendrai). Je sais que les copines n’ont pas forcément eu le même ressenti mais pour ma part en tout cas, malgré les endroits magnifiques que je vais vous présenter plus loin, j’ai eu un peu de mal psychologiquement à me faire à cette ambiance dans le sens où je sentais que je n’étais pas en confiance. Mais bon, les goûts et les ressentis vous savez ! Je préfère retenir le positif malgré le fait que je veuille être honnête dans mes articles. Attention, je ne dis pas que « c’est » comme ça, je parle de mon ressenti, de mon expérience qui n’engage que moi. Peut-être ce ressenti aurait été bien atténué en partant en tour organisé ou avec un guide par exemple. Et pourtant je suis habituée aux virées sac à dos !










Refermons cette parenthèse sur ma vision de l’île du point de vue sécurité et ouvrons le chapitre suivant ! La suite de notre voyage nous amena donc dans des endroits inoubliables : des plages paradisiaques comme la plage Négril, une sorte de cénote que l’on appelle le Blue Hole et même la rencontre d’animaux à l’état sauvage : raie & étoile de mer. Ah non, attendez, j’ai oublié les méduses ! Quelle joie de s’asseoir sur une corde dans cette eau turquoise, de discuter avec les copines et de se rendre vite compte que j’ai posé mes fesses sur la seule méduse de tout l’océan qui a décidé de faire une halte sur cette même corde ! Cela étant, Elisa m’a accompagnée dans la douleur car elle aussi s’est faite piquer au niveau des côtes. Je vous garantis que ça fait mal et le bar, ayant pitié de nous, nous a même donné un verre de rhum pur pour nous en mettre sur la peau. C’est d’ailleurs sur cette plage que nous avons rencontré… Bob le Baker !! Un baker en anglais, c’est un pâtissier. Sauf que les pâtissiers en Jamaïque utilisent des petits suppléments que nous n’avons pas en France. Ou illégalement (car ne nous mentons pas, la weed, il y en a aussi en France). Nous voilà donc en compagnie du rasta Bob et de son tablier, comme s’il sortait d’une journée de travail normale. Mais la Jamaïque ne tire pas sa réputation de nulle part et je ne me suis jamais autant fait proposer de la marijuana que depuis que je suis arrivée sur le sol Jamaïcain !
















Nous sommes également allées visiter les chutes de Dunn, et j’ai adoré ! Pour une fois c’est assez touristique car autant vous dire que pour le reste du voyage des gens qui se baladent avec une voiture et quatre sacs à dos je n’en ai pas vu des masses. Pour les chutes de Dunn en gros, il s’agit d’une cascade à escalader et étonnamment les cailloux ne glissent pas ! Par contre laissez votre téléphone au casier ou directement dans la voiture (puisque toute sortie est définitive, les petits malins) car vous allez finir vraiment mouillé(e.s) ! De superbes souvenirs ! L’espèce de cénote dont je vous parlais en début de paragraphe s’appelle le Blue Hole. Et pour le coup c’est une petite randonnée dans la jungle avec des petites piscines naturelles sous forme de cascade dans lesquelles vous pouvez vous jeter (grâce à une corde ou à une avancée qui surplombe le tout). Par contre armez vous de patience car c’est assez mal indiqué et l’accès a été quelque peu.. éprouvant. (difficile de faire confiance à un homme qui se jette sur votre fenêtre demandant à monter en voiture avec vous pour vous amener au lieu que vous cherchez).
D’ailleurs, si comme nous vous n’avez pas de connexion internet vous allez devoir vous mettre à la chasse des endroits ayant une connexion Wi-fi car sinon vous n’aurez pas de GPS. Une fois que les cartes ont chargé grâce à la connexion, peu importe que vous la perdiez ou non, votre flèche continuera d’avancer. Par contre ne vous avisez pas de vous tromper de chemin car là, plus rien ne chargera et vous serez livrés à vous-même *rire diabolique* .












La vie locale est d’ailleurs particulièrement marquante (au-delà des stands de ganja bien évidemment). Vous pouvez vous arrêter un peu partout acheter pour trois-fois rien une noix-de-coco qu’un Jamaïcain ouvrira à la machette devant vous afin d’y planter une paille et de déguster le célèbre lait de coco. Vous aurez aussi peut-être la chance (ou pas) de rencontrer scolopendres et autres animaux emblématiques. On aurait préféré un colibri dans la douche. Pourquoi c’est jamais un colibri dans la douche et un perroquet sous la cuvette des chiottes ? Mais l’Univers (ou appelez ca comme vous voulez) s’est vraiment foutu de la gueule de ces animaux : *voix grave et solennelle* « Vous serez.. un insecte. Quelque chose de petit, de moche qui aime le noir, qui se déplace de façon louche. Et lorsque vous voudrez rentrer vous abriter, vous vous abriterez sous une cuvette de chiotte ou dans le pli d’un rideau de douche! Voilà un animal parfait pour peupler la Terre ! Jean-Michel, ajoute ça à la nomenclature de la Terre ! » Ouvrez donc grand vos yeux mes amis et contemplez notre self-control. Mike Horn n’a qu’à bien se tenir !
La suite de notre voyage s’est déroulée sereinement, au rythme des routes qui n’étaient pas les bonnes, des fou-rires entre copines et des réajustements d’itinéraire. Nous bouclions notre tour de l’île (nous étions parties de Kingston à l’est, en direction de l’Ouest le long de la côte jusqu’à faire le tour complet) en ayant pris soin d’écouter diplomatie.gouv ainsi que les locaux et les témoignages de voyageurs afin d’éviter tout trouble inutile. J’y faisais référence en début d’article mais nous avons littéralement skippé Spanish Town par exemple. Cependant nous avons dû, par souci de temps, faire l’impasse sur certaines activités comme monter à cheval dans l’océan, faire du radeau sur des bambous (activité typique de la Jamaïque) ou encore faire du bobsleigh. Bon je ne pense pas que cette dernière activité fut réellement envisagée un jour mais ça m’aurait beaucoup trop fait rire de voir un énorme Bob dans une jungle. Le seul que nous avons vu c’est le baker ! Cela étant je crois qu’un parc d’aventure a repris l’idée et qu’il est possible de faire une espèce de parcours entre les arbres à bord du même bobsleigh que dans le film !
Après un superbe dîner de Thanksgiving entre copines et une participation au karaoké, la dernière étape de notre voyage nous ramena sur Kingston et ses alentours. Nous avons passé l’avant-dernière journée au musée de Bob Marley et j’insiste lorsque je vous dis que c’est à faire. Déjà car les smoothies sont délicieux & ensuite car le musée est littéralement la maison de Bob Marley. Peut-être que ça me parlait beaucoup dans la mesure où j’ai écouté pas mal de reggae. Le guide était un chanteur international de reggae et nous faire chanter « everything gonna be alright » dans le salon de Bob Marley avait quelque chose de vraiment marquant. Il est interdit de filmer ou de prendre des photos une fois le pas de la porte passée et les guides ont même des pass à scanner pour pouvoir ouvrir la porte d’entrée. Cette maison a une âme et je me sentais chanceuse d’avoir pu voir Stephen Marley (son fils) en concert il y a quelques années. Nous avons vu des photos inédites, quasi-personnelles, nous avons pu effleurer ses propres percussions, nous tenir debout dans le studio d’enregistrement (qui était une pièce au rez-de-chaussée en réalité) et voir de nos yeux les impacts de balles dans la cuisine extérieure, lorsqu’en 1981 Bob fut victime d’une tentative d’assassinat. J’ai d’ailleurs appris une histoire à ce sujet. Il avait parlé à quelqu’un quelques jours avant cette attaque lequel lui avait dit qu’un danger aller arriver et qu’il « ne fallait pas qu’il tourne le dos ». Quelques jours plus tard, lorsqu’il fut en face de cette arme pointée vers lui, il s’est rappelé de ces paroles et a instinctivement fait un geste sur le côté, lui permettant d’éviter la balle (avant que la seconde ne vienne se loger dans son bras). Qui sait s’il s’en serait tiré, s’il avait tourné le dos pour s’enfuir. Pour ceux qui pourraient se poser la question, Bob Marley (Nesta de son prénom) est mort d’un cancer généralisé. Il fit un malaise peu avant un concert et eut les résultats des examen le jour de son concert : cinq métastases de son cancer de la peau (trois au cerveau, une au poumon et une a l’estomac). Les choristes et musiciens qui l’accompagnaient racontaient dans une vidéo que ce furent les balances les plus longues qu’ils aient fait pour la préparation de ce concert. Ils pensaient tous sans le dire que cette quête de la perfection était démesurée. Lorsqu’ils apprirent après le concert, que ce qu’ils venaient de vivre étaient en réalité le dernier concert de Bob Marley car ce dernier allait mourir, ils comprirent. J’ai aussi appris que c’était un homme assez petit en taille : 1m70 de mémoire (alors que je pensais qu’il était vraiment immense) & je me dis qu’il avait quand même du cran, car a l’époque le climat social était à son maximum en termes de tension et sa maison se trouvait littéralement au cœur d’un quartier où les rastas étaient absolument rejetés avec une violence inouïe. Il faisait, à ce titre, exprès de chanter de plus en plus fort dans son jardin.
Nous avons parlé aux employés locaux de notre volonté d’aller visiter Kingston dans l’après midi et ils ont été catégoriques. « Où voulez-vous aller ? » « Downtown Kingston ? Tu veux faire quoi là bas ? » « Ecoute, vous n’avez rien à faire là-bas, si vous y allez il va forcément vous arriver quelque chose. » Après tout, une balade dans le parc de NewKingston (pas le downtown donc) c’est tout aussi bien !







Au programme de notre dernière journée, une randonnée dans les Blue Montains (elles tirent leur nom de la brume qui leur donne cet aspect bleuté). Or tout ne s’est pas exactement passé comme prévu. Nous nous étions renseignées en amont bien évidemment mais après discussion avec les locaux, la randonnée qui devait faire aller retour 4h à 5h, s’est transformée en une randonnée de 5h30… aller (donc un peu moins pour le retour car en descente). Autant vus dire pas du tout le même game). Pour ma part je n’étais pas du tout équipée (basket plates Nike, short de ville et même pas de petit sac à dos) et cette perspective + le fait que j’ai une fragilité du genou qui peut subitement devenir une vraie douleur à en pleurer en randonnée (merci les 14 heures de randonnée à la Réunion il y a quelques années et qui m’ont flingué le genou) ont eu raison de ma motivation. Les filles s’y sont rendues et je suis restée au bnb.. MALADE comme un chien. Ahhh… il y avait longtemps qu’il ne nous était pas arrivé de petites catastrophes. Parties à 7h du matin, les filles m’ont dit que je pouvais m’inquiéter, en voyant très large, à partir de 20h (puisqu’encore une fois, nos téléphones américains ne marchent pas ici). Le propriétaire du bnb m’indiqua un restaurant pas loin si j’avais faim mais je n’en ai pas vu la couleur car aussitôt sortie dans la rue j’ai craint pour ma peau. A titre d’exemple, une voiture m’a dépassée dans l’autre sens et s’est immédiatement arrêtée un peu plus loin derrière moi avec les feux de reculs. Lorsque je suis arrivée (muy rapido) sur la grand-rue il en était de même. Je suis sortie 4 minutes, et j’ai regardé par-dessus mon épaule du début à la fin. Hop, décision prise : retour à la casa ! J’ai discuté avec la première fille que j’ai vue afin de ne pas avoir à passer seule à côté de la dite-voiture et tant pis pour la nourriture. Après tout je n’ai pas faim, je suis malade. Et puis qu’est-ce que c’est qu’un repas ? A quoi sert d’avoir le ventre rempli si c’est pour finir dans le coffre d’une voiture ? Bon.
16H30. Pas de nouvelle des filles. 17h30. Pas de nouvelle des filles. 18h30 pas de nouvelle des filles. On a dit 20h mais il est 19h et je commence à m’inquiéter. J’ai littéralement mis 2h à regarder l’épisode 3 de Wednesday sur Netflix : je n’étais pas capable de me concentrer plus de 20 minutes d’affilée, ne faisant que partir dans mes pensées, me demandant où elles sont puisqu’il fait déjà nuit noire depuis une heure. 19h30 toujours rien. J’appelle le propriétaire qui leur avait donné le contact d’un mec pouvant les monter au début du chemin de randonnée. Je me sens soulagée lorsqu’il me dit qu’il a appelé le dit-type et qu’apparemment les filles ont regagné leur voiture. 19h55 précisément, elles passent le pas de la porte ! Ouf. Elles m’ont raconté une drôle de journée semée d’embûches (ô surprise), comme quoi il fallait payer à tout bout de champ, qu’elles ont failli ne pas faire la randonnée etc. Bref, rien de facile mais je suis contente pour elles qu’elles aient pu le faire !
Ainsi s’acheva notre semaine de vacances haute en émotions ! Je suis contente d’y être allée car maintenant j’ai un nouvel écusson cousu sur mon backpack (ok il m’a fallu 3 semaines pour le rajouter. Des fois on a une flemme pour des choses qui prennent vingt min max, c’est effarant !) et j’en ressors avec de nouvelles histoires à raconter, ce que j’ai fait ! Par contre j’ai ramené un souvenir bien marquant de ce voyage : *emoji fleurs* un virus *emoji fleurs* . Vous vous rappelez lorsque je vous ai dit que j’étais malade l’avant dernier jour ? Hé bien je n’étais toujours pas au top la semaine suivante à l’école, alternant entre des moments où ça va et des moments où je me plie en deux. Le vendredi suivant (soit J+7 après le début des symptômes, lorsque les filles étaient à la rando), je me suis levée pour aller en classe & à 7h du matin je me suis écroulée dans la chambre de Lyle mon coloc. Quoi de mieux qu’un bon malaise pour bien commencer la journée ? Ambulance, hôpital en urgence. Electrocardiogramme révélant un taux de potassium proche de la catastrophe, intra-veineuse posée en priorité pour pallier à une déshydratation complète & batterie de tests tels qu’analyse du sang et analyse d’urine. J’ai même eu le droit à un scanner avec iode dans les veines (c’est une drôle de sensation). Verdict ? Virus attrapé en Jamaïque, sans doute à cause de l’eau. Là, je tique. Je tique car nous n’avons bu que de l’eau en bouteille. Ah non attendez, remontez un peu les photos, vous verrez 3 bières et un cocktail. Un cocktail avec des glaçons qui avaient déjà fondu lorsque la photo fut prise… Devinez à qui était ce cocktail ?
PS : Depuis je ne m’évanouis plus
PS2 : Coucou les bracelets Jamaïcains des copines
PS3 : C’est bien, quand vous étiez en voiture vous avez pu prendre le temps d’admirer le payzzzzz……. *dodo*



Quelle aventure !!! Ben dis donc, on peut dire que ce sont des vacances bien méritées et vous vous en rappellerez de cette compagnie aérienne !
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Oh ca C’est sur !!! Certains ont bien voyagé avec eux, mais ce n’était absolument pas mon cas haha
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[…] y a quelques mois je suis allée en Jamaïque. C’était riche en émotions comme vous avez pu le lire mais j’ai volontairement passé un […]
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