#25 – Mardi Gras à NOLA

Mesdames, Messieurs, expatriés, nomades ou sédentaires, visiteurs ou habitués, dudes and dudettes, ceci est un grand jour ! Vous vous demandez surement où les pattounes de Tomy & moi-même étions passés depuis la publication de notre dernier article type FAQ. (Spoiler : en France)

Vous n’allez pas le croire (et vous auriez raison), mais figurez-vous qu’un beau matin d’il y a plusieurs mois, la plume avec laquelle je vous écris avec la plus grande assiduité (ahem), a disparu. Sans crier gare. Après quatre mois d’intenses recherches (soyons honnêtes), je l’ai enfin retrouvée. Elle s’était délicatement posée dans une rue, à l’intersection entre le boulevard Jaipaletemps et la traverse Jaipaslinspi. D’ailleurs vous comprendrez aisément que ma plume ne s’était pas envolée seule mais qu’elle avait emportée avec elle… ma bonne foi.

Ainsi, en guise de bonne année, l’heure est venue pour nous d’ouvrir un nouveau chapitre rocambolesque de notre vie américaine. Sortons donc tous ensemble notre pierre blanche (oui, je vis dans un monde où tout le monde se balade avec un menhir dans la poche) et inscrivons dessus : 15 janvier 2024, retour en fanfare du blog.

En fanfare ai-je dit ? Quel choix de mot délicieux. Mes amis, vous n’êtes pas prêts. Bienvenue dans cette nouvelle édition de… MARDI GRAS ! Que le vert, le jaune et le violet vous obsèdent les pupilles !

Les plus assidus se rappelleront sans doute de l’article de l’an dernier, mais cette année Tomy et moi avons déplacé nos pattounes jusqu’à NEW ORLEANS. Je voulais voir autre chose, une autre facette du phénomène Mardi Gras en Louisiane. Croyez-moi, je n’étais pas préparée, et par ricochet vous non plus. (Un très long ricochet je sais, pas la peine de remuer le couteau dans l’alligator). Vous découvrirez ici une toute nouvelle expérience, des histoires et des anecdotes dont il n’a absolument pas été question à Mamou l’an dernier. En somme, un article tout aussi haut en couleurs si ce n’est encore davantage, quelque chose de totalement différent, et au final d’incontournable. Vous savez, je pensais connaitre l’ampleur de cette fête mais il me semble que, comme on dit : « quand on croit savoir, on ne sait pas » ; ou « quand il n’y a plus rien, il y en a toujours beaucoup » ; ou « faut pas pousser mémé dans les alligators ». Bref, trêve de massacre des mots et accordons-nous sur le fait que peu importe l’endroit où vous vous trouvez : Dude, Mardi Gras en Louisiane, IT’S SOMETHING, DUH ! Et au final, si on réfléchit : je suis si en retard dans cette publication que je suis en avance, car cet article arrive deux mois avant l’édition 2024 ! Non, ne me remerciez pas, c’est cadeau. J’aime avoir un train d’avance.

La première des choses et non des moindres est d’ordre lexical. Sortez votre répertoire (dites moi que je ne suis pas la seule à avoir eu ça en anglais ? Un répertoire où l’on notait les nouveaux mots de vocabulaire. Vous savez, CA! ! ahh souvenir..). Vous y êtes ? Allez à la lettre T et rajoutez le : TOUSTOUR (ou Toustourisme !). Ne comprendront cette blague que ceux connaissant mon nom de famille. Mais comme on est sympa je vais vous dévoiler le secret : je m’appelle Marie Toustou. Vous avez saisi le jeu de mot ? Cette année, je me suis recyclée dans le tourisme car pour Mardi Gras, m’ont rejoint deux de mes meilleurs amis : Elie & Elo (que je surnomme MéliMélo). Nous avons ainsi vécu à trois cette folie Louisianaise et Nouvelle-Orléanaise qu’est Mardi Gras. L’arrivée s’est faite non sans encombre, enfin surtout pour eux car après des déboires d’autoroute & d’avion, leurs pieds ont touché le sol américain à 1h et demie du matin au lieu de 16h la veille si je me rappelle bien.

Le second élément que vous devez prendre en compte est la somme qu’il vous faudra débourser pour loger à la Nouvelle Orléans en période de Mardi Gras. Les prix gonflent. Que dis-je ?! Ils ont des œdèmes de Quincke. Pour une seule chambre avec deux lits doubles, sur trois nuits nous avons payé $1455.  Cela étant l’hôtel était plus que bien placé et de très bonne qualité. Bienvenue à « La Galerie French Quarter Hotel » !!

Nous voilà bien installés, les affaires peuvent commencer. Le Toustour avait prévu un programme bien chargé, commençant à la Nouvelle Orléans & se terminant du côté de Mamou. Mes amis n’habitant pas sur place, il était évident qu’après quelques jours à Nola j’allais les emmener du côté du folklore reculé de Mamou et ainsi leur montrer le Mamou Mardi Gras (cf. l’article de l’an dernier). Mais nous nous focaliserons ici sur la Nouvelle Orléans. Dégustation d’alligator, balade en airboat sous -8000° (les vrais ont la ref’) ; parades ; beads ; alcool ; Channing Tatum (j’y reviendrai) ou encore parole sainte ont été les grands thèmes de ces quelques jours. Oui je sais, rien n’à avoir avec rien, c’est la magie de la Louisiane.

Si comme nous, vous projetez de passer Mardi Gras à NOLA, la ville a créé son propre site internet qui est une mine d’informations pratiques pour tout ce qui est manifestations et parades. Vous y retrouverez d’ailleurs un onglet avec toutes les explications sur l’histoire de Mardi Gras que je vous laisse aller consulter (car au final, c’est intéressant, mais quand même un peu moins que nos histoires d’alcool et de tirs. Ça aussi, j’y reviendrai). L’idée est que chaque parade est animée et menée par une ou plusieurs teams, groupes, ou « krewe » comme on les appelle. Et chaque Krewe a son ou ses chars. C’est titanesque. Gargantuesque. Il y a des dizaines de parades tout au long de la semaine, et en suivant leur trajet sur le site internet vous pourrez organiser au mieux votre planning et ainsi en voir un maximum. Les plus connues sont Krewe of Bacchus ; Krewe of Endemyon ; Krewe of Rex ou encore Krew of Zulu. Mais il en existe encore des dizaines d’autres et, vraiment, vous ne mesurez pas l’ampleur. Lorsque vous allez voir une parade, tâchez de trouver un endroit un petit peu dégagé et attendez de vous faire assommer par des milliers (littéralement) de colliers de perles, gobelets, ballons, porte-clefs ; stickers et goodies en tout genre ! Pour tout vous dire, vous verrez des gradins installés en amont et disposés aux meilleures places. Par contre, si vous voulez y aller il vous faudra payer. Ce sont carrément des pass. C’est vous dire le business. Honnêtement, il n’y a pas besoin de se ruiner là-dedans. Nous avons toujours eu des super spots depuis le trottoir ! De même, vous verrez des personnes avec des énormes sacs qui seront bien entendus remplis à la fin de la journée par ces objets en tout genre. Une sorte de jeu collectif à celui qui en attrapera le plus. Nous nous faisions la réflexion avec mes amis du budget presque honteux qui doit être déployé pour tout cela. D’une part il faut savoir qu’il y a des boutiques spécial Mardi Gras qui ouvrent uniquement pour l’occasion. D’autre part quand vous regardez autour de vous, vous vous dites que même en achetant en lot, le total dépensé par les Krewe pour obtenir le stock de goodies qu’il vous enverront au museau, doit avoisiner le million de dollar si ce n’est des centaines de milliers. Sans parler de l’organisation de la ville qui, de toute évidence, glisse des billets pour amortir l’évènement. D’ailleurs, si vous voulez arriver dès le premier jour en « total look Mardi Gras » je vous ai dégoté une super affaire ici : 100 colliers de perles prêts à être envoyés !

Et puisque des données mathématiques parleront encore davantage, faites-vous plaisir mes amis & découvrez
Mardi gras à NOLA en chiffres :

Nombre de charsNombre de fanfaresNombre de groupesImpact économique généré par Mardi GrasBudget achat de colliers de perles Nombre de galettes des rois Nombre de visiteurs
6760250840 millions de dollars1 milliard de dollars500 0001.4 millions

Nous nous sommes prêtés au jeu et avons ramené ce que nous avons appelé « le butin » : des colliers, des ballons en mousse, des porte-clefs, des gobelets, des freesbies, des « beer koozie » (pour tenir sa bière sans se geler les mains) et j’en passe. Ahh ce butin.. Je souris encore en y repensant car il est amusant de voir que plus les heures passaient plus nous redevenions des enfants. Nous sommes passés de « mon dieu regarde les gens avec leurs sacs prêts à tout pour attraper des colliers » à : LAAAAA !! LE COLLIEEEEERRR !! OUIIIII J’AI EU CELUI QUI CLIGNOTTE ! »

Bref vous l’aurez compris, Mardi Gras à NOLA, c’est une farandole de couleurs et de musique. C’est intense tant par la démesure que par le rythme. Le Toustourisme s’est retrouvé à la rue Bourbon dans le bar « Saints and Sinners » géré par Channing Tatum (non, nous ne l’avons pas vu, ô désespoir) à danser sur une barre de pole-danse (coucou Marie si tu passes par ici). Ça parait idyllique d’ambiance dit comme ça, et ça l’était ! Mais… * moment de confidence * j’ai fini par dormir dans notre chambre d’hotel à côté des toilettes, un sèche-cheveux comme chauffage en direction du ventre & une serviette mouillée sous la tête en guise de coussin. Quand on abuse du jus de citrouille, on ne distingue plus vraiment la bonne idée de la mauvaise. Ou en tout cas on ne sait plus reconnaitre ce qui parait incontestablement inconfortable. Je me rappellerai encore longtemps du regard d’Elo penchée sur moi, me disant « mais Marie, qu’est-ce que tu fais ? ». Ah bah oui tiens, qu’est-ce que je fais, couchée en forme de coquillette pour épouser la forme du pied des chiottes ? »

Bref, le lendemain, j’ai ramassé.

Refermons cette parenthèse du soir & revenons à des évènements plus…. pieux. J’essaie de trouver les mots pour vous expliquer le contraste saisissant entre l’intempérance Louisianaise et les marques de religions quasi-excessifs dont on peut être témoins. Elo, Elie, permettez-moi de vous ramener plusieurs mois en arrière grâce à un seul « mot » ou plutôt une onomatopée : « BLAH-BLABLAH-BLABLABLAH ».

Pour les autres, voici l’explication. Non, ne me faites ni sourire ni lever les bras, je ne fais pas un AVC. Chers lecteurs, il faut que vous imaginiez un instant la scène sur laquelle nous sommes tombés en plein NOLA : un groupe de manifestants religieux, brandissant des pancartes nous invitant à ne pas brûler en enfer. Je cite : « prépare toi à rencontrer ton Dieu » ; « repends-toi ou péris » ; « Vis de manière sainte ou dans les flammes de l’enfer » ; « Crains Dieu et suis ses commandements ». Hum… Accueillant ? Tolérant ? Les mots me manquent. Alors « d’où vient ce BLABLABLAH ? » me demanderez-vous. Hé bien au milieu de ce groupe fédérateur de bonnes ondes, il y avait cet homme. Cet homme dont on a parlé pendant tout le séjour. Cet homme qu’on a croisé une première fois puis une seconde à ceci près qu’il était déguisé en NONNE mes amis. Armé d’un mégaphone, il scandait dans les oreilles de ceux portant les-dites pancartes le désormais célèbre : BLAHBLAHBLAH. Le tout, agrémenté de sa main en mode bec de canard singeant le groupe dans son ensemble (vous savez, ce mouvement de main quand on dit à quelqu’un « Pouet Pouet camembert ». Y a-t-il vraiment des personnes qui disent encore PouetPouetCamembert ? C’est une réflexion pour plus tard.)

Si le sarcasme, la moquerie, le manque de respect, l’improbable et le drôle avaient un enfant, ce serait ce gars-là !

Le Toustour étant ce qu’il est, c’est-à-dire une organisation à but non lucratif et au leit-motiv de désorganisation, nous n’avons pas eu le temps de voir la dernière parade. Pour l’anecdote, grand bien nous en a pris car un homme a ouvert le feu à l’endroit où nous devions nous trouver (vers la fin de la parade), blessant plusieurs personnes. Ce n’était pas notre heure comme on dit. Vous voyez que ça a du bon d’être en retard ! Cela étant, le Toustourisme en a profité pour donner un aperçu de la vie américaine à MéliMélo : balade en Airboat comme énoncé au début de cet article, match de basketball des LSU ou encore découverte des bâtiments typiques. Après 4 jours intenses, nous avons donc quitté NOLA, cette géante tant par la beauté de ce qu’elle offre que par la démesure dont elle fait preuve. Nous avons eu une pensée pour les personnes responsables du nettoyage des rues. Une photo vaudra mieux que mille mots, donc on descends un petit peu pour visualiser l’ampleur. Et au vol, on vous laisse en exclu les autres activités préparées par le Toustour !

Vous souhaitez une occasion de faire la fête ? Vous aimez les villes libres ? Vous êtes curieux de voir ce qu’est une ville sans limite ?  Vous aimez l’improbable ? Vous aimez la musique et les colliers de perles ? Vous voulez vivre quelque chose de nouveau ? Vous voulez voir comment se matérialise la démesure ? Vous rêvez de plonger dans cet univers insouciant & coloré ? Alors notre unique conseil : venez à NOLA.

Car si nous avions un terme à mettre sur cette toute nouvelle expérience, nous dirions :

HORS DU COMMUN.

#24 – FAQ Parlons finances : Banque

Et puisque ce « Hors série du blog » concerne précisément le budget et les finances, nous allons boucler la boucle en terminant ce topic par les questions relatives à la banque. Une précision cependant, la première chose qu’il vous faut vraiment obtenir est tout de même le Social Security Number. C’est vraiment le passe-partout des Etats-Unis & bon nombre de démarches (au delà même de celles qu’on effectue dans une banque) vous seront fermées si vous ne l’avez pas. Alors on fait passer ça en premier, et après on s’occupe du reste.

Vers quelle banque se diriger une fois sur le territoire américain ?

Les Etats Unis étant un pays libre, ô surprise, vous pourrez choisir votre banque. Mais voilà. Vers qui se diriger ? Vous serez je pense aiguillés vers Chase Bank. Aucun avantage quelconque dans le sens où personne n’a de commission en vous envoyant là-bas mais c’est simplement « la grosse banque » ici. C’est globalement chez eux que nous avons tous ouvert nos comptes. Mais encore une fois, vous êtes libre de placer votre argent où vous le souhaitez. Pour ma part, j’ai ouvert mon compte chez eux alors voilà mon petit retour :

AVANTAGES
  • Le virement Zelle (que l’on retrouve dans les banques suivantes : Chase, Bank of America, Truist, Capital One, JPMorgan, PNC Bank, U.S. Bank et Wells Fargo). Hyper simple si vous voulez vous envoyer de l’argent entre amis pour régler la pizza payée pour vous la veille ou pour rembourser à votre coloc la moitié des courses. C’est instantané : en rentrant le numéro de téléphone du destinataire, Zelle trouvera immédiatement son compte en banque et l’argent arrivera en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Facile d’utilisation, déjà présent sur l’appli Chase

  • Beaucoup d’entre nous sont chez Chase ce qui apporte certaines facilités (cf. point ci-dessus pour les virements par exemple)
  • Vous trouverez des Chase Bank un peu partout
  • Bon service client.
INCONVÉNIENTS
  • J’ai eu quelques problèmes avec ma CB qui parfois ne passait pas, a priori cela viendrait de certains terminaux de magasins et donc ni de ma carte ni de la banque. Présomption d’innocence donc mais tout de même dans la case des inconvénients car quand vous vous retrouvez bloqués pendant 20 minutes pour trois tomates et un concombre vous avez bien les boules (non, on n’a pas toujours un langage châtié ici.)
  • Certains frais : si vous retirez dans un ATM (distributeur) qui n’est pas Chase Bank vous allez généralement prendre 3 à 4 dollars de frais supplémentaires. Les maths pour les nuls : un retrait de $20 peut vous coûter $23 ou $24. TADAM, qui a dit que je n’avais pas un cerveau gauche ?
  • Si vous essayez de les joindre depuis l’étranger, armez vous de patience car ils vont vous faire passer par mille protocoles de sécurité pour vérifier qu’ils vous parlent bien à vous. Ca va être assez long je vous préviens.

Cela étant, il existe d’autres banques avec tout autant d’avantages. Par exemple, JD Bank (présente dans la capitale j’ai nommé… Mamou) a également Zelle, ne prend pas de frais sur les retraits en ATM (ils les remboursent) et ont un système d’intérêts qui pourrait valoir le coup.

On retient : Chase bank est pratique, attention aux frais au distributeur, Zelle pour les virements entre copains, checker d’autres banques et leurs avantages

Comment faire pour ouvrir un compte en banque ?

Les formalités ressemblent plus ou moins à celles connues en France. Vous prenez rendez-vous, vous vous pointez et vous répondez à quelques questions en donnant les pièces justificatives (domicile, numéro de téléphone etc.). Si vous n’avez pas encore votre numéro de sécurité sociale (le fameux SSN), il vous sera tout de même possible d’ouvrir votre compte (en tout cas chez Chase) sous réserve de les recontacter lorsque le dit-SSN sera arrivé.

On retient : Rdv en banque facile. Possibilité d’ouverture de compte sans SSN sous réserve de le leur fournir après, depending of the banks.

Comment faire des virements de mon compte américain à mon compte français ?

Grande question qu’est le virement international. Cela m’était complètement inconnu jusqu’à ce que je déménage à l’étranger. Ayant des chevaux à assurer financièrement en France et n’ayant plus de salaire qui tombe sur le compte français, je me suis donc rapidement trouvée face à la problématique du virement international. Plusieurs possibilités donc :

  • Certains d’entre nous ont utilisé des applications que je pourrai qualifier de relai, type « Wise » (un drapeau foncé sur un vont vert fluo). A priori celle-ci est facile d’utilisation et évite les frais. Je ne connais cependant pas le délai pour recevoir l’argent sur le compte visé.
  • D’autres (et c’est mon cas) sont passés directement par leur banque. En l’espèce, Chase offre cette possibilité via le service qui s’appelle « Wires and global transfers ». D’expérience, si vous envoyez un montant précis en dollars (« j’envoie 300 dollars depuis mon compte américain »), les frais seront moindres. Mais si vous envoyez depuis ce même compte américain un montant en euros (« Je veux que tant d’euros arrivent »), les frais grimpent. Renseignez vous donc bien auprès de la banque, car même pour moi c’était un petit peu flou. Cela étant, cela marche très bien et le délai pour que l’argent arrive est d’environ 2 jours, voire 3 maximum.

On retient : Des applications dédiées existent pour réduire les frais ; les banques style Chase ont un service pour cela, mais se renseigner sur les frais appliqués.

#23 – FAQ Parlons finances : Salaire, taxe et retraite

Combien allons-nous toucher en tant qu’enseignant du CODOFIL ?

Avant toute chose, je tiens à rappeler que les chiffres dont je vais parler ici concernent la situation qui est la mienne à savoir : professeur des écoles détachée dans le cadre d’un visa J1 relié au programme CODOFIL. J’ignore si un enseignant du secondaire serait éligible au même salaire ou non (à la hausse ou à la baisse), et j’ignore si un enseignant relevant d’un autre visa toucherait le même montant. Les studios Marrytomylouisiana sont navrés pour vous, mais c’est toujours Marie et Tomytoketchup qui sont aux commandes de ce blog, et non pas Marie et Tomytoketchup, employés de l’ambassade depuis 17 ans.

Le salaire fluctue tout au long des années couvertes par votre visa. A ce titre, prenez le temps de lire le Vademecum qui vous a été envoyé. C’est long et fastidieux mais c’est une mine d’informations qui sont d’ailleurs sans aucun doute mises à jour et vous trouverez en conséquence les montants annuels que vous allez percevoir. La première année, mon salaire mensuel était de $3462 net, la seconde il s’agissait d’un montant entre $3600 et $3700 net par mois.

On retient : Salaire net prof des écoles Visa J1 : 3400-3700$

Y a-t-il des primes ?

Oui, mais pas partout. Je réattire votre attention sur un point : chaque paroisse est une planète à part, chacune fait comme bon lui semble. Certains enseignants donc vont toucher de l’argent en plus, d’autres non. Il faut s’y faire, et ça peut être frustrant oui. Mais ce sont des décisions prises en interne par les paroisses sans aucun lien les unes avec les autres et sans aucun lien avec le programme de French Immersion

La bonne nouvelle pour ma part a été que ma paroisse a l’avantage de donner quelques primes pendant l’année. Ainsi, en novembre nous avons eu le droit au « turkey check » pour Thanksgiving c’est-à-dire : un bonus d’à peu près $6000. Mais ce ne fut pas le cas de mes amies dans leurs paroisses respectives (cela étant, chaque paroisse présente ses avantages, que l’on se rassure !). Point numéro deux et non des moindres : Je n’ai pas eu accès à cet argent la première année. Les enseignants d’Evangéline n’y ont le droit qu’à partir de la seconde.

Nous avons également eu en fin d’année dernière (vers mai 2022) une « prime covid » versée par la paroisse d’à peu près $2000. Je ne suis cependant pas sûre que ce soit encore d’actualité cette année.

Et n’oublions pas la prime dite « d’installation » du CODOFIL qui est de $6000 la première année, $4000 la seconde et $4000 la dernière année. Celles-ci pour le coup concernent tout le monde, tous les enseignants du CODOFIL.

On retient : Potentielles primes du schoolboard, primes du CODOFIL pour tout le monde (sur trois ans : $6000 puis $4000 puis $4000)

Doit-on payer des taxes ?

Dès votre arrivée en Louisiane, vous serez pris en charge par les professionnels du CODOFIL lors de votre stage à Bâton-Rouge. Là, on vous parlera des taxes. Il y a un calendrier très précis relatif à cela en Louisiane, c’est donc quelque chose à ne pas rater et qui s’avère ne pas être une mince affaire du tout. Les deux premières années, vous serez exemptés de taxes (taxes de la Louisiane, taxes fédérale). Vous devrez cependant remplir ce monstre de paperasse qui y est relatif. Et pour cela, je vous conseille de faire appel à un ou une comptable sur place car franchement c’est difficile de démêler ça tout seul. Renseignez-vous autour de vous et choisissez quelqu’un qui sera au fait de votre situation (prof de français expatrié). Beaucoup d’entre nous font appels à des comptables (enfin un seul suffira soyons honnêtes), et il vous faudra prévoir une centaine de dollars pour leur service.

On retient : plus ou moins $100 de comptable si vous le souhaitez, exemptés de taxes américaines les deux premières années.

Et la retraite alors ?

Même schéma : tout vous sera expliqué en arrivant au stage de Bâton-Rouge. Deux axes.

D’un côté, vous allez avoir le choix de continuer à cotiser ou non en France. Pour ceux restant un court séjour (un à trois ans), je vous conseille de continuer à cotiser, sinon cela risque de vous embêter lorsque viendra le moment de vraiment arrêter votre activité. Pour les autres, ceux ayant prévu de passer votre vie ici, la question se pose, effectivement. J’ai rencontré quelques expatriés m’ayant expliqué qu’ils préféraient mettre d’eux-mêmes de l’argent de côté, car cela leur était plus rentable.

De l’autre côté, vous allez automatiquement cotiser pour une retraite ici aux Etats-Unis, que vous restiez ou non. Vous ne le verrez pas passer car le montant sera prélevé sur votre salaire, avant qu’il vous soit versé. Or, et c’est là que c’est sympathique, lorsque vous quitterez la Louisiane, vous demanderez un remboursement de cette somme (de droit), et six à sept mois plus tard les précieux gallons seront versés sur votre compte en banque. Pour un an, comptez à peu près $4000 de restitués.

On retient : cotisation en France : au choix ; cotisation aux Etats Unis : restitution quelques mois après votre départ du montant cotisé (environ $4000/an)

#22 – FAQ Parlons finances : Santé

A quoi correspondent la partie régime obligatoire & la partie mutuelle une fois aux Etats-Unis ?

Il est important de comprendre que, comme en France, vous allez devoir être assuré (logique). Mais chers amis, croyez-moi lorsque je vous dis que vous serez content de payer ces sommes qui vous paraitront élevées. Oui oui. Car si jamais comme moi ou comme certaines de mes connaissances, vous êtes ici confrontés à des frais de santé, ces quelques centaines d’euros à payer en assurance(s) vous sauveront des milliers restant à votre charge en cas de noyau (oui à ce stade là, ce ne sont plus des pépins). Et oui : Des. Milliers. J’y reviendrai. Je ne vais pas tout déballer comme ça voyons!

Donc pour faire simple, voilà comment cela PEUT se passer (« peut » car tout dépend des choix que vous ferez). Je suis loin, très loin (très très très loin) (très très très bon bref vous avez compris) d’être une experte en matière de santé mais j’ai au moins le mérite d’avoir fait les démarches. Ainsi, je vais vous expliquer comment j’ai procédé et si cela peut vous éclairer alors tant mieux !

  • Mon régime obligatoire est devenu la CFE c’est-à-dire la Caisse des Français à l’Etranger.
  • Pour la mutuelle, j’étais reliée à la MGEN en France, donc pour des raisons de facilité, je suis restée chez eux aux Etats Unis et j’ai basculé sur l’offre dite Magenta. C’est l’offre spécialement prévue pour les français à l’étranger, en gros c’est un peu du « sur mesure »

On retient : possibilité : régime obligatoire = CFE & Mutuelle = MGEN Magenta

Quel budget pour l’assurance santé une fois aux Etats-Unis ?

En termes de frais où nous situons nous ? Pour rappel, ce que je vais vous annoncer correspond à ma situation. Au moment des démarches, on est donc sur une femme de 29 ans (pas au sens littéral. Je vous ai vu venir.), vivant seule. Inutile de vous dire que si vous avez des enfants, les montants varieront.

  • CFE : à peu près 90€ par trimestre. Puis j’ai eu 30 ans, et je suis passée à approximativement 200€ par trimestre. Oui, j’ai du mal à m’assoir depuis décembre.
  • Offre MGEN Magenta : 140.21€ par mois, soit 1682.52€ par an cette année.

On retient : C’est cher.

HealthCase, qu’est-ce que c’est ?

Alors si j’ai une chose sur laquelle insister c’est : dès que vous pouvez (selon où vous en êtes dans vos démarches), connectez-vous sur le site d’HealthCase & faites le plus rapidement possible la demande de carte (la carte HealthCase) car vous allez la présenter en cas de soucis de santé et elle vous évitera d’avancer bien des frais. Pour illustrer mon propos, je vais vous raconter une anecdote personnelle.

Il y a quelques mois je suis allée en Jamaïque. C’était riche en émotions comme vous avez pu le lire mais j’ai volontairement passé un petit détail sous silence (c’est un blog, pas un journal intime non mais dites-donc.) : j’ai ramené un petit « virus Jamaïcain » dixit l’hôpital. Vous voyez où je vais en venir ? Le dit-virus m’a pourri la vie pendant plusieurs semaines (presque deux mois en réalité) et deux jours avant mon anniversaire, en me préparant pour aller à l’école, j’ai perdu connaissance dans la salle de bain (déshydratée au possible). Direction l’ambulance, direction l’hôpital. Nous arrivons enfin au cœur du sujet qui est : mais Marie, combien coûte un malaise aux Etats Unis ? Préparez vos yeux (moi, j’étais pas prête) :

  • $4000 pour 5 minutes d’ambulance
  • $9000 d’examens (en gros scanner, perfusions & prise de sang)
  • $4000 pour avoir respiré le même air qu’un médecin (lorsqu’il est venu me dire « RAS vous allez mieux »)
  • $12 000 je ne sais même pas pourquoi, c’est justement HealthCase qui m’a envoyé un mail pour me dire « nous avons reçu et réglé la facture de 12K ».

Ça fait mal hein ?

En guise d’exemple numéro 2, j’ai une autre amie qui a malheureusement eu l’appendicite l’année dernière et l’opération réalisé a fait l’objet d’une facture de… $80 000. Quatre. Vingt. Mille. Dollars.

Donc, si vous ne voulez pas recevoir des factures et paniquer à l’idée d’avancer les frais (qui vous seront/seraient remboursés later), par pitié faites faire la carte. Et Rapidos. Fissa. Mais pourquoi êtes-vous toujours entrain de lire cet article ? Allez, on ouvre une autre page. Bon, comme je suis sympa, je vous mets le lien ICI.

En présentant la carte, les facture iront directement chez eux, et non chez vous. Par contre on s’arme de patience car mon hospitalisation de 4heures a eu lieu en décembre & en ce jour de mai 2023, tout n’est toujours pas réglé. Mais bon, je n’ai rien eu à avancer, tout comme ma copine n’a rien eu à avancer pour son appendicite & au final, c’est entre leurs mains maintenant, c’est à dire que tout se passe entre les établissements de santé et HealthCase directement.

On retient : Faire ASAP la carte Healthcase qui permet de ne pas avancer certains frais (ex. appendicite = 80K, malaise vagal = 29K).  

Que se passe-t-il si je rentre en France et que j’ai des rendez-vous de santé ?

Des petits changements en perspective mais rien d’embêtant. Votre carte vitale sera « désactivée » ou en tout cas ne marchera pas même avec une mise à jour, donc si jamais vous avez des rendez-vous à honorer en France, l’idée sera de garder vos feuilles de soin & de les envoyer aux organismes concernés.

J’ai également eu l’opportunité de me faire livrer une « carte vitale internationale ». En gros là c’est la version qui marche !

On retient : Envoi des feuilles de soin, réception d’une carte vitale « internationale »

#21 – FAQ Parlons finances – Logement & téléphonie

Pour cette seconde partie de la FAQ, j’ai regroupé deux catégories ensemble. Vous retrouverez donc d’abord les questionnements au sujet du logement au sens large & ensuite les interrogations relatives à la téléphonie « Jeez! » (comme ils disent ici) ça me rappelle mes chapeaux introductifs de dissertations juridiques ! Et pour rester dans le local (ou « leauxcal » comme ils l’écrivent ici), LET’S GEAUX (bon vous l’aurez compris « o » = « eaux »)

Quel serait le tarif d’une location ?

Comme partout, tout dépendra de là où vous allez habiter. Je vais néanmoins essayer de faire la lumière sur cette interrogation principale (oui car le but c’est quand même d’avoir un toit sur la tête).

Si vous vous installez à la campagne, vous réussirez à trouver une maison pour environ 5 à 600 dollars par mois. Attention, je rappelle que dans la Louisiane profonde qui, de surcroit, est un endroit dit tropical, l’état des maisons peut s’avérer parfois critiquable. Donc, les locations de maisons neuves sont denrées rares. Trouver une maison correcte sera cependant possible. Niveau tarif, j’ai en tête l’exemple d’un couple qui habite dans une maison pour à peu près $600 mensuel, et d’un second qui vivait dans un appartement pour $500. Pour ma part j’étais en colocation (j’y reviendrai) et nous payions entre $500 et $600 par mois chacun (donc entre $1000 et $1200 par mois suivant l’électricité etc.), mais la maison était impeccable et venait d’être refaite à neuf (une chance me direz-vous, car effectivement ce n’est pas monnaie courante).

Si vous vous installez à la ville (côté Lafayette, mais j’imagine que NOLA ou Bâton-Rouge seront concernés de la même manière si ce n’est encore davantage), le tarif va immédiatement grimper mais vous aurez plus de chance de trouver un logement « propre » (bien qu’il y ait quand même de tout, ne nous voilons pas la face). Pour un condo (complexe d’appartements, avec souvent piscine et salle de sport dispo) comptez grand minimum $1000 le mois (variant d’un condo à un autre). Deux de mes amies vivaient dans un appartement quasi neuf et payaient $1700 à deux. Une autre loue actuellement une maison pour $1245 le mois (eau et électricité non comprises) et la dernière oscillait autour de $1675 en coloc avant de prendre un logement seule pour $1015 (pour un condo, de nouveau).

On retient : A la campagne : entre $500 et $600 minimum le mois mais veiller à l’état global. A la ville, plus cher : grand minimum $1000-$1200.

Une alternative : la colocation ? Est-ce plus intéressant financièrement ?

Je n’avais jamais eu l’occasion de vivre en colocation, et c’est vrai que cette idée trottait dans ma tête car c’est quelque chose qui m’aurait botté comme on dit. Mais voilà, difficile de trouver quelqu’un ok avec 4 chats, un malinois et deux chevaux (qui, je vous rassure, n’étaient pas dans le jardin). Le CODOFIL se présentant, je me suis dit que c’était l’occasion. J’ai donc envoyé un message au superintendant de ma paroisse (en gros un des boss de la circonscription) afin qu’il relaie l’info comme quoi si quelqu’un voulait faire une colocation, j’étais partante. J’ai donc habité en colocation pendant deux ans. Inutile de vous préciser que pour qu’une colocation marche il faut être plus ou moins câblé pareil ou, a minima trouver quelqu’un qui, comme vous, fera en sorte que le choses se passent bien. Mais nous ne sommes pas ici pour parler compatibilité d’humeur mais comptabilité tout court! Donc revenons-en à la question centrale qui est : le budget !

La colocation a l’avantage de diviser les frais par deux (ou plus, suivant le nombre de colocataires évidemment). Ainsi, en partant du principe que la vie n’est pas beaucoup plus chère ici, j’ai donc sorti par mois $500-$600 de loyer (selon les frais compris mais qui fluctuent, tels que l’eau, l’électricité ou le jardinier qui venait tondre la pelouse) ainsi que les courses une fois sur deux (on était assez réglo là-dessus) qui en moyenne tournaient autour de $100-$150 un plein, sans trop regarder. Je dirai que la colocation, lorsqu’elle se passe bien fait office de « tout bénef » car financièrement vous vous y retrouverez et, en plus, vous adopterez un quotidien solaire et rempli de très bons moments. (jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. #spoil). J’ai cependant, en plus de mon exemple, deux cas de deux amies ayant fait des colocations lesquelles se sont mal terminées. Autant vous dire que devoir retrouver un logement rapidos dans un autre pays, ce n’est pas chose aisée. Ce n’est pas infaisable bien sûr, mais c’est simplement moins facile de faire des démarches dans la précipitation lorsqu’on n’est pas dans notre pays.

On retient : comme en France, frais divisés par deux. Pour ma part $500/$600 de loyer + $100-$150 de courses une fois sur 2. Veiller à trouver quelqu’un de compatible avec votre quotidien.

Une autre alternative : louer sur du bnb ?

Absolument pas. J’en ai fait les frais ces deux derniers mois pour des raisons personnelles et un bnb à Lafayette vous coûtera minimum $3000 le mois. Petit tuyau : on ne va pas louer celui de Rayne (proche lafayette) qui est insalubre même si affiché à $600.

Sans parler du fait que, quoi qu’il en soit, il vous faudra une « vraie » adresse pour tout un tas de démarches.

On retient : Que c’est une idée de m****

Logement : quel budget pour l’eau, l’électricité, une potentielle box internet ?

Il est difficile pour moi de répondre à cette question car j’ai été deux ans en colocation dans une maison avec un loyer qui incluait justement l’eau et l’électricité. Donc je n’ai pas de réponse précise. Par contre en ce qui concerne les box internet à la maison, je sais que les abonnements peuvent être très cher. On me parlait, lorsque je suis arrivée il y a deux ans (déjà), d’à peu près $100 le mois. Je préfère m’arrêter là sur cette question de peur de dire des bêtises mais j’ai cependant posé la question à tout à l’heure à mes amies habitant à Lafayette et voilà ce qu’elles m’ont répondu par rapport à leur budget mensuel :

  • « $50 de forfait + internet sur le tel ; $50 de box à la maison, et $50 à $60 pour l’eau et l’électricité ».
  • « Moi je paye $58 pour l’internet avec une box achetée par mes soins car plus intéressant financièrement »

On retient : Que je remercie les copines d’avoir répondu; que c’est comme en Europe : prévoir un budget annexe lorsque ce n’est pas inclus.

USA VS France : Comment faire par rapport aux lignes de téléphone portable ?

Lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis, je me rappelle qu’une de mes principales interrogations était de savoir comment faire par rapport à mon téléphone portable. Garder ma ligne française ? Adhérer à un abonnement ? Pouvoir garder les deux ? Si cela peut vous éclairer, voilà ce que j’ai fait.

Je savais que j’allais rentrer en France plusieurs fois par an. A ce titre, je ne voulais pas être coincée une fois au bercail et pouvoir joindre comme bon me semblait amis et famille. J’ai donc conservé ma ligne téléphonique en France. Je suis chez Sosh (ch’ui pachée chez Choch) et ça représentait 20€ par mois. Mon conseil donc, si vous souhaitez garder votre ligne, serait peut-être de revoir à la baisse votre abonnement (ou en tout cas votre prélèvement mensuel si jamais il n’y a pas d’abonnement à proprement parler). Car au final, vous aurez simplement besoin d’être joignable, donc rien ne sert de bazarder 30 balles ou plus par mois. Ce n’est que mon avis mais effectivement si c’était à refaire, je garderai toujours ma ligne oui, mais je tâcherai de trouver une offre moins chère (histoire d’économiser un petit peu).

Mais il me fallait une ligne sur place en Amérique également. Je suis donc allée chez l’opérateur Cricket, j’ai acheté un téléphone (ok je me suis fait plaisir avec un Iphone. On a dit transparence ? Ok, un Iphone 11 à un peu plus de $500. C’était il y a deux ans pour rappel) & j’ai ouvert une ligne sans abonnement. Pour $50 par mois j’ai donc tout en illimité. Au final, j’ai effectivement deux téléphones dont un toujours en mode avion suivant le pays dans lequel je me trouve.

Cela étant ce n’est absolument pas la seule façon de faire.

  • Certains d’entre nous ont gardé le même téléphone et installé une application qui s’appelle « On/Off ». Elle permet, sur un même téléphone, de switcher d’un numéro à un autre. Un petit peu comme si vous mettiez un costume à votre téléphone : « hop je suis le téléphone français 06XXXXXX » et juste après « hop je deviens le téléphone américain répondant au numéro (337)XXXXX ». A priori ça marche assez bien, de ce que j’ai entendu.
  • D’autres ont souscrit à une offre via Bouygues du style « offre à l’étranger » et à première vue ça a tenu comme ça. Pourquoi je dis « ça a tenu ? » : parce que d’après ce que j’ai compris, l’offre n’est pas censée être valide à partir du moment où l’on reste plus de X mois dans le pays étranger. A vos risques et périls donc, même si ces personnes-là sont toutes passées au travers des mailles du filet.  Elles n’ont honnêtement pas eu de souci. Enfin, rien qui soit revenu à mes oreilles ni à celles de Tomy. Ou alors il me cache des choses et là on va avoir une Woofversation lui et moi.
  • Les derniers ont adhéré à un opérateur autre que Cricket comme AT&T par exemple qui dessert assez bien les zones.

On retient : ouverture de ligne américaine à 50$ tout inclus chez Cricket ; application On/Off qui permet de switcher d’un numéro à un autre sans ouvrir de nouvelle ligne ; téléphones portables moins chers à l’achat qu’en France.

#20 – FAQ Parlons finances – Voiture

Chers amis bien le bonjour ! Bienvenue dans ce petit hors série ! Tel un petit renard fureteur, je piste depuis quelques temps l’arrivée du nouveau cru de professeurs sélectionnés pour le CODOFIL vol. 2023/2024 (et sans doute davantage pour ceux souhaitant rester). Après les phases de dépôt de dossiers, de présélections et d’entretiens en vue des sélections finales (oh comme ça me rappelle des souvenirs), nous en sommes arrivés à la période des… affectations ! Et oui mes amis, il pleut des affectations à coup de mails par-ci par-là ! Les choses se concrétisent vraiment, ça y est ! A ce titre, je souhaite donc une merveilleuse installation à tout le monde avec une pensée particulière à Christelle qui reprendra mon poste à Mamou High School à compter de la rentrée d’août 2023 (eh oui, rappelez-vous : le début ici, c’est en août)

Mais l’installation, et a fortiori dans un autre pays, c’est aussi une multitude de questions : financières, d’ordre pratique, en termes de logement, en termes de voitures, en termes de vêtement à prendre ou non selon le climat etc. Ne vous en faites pas, tout va se décanter ! Ces derniers temps j’ai donc reçu un certain nombre de questions allant plus ou moins dans le même sens (les mêmes que j’ai pu me poser à l’époque de toute évidence). J’ai donc essayé de les regrouper au sein d’une FAQ laquelle sera en plusieurs parties (articles) pour plus de clarté. Je vais tâcher d’être la plus transparente possible car travailler pour la gloire c’est sympa mais pas ad vita aeternam, on va être honnête. Donc be ready, car à partir de maintenant ça va parler sousous, blé, fric, pesos, argent, monnaie, moula et pépettes!

Attention cependant, loin de moi l’idée d’arriver et de fournir un savoir absolu. Parfois (comme lorsque j’estime des montants) le contenu de ces articles sera propre à mon ressenti et à mon expérience. 

Ready pour la dernière ligne droite avant l’arrivée sur le sol américain ? On enfile ses lunettes ou ses lentilles pour les plus braves, on choppe un stylo et un carnet, on fait des screenshot et on apporte son chéquier car.. ça va raquer ! Non je plaisante, en vrai ça va aller vous verrez ! Allez c’est parti !

Mon permis français est-il valide en Louisiane ?

Oui, vous pourrez vous en servir mais seulement pendant trois mois. Certains ont également fait faire un permis international mais sachez qu’au final vous allez devoir passer votre permis américain.  

Alors comment ça se passe ? Il vous faudra tout d’abord vous rendre au DMV qui est le département des véhicules motorisés. En gros toute paperasse ou toute démarche relative aux voitures se fait ici. Autant vous dire que vous allez y passer quelques fois et que vous allez vite vous rappeler ce qu’est ce fameux DMV. Généralement il vous faudra un rdv (tapez « appointment dmv louisiana » et vous vous en sortirez rapidement). Bref voilà concrètement le déroulement :

  • Les J1 et seulement eux, seront exonérés de leçons de code et de leçon de conduite grâce à un papier que le CODOFIL vous fournira.
  • Vous allez donc directement passer le code au DMV. Franchement, renseignez-vous avant car les questions sont de l’ordre de « je sais » ou « je ne sais pas ». C’est bête et méchant. De mémoire vous aurez trois tentatives possibles le même jour mais maximum 2 fois par semaine. Vous aurez aussi le droit d’avoir un traducteur avec vous, quelqu’un de votre choix. Et franchement entre vous et moi, personne ne surveillera ce que vous vous dites…
  • Ensuite, vous pourrez passer l’examen de conduite (sans avoir pris de leçon).
  • Enfin, vous recevrez votre petite carte (votre permis quoi)

En tout et pour tout, vous n’aurez pas à débourser énormément. Je crois que le total était à moins de 80$. Ou aux alentours.

Par ailleurs, je vous conseille de télécharger l’application Louisiana Wallet dans laquelle vont se retrouver vos papiers : permis, vaccins pour ceux vaccinés aux USA etc.

On retient : Permis français valide 3 mois ; permis américain à passer ( code + conduite mais exonéré des leçons) ; -100$ le tout ; télécharger l’application Louisiana Wallet.

Est-il nécessaire d’acheter une voiture en Louisiane ?

Vaste débat qu’est la voiture.  Si vous habitez à NOLA même, il y a moyen de faire sans (coucou Julie). Par contre dites-vous bien une chose : vous ne trouverez pas de train pour vous balader dans la Louisiane, le blabla-car n’est franchement pas encore vraiment arrivé jusque-là et les bus restent une option mais sous réserve que le trajet désiré existe et que les horaires vous correspondent (coucou Julie qui était arrivée en avance et dont le bus était déjà parti). Donc mon conseil serait d’acheter une voiture oui. Surtout si vous souhaitez visiter les Etats voisins ou même vous rendre à certains évènements au sein même de la Louisiane.

On retient : Oui si pas dans une grande ville et/ou si vous voulez bouger intra Louisiane ou au-delà.

Quel budget prévoir pour l’achat d’une voiture ?

Vous vous apercevrez vite qu’en Louisiane on vend de tout et du n’importe quoi. Pour ma part j’ai eu de la chance et « Fusionnette » (une Ford Fusion quoi) m’a toujours emmenée à bon port sans problème, sans autre dépenses que l’entretien normal d’une voiture. Donc on prend le temps de regarder, on demande les factures, et si on peut on se fait accompagner par quelqu’un qui s’y connait car vous tomberez potentiellement sur des annonces qui cachent des loups. Et attention ce n’est pas comme en France, les possibilités de vous retourner seront sacrément minces pour ne pas dire anorexiques. Donc on anticipe et on évite les mauvais plans qui ont l’air faussement attractifs.

Petit point vocabulaire qui va sans doute vous aider car vous serez confrontés à ces termes! Ici, les voitures ont ce que l’on appelle « un titre » (title). C’est en gros l’historique de la voiture peu importe les mains entre lesquelles elle passe (une sorte de carte grise). Si la voiture n’a jamais eu de problème elle aura un « clean title ». Si la voiture a eu un accident (tout petit ou plus gros), il se peut que le titre soit cassé, c’est-à-dire qu’elle ait un « broken title ». Et il est possible de réhabiliter la voiture donc de lui redonner un titre sous le nom de « rebuilt title ». Retenez donc ces termes car vous allez souvent les croiser et ils vont vous permettre de vous faire une idée sur le type de voiture que vous avez en face de vous.

A mon sens, pour ne pas avoir d’ennui, le grand minimum est un investissement de 5000$. Vous trouverez sans doute moins, et vous trouverez sans doute plus. Mais globalement mon expérience me fait dire que si vous voulez être tranquille, n’allez pas acheter la première opportunité qui parait géniale car « pas chère ».

On retient : les différents titres existants, se faire accompagner par quelqu’un, min 5000$

Quel est le tarif moyen de l’assurance voiture ?

Ce paragraphe n’engage que moi et n’est que le fruit de mon expérience. En discutant avec d’autres french teachers, il existait apparemment moins cher que ce que j’ai payé. (Cela restera le mystère de ma vie). Rapprochez-vous donc d’un maximum d’expatriés pour leur demander leur avis et le tarif qu’ils ont trouvé, histoire que vous trouviez la meilleure offre.

Globalement, les assurances voitures sont bien plus chère qu’en France. Oubliez le tout risque à moins de 100€. J’ai assuré Fusionnette chez Progressive & en étant assurée au tiers je payais 250$ par mois. Oui vous avez bien lu. Cela étant, ils m’ont demandé mon permis américain et les interlocuteurs que j’ai eu ont complètement ignoré mon permis français. Pour eux j’étais donc toute jeune conductrice.

On retient : coût plus élevé qu’en France, six mois payés d’un coup moins chers que des prélèvements mensuels, faire jouer la concurrence, se renseigner auprès des autres expat’

Prix de l’entretien d’une voiture ?

J’ai envie de vous dire, je ne suis absolument pas une pointure en mécanique. J’ai cependant entretenu ma voiture normalement (pneus, transmission etc) et cela ne m’a pas paru excessif. Tarifs visiblement sensibles à la France. (exemple : les deux pneus avant m’ont coûté 170$)

On retient : que je ne suis pas mécanicienne.

Quid du prix de l’essence ?

Sans surprise, vous allez faire des économies de ce point de vue-là. Je fais à peu près 500 miles (c’est-à-dire globalement 800km) pour une moyenne de $40 (45 maximum, selon si la station dans laquelle je vais est davantage un vautour).

On retient : Moins cher, entre 40 et 45$ le plein pour une berline.  

#19 Saison 2 – Jamaïca, Jamaïca

Balance man, cadence man, trace la glace c’est le bob man, cool rastaaa ! Je suis sûre qu’une immense majorité pour ne pas dire « tout le monde » aura la référence ! Ne vous étonnez donc pas si je finis une bonne partie de mes phrases par « Oui, man ! » ; « Non, man » ou « yeah man » ! On prend vite l’habitude ! On prend l’habitude de voir la vie en vert, jaune et noir ; on prend l’habitude de voir les rastamen avec leurs immenses bonnets à la Marge Simpson à peine posés sur la tête et on prend même l’habitude que le voyage soit ponctué de ce que je vais appeler « les petites catastrophes ». Oh et croyez-moi, il y en a eu, oui man ! Alors on relève ses cheveux, on les met dans un bonnet aux couleurs de la Jamaïca, on s’installe dans son fauteuil, on met en route un CD de Bob Marley et on se détend man, c’est parti pour le récit de cette virée insulaire dont je risque de me rappeler longtemps (vous allez vite comprendre pourquoi!)

Après quatre mois assez rudes (ne revenons pas sur la teneur professionnelle de ces quatre mois, je risquerais de sentir les débuts d’un syndrome de stress post-traumatique), nous avons enfin atteint le St Graal, j’ai nommé : les vacances de Thanksgiving, ou pour les bilingues : Thanksgiving break. Pour les expatriés que nous sommes, « day off » = possibilité de partir. Après avoir parlé avec mes copines de Lafayette j’ai nommé Coco, Marion et Elisa, la décision fut prise, direction : JAMAICA !!! L’idée était de faire le tour de l’île, ce que nous avons fait. Mais… Mais vous verrez ! On s’accroche car commencent nos petites catastrophes. Oui, déjà. Oui oui, nous ne sommes pas parties qu’il y a déjà un testicule dans la terrine. Au moment de nous enregistrer sur le vol, c’est-à-dire 48heures avant, le passeport de l’une d’entre nous ne passait pas. La raison ? Il faut, pour REVENIR aux Etats-Unis, un passeport ayant une date d’expiration supérieure à six mois. Or, entre la date de départ pour la Jamaïque et celle du retour aux Etats-Unis donc, nous nous rapprochions dangereusement de ces six mois ! Panique à bord. Comment partir ? Comment revenir ? Comment régler le problème ? Quid du séjour prévu en France à Noël ? Bref la panique. Nous avons fini par appeler la compagnie Spirit et l’interlocuteur a enregistré manuellement le passeport. Ouf. Mais ne soyez pas une oie blanche naïve venant de sortir de l’œuf, ce n’est que le début et je vous assure que je ne voyagerai jamais plus avec cette compagnie. J’entends bien que certains n’ont jamais eu de problème mais j’y reviendrai… Bref, une grosse frayeur résumée en deux lignes mais sur le moment intense je vous prie de me croire ! C’est donc le cœur soulagé mais encore un peu stressé que nous commencions cette journée de 48 heures sans dormir. Couchées à minuit (pour ma part), levées à 1h du matin (oui autant ne pas dormir mais non, j’ai besoin d’avoir fermé les yeux ne serait-ce qu’un peu) nous avons pris la route direction la Nouvelle Orléans pour notre vol de 6h (trois heures de route et deux heures d’enregistrement). Une fois sur place, nous avons constaté que notre vol avait une heure de retard et c’est avec surprise que nous avons retrouvé deux amis du CODOFIL. Nous avions le même premier vol et nous étions sensés nous séparer en Floride, eux se rendant au Guatemala et nous, à Kingston. Cependant, nous ne les avons pas croisés dans un aéroport aux départs fluides, le cœur léger et aux commandes d’un petit déjeuner en attendant le vol. Nooon chers lecteurs, ce serait bien trop facile. Nous les avons retrouvés dans une immense file d’attente pour les guichets Spirit car… notre vol était finalement annulé. Un immense CANCELLED affiché sur les écrans géants ne traduisant rien qui vaille. Direction le fond de la ligne pour comprendre comment nous allions nous dépêtrer de cette nouvelle petite catastrophe (devenant une moyenne catastrophe à l’échelle du voyage. Pas d’avion = pas de voyage. CQFD). Après une éternité dans la file, l’hôtesse de Spirit nous harangua d’aller enregistrer nos bagages. Alors comme vous, nous l’avons regardée d’un air de dire « euh. ». Oui, d’un air de dire « euh ». Car il me parait évident que lorsqu’un avion est annulé il reste au sol. Et s’il reste au sol, nul besoin d’y mettre nos valises, non ? Je ne sais toujours pas si nous avons discuté avec l’hôtesse de Spirit ou seulement avec son air hautain. Je ne savais que faire de tout ce dédain qui émanait d’elle. De son air le plus méprisant donc, elle nous dit « il n’est pas annulé ». Comme si nous étions des pauvres cruches qui ne comprenaient pas. Effectivement, où avions-nous la tête ? Un avion marqué « annulé » sur les écrans géants ne l’est de toute évidence pas enfin, ca tombe sous le sens non ? Elle a justifié cela d’un « beug informatique » et nous avons reçu le quasi-ordre d’aller enregistrer nos bagages et de… re faire la ligne. Chose que nous n’avons évidemment pas fait. De retour au guichet de Mme Gentillesse, croyez-moi si vous voulez, nous n’avons jamais eu de réponse directe de sa part quant au nouvel horaire de notre vol. Inutile donc de vous préciser que nous avions encore moins de chances de savoir si nous aurions tous nos correspondances. Je n’ai jamais vu ça. Je me sentais comme un Monsieur Patate à qui on enlevait les membres : les bras m’en tombaient face à tant de « pas de race ». Une fois dans la salle d’embarquement, ô surprise, le retard initial remplacé par l’annulation finalement pas d’actualité, fut doublé d’un sur-retard. Bref, de moins en moins à l’heure et de moins en moins informés. Nous avons fini par embarquer, direction Fort Lauderdale. Cela étant, ce n’était que le tout début des aventures de la Team de la Loose. Car une fois l’avion dans sa phase d’atterrissage en Floride, les hôtesses nous ont gratifié d’un « tout le monde a des correspondances dans cet avion, donc en arrivant, courrez. ». La roulette russe de l’aviation : cours ma grande et tu verras par toi-même si tu attrapes ta correspondance. Et c’est ce que nous fîmes. Un sprint monstrueux arracheur de souffle au travers de tout l’aéroport plus tard, je vis Marion (qui nous avait doublé depuis plusieurs mètres) ralentir subitement. Traduction ? Pas de vol. Traduction ? Pas de correspondance. Traduction ? Ok on est dans la m…

Alors tous les 6 (nous quatre et nos deux amis initialement en direction pour le Guatemala) nous sommes dirigés vers nos vieux amis j’ai nommé : le comptoir de Spirit Airlines. A notre immense surprise (bien que de moins en moins malheureusement), une nouvelle information vint s’ajouter à notre capital de la loose déjà bien entamé : « Ah nous sommes désolés. Le prochain vol n’est que demain et nous n’avons qu’une seule place dispo sur le vol. Pour vous messieurs en direction du Guatemala, le prochain vol n’est que jeudi ». Ah, pratique ça, quand on sait qu’on a qu’une semaine c’est-à-dire seulement jusqu’à dimanche pour voyager. Finalement, ne me demandez pas par quelle magie, nous étions enregistrés chacun sur un nouveau vol le lendemain. C’est parti pour le prochain guichet afin de récupérer les voucher (les bons pour dormir et manger aux frais de la compagnie). La Jamaïque nous parait vraiment loin. Et puisqu’une goutte de pluie ne tombe jamais seule, le voucher fut interminable à avoir, il nous fallut autant de temps pour localiser nos valises, le double pour les récupérer et encore le double pour attraper la navette jusqu’à l’hôtel. Nous avons littéralement attendu plus de 2heures cette fichue navette. Une fois arrivés à l’hôtel, fin du calvaire. Fin du calvaire vous dites ? Ha. Ha. Ha. Que nenni. Le réceptionniste de l’hôtel nous fait savoir que notre voucher ne va pas, et qu’il nous en faut deux car ils n’ont qu’un lit par chambre et que pour notre groupe de filles, nous sommes quatre. Nous avons littéralement passé l’après-midi à appeler la compagnie pour rajouter un voucher, histoire qu’on ne dorme pas au sol. Et lorsque je dis l’après-midi, je n’exagère pas. Nous avons littéralement eu treize personnes différentes au téléphone (par tranche de minimum 30 minutes d’attente pour avoir quelqu’un au bout du fil), chacune s’excusant au nom de Spirit et chacune nous assurant qu’un mail contenant le nouveau bon en pièce-jointe serait envoyé dans la foulée. Nous. N’avons. Jamais. Reçu. Aucun. Des. Bons. La faim se faisant sentir nous avons utilisé le misérable voucher « repas » (autant vous dire que vous ne faites que difficilement un repas avec $6 dollars) qui de toute évidence ne sera pas suffisant car la restauration de l’hôtel nous proposa 4 burgers pour 100$ (je vous les ai mis en photo car visiblement ils étaient en or). Im-pec-ca-ble. Finalement épuisées et au bout de notre patience, nous avons décidé de dormir à trois dans un lit et la quatrième sur le canapé. Ce fut également une épreuve d’avoir deux serviettes en plus qui nous furent livrées peut-être 50 minutes après les avoir demandées. Heureusement que personne n’était en train d’accoucher ! Allez, c’est l’aventure, on en rira ! Et on en a ri ! Il y a plus grave qu’être coincé(e) avec ses copines en Floride. Alors nous en avons profité pour nous balader à Fort Lauderdale. C’est franchement très sympa, ambiance supra-balnéaire, cocotiers illuminés pour Noël et bars !

Jour numéro deux dans notre voyage, et tout va beaucoup .. ah non c’est pire. Nous arrivons à l’aéroport et enregistrons nos bagages quand soudain le papier à la fois le plus inattendu et le plus stressant sortit de la machine. Quelque chose comme : « Il y a du changement. Votre terminal a changé ou alors l’aéroport a changé. ». C’est donc une blague. Une caméra cachée visiblement. Merci Spirit pour cette gestion hors pair. Et merci à vos RH. Je suis persuadée que plus vous êtes odieux plus vous avez de chance de vous faire embaucher par spirit. Vous êtes le Grinch ? Embauché ! Vous êtes le Père Fouettard ? Embauché ! Vous êtes Belzébuth en recherche d’une activité pour arrondir vos fins de mois démoniaques ? Embauché ! Ne vous avisez pas de sourire car vous serez licencié pour faute grave. Vous êtes prévenus. Cette vaste blague durait donc depuis 24 heures alors qu’initialement, il s’agissait d’un voyage qui devait comprendre seulement 3h de vol et 2h de correspondance. Bref, ce papier énigmatique tout droit sorti de Jumanji en main, nous consultons l’application et constatons que le vol avait disparu de l’écran. Rassurant. Calmant. Merveilleux. Nous avons donc trouvé un des Jafar de Spirit pour lui expliquer la situation ce à quoi il répondit de manière quasi-protectrice à notre égard. Enfin… en apparence. Je vous laisse juger par vous-même : « Ah oui je comprends bien que ce soit compliqué… Ecoutez je vais m’occuper de vous en format VIP comme ça vous ne manquerez de rien. Ce package VIP vous coûtera 50$ par personne. » L.A.B.L.A.G.U.E. Nous perdons officiellement patience ainsi que le réservoir d’urgence de la patience quand l’employé de Spirit tourna littéralement les talons alors que Marion était en face de lui entrain de lui parler. Nous avons demandé à voir le manager, ce à quoi l’armée d’elfes de l’enfer de Spirit nous a répondu « n’importe quelle personne derrière l’ordinateur est un manager ». Mais bien sûr voyons. Après la troisième guerre mondiale, nous avons fini par nous enregistrer, direction … la Jamaïque ! Un grand merci à mes copines de m’avoir à chaque fois laissé la place près du hublot. Je ne suis pas fan des petits avions. Ça bouge trop. Et puis à côté du hublot on peut surveiller ce qu’il se passe. Ce qui est très paradoxal car j’adore l’univers de l’aviation et je passe une petite partie de mon temps libre à suivre des comptes de pilotes, à lire des petits articles sur les fonctionnements aéronautiques etc.

Après un peu moins de deux heures de vol nous arrivons et… nos histoires reprennent. Impossible de récupérer la voiture de location à moins de prendre leur assurance coûtant la moitié du prix total. Il fallait retrouver notre contrat de carte bleue afin de prouver que nous étions assurées dans le cadre d’une location de voiture. Je vous la fait simple, sur à peu près 6 cartes bleues (4 cartes françaises dont une ou deux Gold, 4 cartes de débit américaines et une ou deux cartes de crédit américaines), aucune n’allait. Nous étions dans l’obligation de fournir un papier, je cite « justifiant que nous étions assurées en Jamaïque ». Noir sur blanc. L’une d’entre nous avait un justificatif énonçant une assurance « dans le monde entier » et ça n’allait pas. De ce que j’ai compris, la Jamaïque, l’Islande je crois et je ne sais plus quel troisième pays faisaient partie d’un groupement de l’enfer qui demandait davantage de documents. Ok, j’ai pas mémorisé grand-chose. Nous avons fini par annuler notre réservation au profit du loueur d’en face qui venait d’être mis au courant de la situation et… qui a fini par nous demander exactement la même chose (alors qu’il avait assuré que ce ne serait pas le cas). Autant vous dire qu’après tous ces évènements depuis +48h, nous avons capitulé et pris leur assurance. Et là, commença notre périple… sur la voie de gauche de la route, le volant à droite. Je vous avoue qu’il faut un peu de temps pour intégrer que le clignotant se trouve de l’autre côté et pour inverser toute commande dans sa tête, mais globalement, ça allait. En même temps j’ai envie de vous dire, au bout d’un moment vous en avez marre d’actionner les essuie-glaces pour tourner à gauche. Nous voilà donc parties pour mourir. Oui oui, pour mourir. Je pense que le calme légendaire des Jamaïcains trouve son exact opposé dans leur gestion de la route. Au volant les Jamaïcains, ils n’ont pas l’time! No man. Imaginez un instant cette vision : route dans un état dont je vous passe les détails, vous à gauche, les gens vous dévisageant presque au ralenti lorsqu’ils vous doublent, et votre cœur manquant de s’arrêter car justement, vous vous faîtes littéralement doubler n’importe où et spécialement, lorsqu’il n’y a ni le temps ni la place. Et tout le monde trouve ça normal. Les gens finissent deux roues sur le bas-côté toutes les trente secondes et rien de plus sensé visiblement. Vous l’aurez compris, le repos du soir fut bien mérité !! Enfin le repos sera bien mérité lorsque nous aurons passé sans problème les barrages de militaires armés jusqu’aux dents à peu près à chaque sortie de ville/village.

Leur présence est, en un sens, rassurante mais traduit en même temps un climat social peut être un peu tendu. Pour ma part, je ne me suis pas sentie à 100% en sécurité en Jamaïque, surtout dans la mesure où nous étions des femmes, seules, et blanches. Il ne nous est rien arrivé en soi et heureusement mais en plus du feeling, nous nous sommes par exemple vivement fait déconseiller certains endroits (j’y reviendrai). Je sais que les copines n’ont pas forcément eu le même ressenti mais pour ma part en tout cas, malgré les endroits magnifiques que je vais vous présenter plus loin, j’ai eu un peu de mal psychologiquement à me faire à cette ambiance dans le sens où je sentais que je n’étais pas en confiance. Mais bon, les goûts et les ressentis vous savez ! Je préfère retenir le positif malgré le fait que je veuille être honnête dans mes articles. Attention, je ne dis pas que « c’est » comme ça, je parle de mon ressenti, de mon expérience qui n’engage que moi. Peut-être ce ressenti aurait été bien atténué en partant en tour organisé ou avec un guide par exemple. Et pourtant je suis habituée aux virées sac à dos !

Refermons cette parenthèse sur ma vision de l’île du point de vue sécurité et ouvrons le chapitre suivant ! La suite de notre voyage nous amena donc dans des endroits inoubliables : des plages paradisiaques comme la plage Négril, une sorte de cénote que l’on appelle le Blue Hole et même la rencontre d’animaux à l’état sauvage : raie & étoile de mer. Ah non, attendez, j’ai oublié les méduses ! Quelle joie de s’asseoir sur une corde dans cette eau turquoise, de discuter avec les copines et de se rendre vite compte que j’ai posé mes fesses sur la seule méduse de tout l’océan qui a décidé de faire une halte sur cette même corde ! Cela étant, Elisa m’a accompagnée dans la douleur car elle aussi s’est faite piquer au niveau des côtes. Je vous garantis que ça fait mal et le bar, ayant pitié de nous, nous a même donné un verre de rhum pur pour nous en mettre sur la peau. C’est d’ailleurs sur cette plage que nous avons rencontré… Bob le Baker !! Un baker en anglais, c’est un pâtissier. Sauf que les pâtissiers en Jamaïque utilisent des petits suppléments que nous n’avons pas en France. Ou illégalement (car ne nous mentons pas, la weed, il y en a aussi en France). Nous voilà donc en compagnie du rasta Bob et de son tablier, comme s’il sortait d’une journée de travail normale. Mais la Jamaïque ne tire pas sa réputation de nulle part et je ne me suis jamais autant fait proposer de la marijuana que depuis que je suis arrivée sur le sol Jamaïcain !

Nous sommes également allées visiter les chutes de Dunn, et j’ai adoré ! Pour une fois c’est assez touristique car autant vous dire que pour le reste du voyage des gens qui se baladent avec une voiture et quatre sacs à dos je n’en ai pas vu des masses. Pour les chutes de Dunn en gros, il s’agit d’une cascade à escalader et étonnamment les cailloux ne glissent pas ! Par contre laissez votre téléphone au casier ou directement dans la voiture (puisque toute sortie est définitive, les petits malins) car vous allez finir vraiment mouillé(e.s) ! De superbes souvenirs ! L’espèce de cénote dont je vous parlais en début de paragraphe s’appelle le Blue Hole. Et pour le coup c’est une petite randonnée dans la jungle avec des petites piscines naturelles sous forme de cascade dans lesquelles vous pouvez vous jeter (grâce à une corde ou à une avancée qui surplombe le tout). Par contre armez vous de patience car c’est assez mal indiqué et l’accès a été quelque peu.. éprouvant. (difficile de faire confiance à un homme qui se jette sur votre fenêtre demandant à monter en voiture avec vous pour vous amener au lieu que vous cherchez).

D’ailleurs, si comme nous vous n’avez pas de connexion internet vous allez devoir vous mettre à la chasse des endroits ayant une connexion Wi-fi car sinon vous n’aurez pas de GPS. Une fois que les cartes ont chargé grâce à la connexion, peu importe que vous la perdiez ou non, votre flèche continuera d’avancer. Par contre ne vous avisez pas de vous tromper de chemin car là, plus rien ne chargera et vous serez livrés à vous-même *rire diabolique* .

La vie locale est d’ailleurs particulièrement marquante (au-delà des stands de ganja bien évidemment). Vous pouvez vous arrêter un peu partout acheter pour trois-fois rien une noix-de-coco qu’un Jamaïcain ouvrira à la machette devant vous afin d’y planter une paille et de déguster le célèbre lait de coco. Vous aurez aussi peut-être la chance (ou pas) de rencontrer scolopendres et autres animaux emblématiques. On aurait préféré un colibri dans la douche. Pourquoi c’est jamais un colibri dans la douche et un perroquet sous la cuvette des chiottes ? Mais l’Univers (ou appelez ca comme vous voulez) s’est vraiment foutu de la gueule de ces animaux : *voix grave et solennelle* « Vous serez.. un insecte. Quelque chose de petit, de moche qui aime le noir, qui se déplace de façon louche. Et lorsque vous voudrez rentrer vous abriter, vous vous abriterez sous une cuvette de chiotte ou dans le pli d’un rideau de douche! Voilà un animal parfait pour peupler la Terre ! Jean-Michel, ajoute ça à la nomenclature de la Terre ! » Ouvrez donc grand vos yeux mes amis et contemplez notre self-control. Mike Horn n’a qu’à bien se tenir !

La suite de notre voyage s’est déroulée sereinement, au rythme des routes qui n’étaient pas les bonnes, des fou-rires entre copines et des réajustements d’itinéraire. Nous bouclions notre tour de l’île (nous étions parties de Kingston à l’est, en direction de l’Ouest le long de la côte jusqu’à faire le tour complet) en ayant pris soin d’écouter diplomatie.gouv ainsi que les locaux et les témoignages de voyageurs afin d’éviter tout trouble inutile. J’y faisais référence en début d’article mais nous avons littéralement skippé Spanish Town par exemple. Cependant nous avons dû, par souci de temps, faire l’impasse sur certaines activités comme monter à cheval dans l’océan, faire du radeau sur des bambous (activité typique de la Jamaïque) ou encore faire du bobsleigh. Bon je ne pense pas que cette dernière activité fut réellement envisagée un jour mais ça m’aurait beaucoup trop fait rire de voir un énorme Bob dans une jungle. Le seul que nous avons vu c’est le baker !  Cela étant je crois qu’un parc d’aventure a repris l’idée et qu’il est possible de faire une espèce de parcours entre les arbres à bord du même bobsleigh que dans le film !

Après un superbe dîner de Thanksgiving entre copines et une participation au karaoké, la dernière étape de notre voyage nous ramena sur Kingston et ses alentours. Nous avons passé l’avant-dernière journée au musée de Bob Marley et j’insiste lorsque je vous dis que c’est à faire. Déjà car les smoothies sont délicieux & ensuite car le musée est littéralement la maison de Bob Marley. Peut-être que ça me parlait beaucoup dans la mesure où j’ai écouté pas mal de reggae. Le guide était un chanteur international de reggae et nous faire chanter « everything gonna be alright » dans le salon de Bob Marley avait quelque chose de vraiment marquant. Il est interdit de filmer ou de prendre des photos une fois le pas de la porte passée et les guides ont même des pass à scanner pour pouvoir ouvrir la porte d’entrée. Cette maison a une âme et je me sentais chanceuse d’avoir pu voir Stephen Marley (son fils) en concert il y a quelques années. Nous avons vu des photos inédites, quasi-personnelles, nous avons pu effleurer ses propres percussions, nous tenir debout dans le studio d’enregistrement (qui était une pièce au rez-de-chaussée en réalité) et voir de nos yeux les impacts de balles dans la cuisine extérieure, lorsqu’en 1981 Bob fut victime d’une tentative d’assassinat. J’ai d’ailleurs appris une histoire à ce sujet. Il avait parlé à quelqu’un quelques jours avant cette attaque lequel lui avait dit qu’un danger aller arriver et qu’il « ne fallait pas qu’il tourne le dos ». Quelques jours plus tard, lorsqu’il fut en face de cette arme pointée vers lui, il s’est rappelé de ces paroles et a instinctivement fait un geste sur le côté, lui permettant d’éviter la balle (avant que la seconde ne vienne se loger dans son bras). Qui sait s’il s’en serait tiré, s’il avait tourné le dos pour s’enfuir. Pour ceux qui pourraient se poser la question, Bob Marley (Nesta de son prénom) est mort d’un cancer généralisé. Il fit un malaise peu avant un concert et eut les résultats des examen le jour de son concert : cinq métastases de son cancer de la peau (trois au cerveau, une au poumon et une a l’estomac). Les choristes et musiciens qui l’accompagnaient racontaient dans une vidéo que ce furent les balances les plus longues qu’ils aient fait pour la préparation de ce concert. Ils pensaient tous sans le dire que cette quête de la perfection était démesurée. Lorsqu’ils apprirent après le concert, que ce qu’ils venaient de vivre étaient en réalité le dernier concert de Bob Marley car ce dernier allait mourir, ils comprirent. J’ai aussi appris que c’était un homme assez petit en taille : 1m70 de mémoire (alors que je pensais qu’il était vraiment immense) & je me dis qu’il avait quand même du cran, car a l’époque le climat social était à son maximum en termes de tension et sa maison se trouvait littéralement au cœur d’un quartier où les rastas étaient absolument rejetés avec une violence inouïe. Il faisait, à ce titre, exprès de chanter de plus en plus fort dans son jardin.

Nous avons parlé aux employés locaux de notre volonté d’aller visiter Kingston dans l’après midi et ils ont été catégoriques. « Où voulez-vous aller ? » « Downtown Kingston ? Tu veux faire quoi là bas ? » « Ecoute, vous n’avez rien à faire là-bas, si vous y allez il va forcément vous arriver quelque chose. » Après tout, une balade dans le parc de NewKingston (pas le downtown donc) c’est tout aussi bien !

Au programme de notre dernière journée, une randonnée dans les Blue Montains (elles tirent leur nom de la brume qui leur donne cet aspect bleuté). Or tout ne s’est pas exactement passé comme prévu. Nous nous étions renseignées en amont bien évidemment mais après discussion avec les locaux, la randonnée qui devait faire aller retour 4h à 5h, s’est transformée en une randonnée de 5h30… aller (donc un peu moins pour le retour car en descente). Autant vus dire pas du tout le même game). Pour ma part je n’étais pas du tout équipée (basket plates Nike, short de ville et même pas de petit sac à dos) et cette perspective + le fait que j’ai une fragilité du genou qui peut subitement devenir une vraie douleur à en pleurer en randonnée (merci les 14 heures de randonnée à la Réunion il y a quelques années et qui m’ont flingué le genou) ont eu raison de ma motivation. Les filles s’y sont rendues et je suis restée au bnb.. MALADE comme un chien. Ahhh… il y avait longtemps qu’il ne nous était pas arrivé de petites catastrophes. Parties à 7h du matin, les filles m’ont dit que je pouvais m’inquiéter, en voyant très large, à partir de 20h (puisqu’encore une fois, nos téléphones américains ne marchent pas ici). Le propriétaire du bnb m’indiqua un restaurant pas loin si j’avais faim mais je n’en ai pas vu la couleur car aussitôt sortie dans la rue j’ai craint pour ma peau. A titre d’exemple, une voiture m’a dépassée dans l’autre sens et s’est immédiatement arrêtée un peu plus loin derrière moi avec les feux de reculs. Lorsque je suis arrivée (muy rapido) sur la grand-rue il en était de même. Je suis sortie 4 minutes, et j’ai regardé par-dessus mon épaule du début à la fin. Hop, décision prise : retour à la casa ! J’ai discuté avec la première fille que j’ai vue afin de ne pas avoir à passer seule à côté de la dite-voiture et tant pis pour la nourriture. Après tout je n’ai pas faim, je suis malade. Et puis qu’est-ce que c’est qu’un repas ? A quoi sert d’avoir le ventre rempli si c’est pour finir dans le coffre d’une voiture ? Bon.

16H30. Pas de nouvelle des filles. 17h30. Pas de nouvelle des filles. 18h30 pas de nouvelle des filles. On a dit 20h mais il est 19h et je commence à m’inquiéter. J’ai littéralement mis 2h à regarder l’épisode 3 de Wednesday sur Netflix : je n’étais pas capable de me concentrer plus de 20 minutes d’affilée, ne faisant que partir dans mes pensées, me demandant où elles sont puisqu’il fait déjà nuit noire depuis une heure. 19h30 toujours rien. J’appelle le propriétaire qui leur avait donné le contact d’un mec pouvant les monter au début du chemin de randonnée. Je me sens soulagée lorsqu’il me dit qu’il a appelé le dit-type et qu’apparemment les filles ont regagné leur voiture. 19h55 précisément, elles passent le pas de la porte ! Ouf. Elles m’ont raconté une drôle de journée semée d’embûches (ô surprise), comme quoi il fallait payer à tout bout de champ, qu’elles ont failli ne pas faire la randonnée etc. Bref, rien de facile mais je suis contente pour elles qu’elles aient pu le faire !

Ainsi s’acheva notre semaine de vacances haute en émotions ! Je suis contente d’y être allée car maintenant j’ai un nouvel écusson cousu sur mon backpack (ok il m’a fallu 3 semaines pour le rajouter. Des fois on a une flemme pour des choses qui prennent vingt min max, c’est effarant !) et j’en ressors avec de nouvelles histoires à raconter, ce que j’ai fait ! Par contre j’ai ramené un souvenir bien marquant de ce voyage : *emoji fleurs* un virus *emoji fleurs* . Vous vous rappelez lorsque je vous ai dit que j’étais malade l’avant dernier jour ? Hé bien je n’étais toujours pas au top la semaine suivante à l’école, alternant entre des moments où ça va et des moments où je me plie en deux. Le vendredi suivant (soit J+7 après le début des symptômes, lorsque les filles étaient à la rando), je me suis levée pour aller en classe & à 7h du matin je me suis écroulée dans la chambre de Lyle mon coloc. Quoi de mieux qu’un bon malaise pour bien commencer la journée ? Ambulance, hôpital en urgence. Electrocardiogramme révélant un taux de potassium proche de la catastrophe, intra-veineuse posée en priorité pour pallier à une déshydratation complète & batterie de tests tels qu’analyse du sang et analyse d’urine. J’ai même eu le droit à un scanner avec iode dans les veines (c’est une drôle de sensation). Verdict ? Virus attrapé en Jamaïque, sans doute à cause de l’eau. Là, je tique. Je tique car nous n’avons bu que de l’eau en bouteille. Ah non attendez, remontez un peu les photos, vous verrez 3 bières et un cocktail. Un cocktail avec des glaçons qui avaient déjà fondu lorsque la photo fut prise… Devinez à qui était ce cocktail ?

PS : Depuis je ne m’évanouis plus

PS2 : Coucou les bracelets Jamaïcains des copines

PS3 : C’est bien, quand vous étiez en voiture vous avez pu prendre le temps d’admirer le payzzzzz……. *dodo*

#18 Saison 2 – Nuances d’authenticité

Je me revois ce soir d’hiver il y a presque deux ans maintenant, avachie au fond de mon canapé, les cheveux séchant anarchiquement à peine sortie de la douche (me donnant l’aspect d’un panneau triangulaire de circulation). Enroulée dans une couverture en laine tricotée main (d’un beige particulièrement détestable mais qui tient tellement chaud si vous saviez) et le bout de mes doigts gelés sur mon clavier (merci le syndrome de Raynaud), je pestais en silence : « Alors : que l’envoi des cartes postales se perde car ça devient ancien, passe encore. Mais les gars, au moins prenez le temps de partager vos expériences avec les outils modernes ! Je ne trouve rien à part quelques blogs dont les propriétaires sont sans doute, depuis, devenus eux-mêmes des aïeux. Pourtant, on est des millions d’expatriés et plusieurs centaines à être passés entre les contrats du Codofil quand même ! Il devrait y avoir des informations quelque part ! » Et rapidement, le sagittaire déterminé que je suis s’est dit « La solution est de créer moi-même ce contenu ! Qui sait, ça en aiguillera d’autres pourquoi pas ! ». J’étais loin de me douter que cette idée, alors simplement embryonnaire, allait intéresser plus loin que mes amis proches. 

Après des semaines de réflexion sur le nom et le format voulu, je mis bas de « Marrytomylouisiana ». Le but était donc de partager ces informations diverses que je n’avais moi-même pas trouvées : la vie d’expatriée, le programme du CODOFIL en tant que tel, les activités et expériences de vie qui découlent de ce changement de continent etc.  Je voulais quelque chose de simple, pour que si l’envie prend à quelqu’un de venir balader ses pattes par ici, il ne voit pas le temps passer en lisant un article, ou plus. (article que je mettrai deux mois à pondre à chaque fois. Mea maxima culpa.)

Alors à vous qui passez fréquemment ou occasionnellement, merci. Car lorsque j’ouvre les backstages de mon blog pour en consulter les statistiques (oui, WordPress est quand même assez bien pensé), et que je constate que depuis sa création nous sommes à plus de quarante-huit mille vues (oui, j’ai besoin de l’écrire en toutes lettres histoire de réaliser) dans une bonne partie du monde (ok se pose la question de quelques VPN), j’éprouve une certaine reconnaissance. Et les commentaires que je lis ainsi que les nombreux messages en privé que je reçois ne font que renforcer ce sentiment positif.  

La seule fois où un article ne fut pas consacré à un évènement en particulier mais davantage à mon état d’esprit, c’était le 11 novembre 2021 dans la lettre à mon passé. Je trouve cela amusant que sans le calculer à, à peu près la même époque, je revienne sur cette envie de vous partager une nouvelle fois mes pensées du moment. Vous savez, pour moi l’idée n’est pas de faire rêver mais d’être authentique. Après tout, qui peut se targuer d’avoir une vie rêvée sans embûche, sans hésitation, sans petite cascade que la vie nous amène et ce, que l’on soit ou non expatrié? La vie n’est pas une story Instagram avec une musique en fond ou une publication Facebook, et même si je mets tout mon cœur au service d’une transparence absolue lorsque je poste chaque nouvel article, il n’en demeure pas moins que l’authenticité d’un récit va de pair avec l’honnêteté. Alors à ce titre, laissez-moi vous ramener quelques mois en arrière, et vous faire part des nuances d’émotions qu’a rencontré ma petite âme de … maintenant 30 ans (chut).


Première nuance – proche du noir Vantablack.

Voir les choses en noir, broyer du noir.. Boum. La couleur parle d’elle-même. Les plus attentifs d’entre vous (ou simplement ceux qui me connaissent réellement) auront sans doute en mémoire cette phrase que j’ai écrite noir sur blanc il n’y a pas si longtemps : « Le retour en Amérique ne fut pas aussi facile que le premier départ pour y aller l’an dernier ». J’ignorais à quel point. Je ne grossirai pas le trait en vous disant qu’après une année fabuleuse j’ai entamé une année noire, ce serait exagérer. Par contre, émotionnellement, ce début de l’année fut très dur et ce, au-delà des séparations qui ont eu lieu lorsque je suis montée dans ce triple 7.  Au même titre que cet avion, ma boite noire émotionnelle n’était pas prête au poids que ma profession aller peser dans mon quotidien. Il y a Marie, et il y a Marie l’enseignante. J’ai toujours su faire la distinction. En règle générale, en France du moins, je suis le genre d’enseignante qui ne pense à rien d’autre qu’à faire une journée productive du moment où je mets un pied à l’école jusqu’au moment où j’en sors. Par contre après la sonnerie de 16h30 soit à 16h31, oubliez-moi, je blackliste l’école le temps de la fin de journée car j’ai une vie et je fais en sorte d’en profiter. Mais en ce début d’année Louisianais, un enchainement de mauvaises décisions au niveau hiérarchique a eu raison de ma capacité à garder la tête froide et à faire la part des choses. Une véritable série noire en somme. Pour des raisons de déontologie évidentes (et parce que c’est chiant disons le franchement), je vous épargne les détails. Je travaillais dix à douze heures par jour pour ramasser des pots que je n’avais même pas cassés, ne m’octroyais aucun jour de repos ou très peu, et même la seule activité que j’ai réussi à garder ne faisait plus la balance (j’ai fini une paire de fois en larmes à mes cours de danse que j’ai presque chaque jour de la semaine, car, ô malheur, je n’arrivais pas à passer ce saut ou à enchainer tel combo. Je vivais tout comme un échec à force de tirer sur la corde. Ridicule. Mais parlant). Bref, mon échelle émotionnelle était cassée, et ce total manque de considération, doublé d’un complet sentiment d’injustice sur le plan professionnel me renvoyait à une urgence certaine : celle de retrouver les miens. Quoi qu’il en soit, pour ma part, bien qu’entourée, je me sentais seule. Et cette solitude devenait à tort ma bête noire. Je n’ai jamais vraiment aimé la solitude de toutes façons.

Je pense qu’il est important de souligner que ce n’est pas car on vit bien un an, deux ans ou dix ans d’expatriation, qu’on est à l’abri d’une dégringolade émotionnelle au printemps suivant (ou pas du tout d’ailleurs, et tant mieux !) A l’inverse et heureusement, ce n’est pas car un début d’expérience quel qu’il soit s’écroule, que le reste en sera à l’image. Bon, par contre si vous vous cassez le bassin avant une randonnée, il y a quand même de grandes chances pour que là, vos vacances soient bien pourries, disons-le. Humour noir quand tu me tiens…

Secondes nuances : du gris au blanc

Vous savez ce qu’on dit, « la nuit, tous les chats sont gris. ». C’est donc au cœur de cet immense ras-le-bol que je commençais à m’entendre prononcer les mots « rentrer prématurément », « quitter », « démission ». Mais le ciel s’éclaircit pour deux raisons. La première : qui dit octobre, dit Tournoi et ma chère jument.. grise! La seconde : les plus observateurs d’entre vous l’auront peut-être remarqué dans mon précédent post, mais quelqu’un s’est joint à la fête. Ou plutôt, quelqu’un a fait en sorte de redonner à mon quotidien : légèreté, spontanéité et clarté. Ma chère maman avait pris un billet, ma grise mine n’était plus.  Lorsqu’on a la chance d’avoir une famille unie, chacun de ses membres peut rapidement devenir un sacré pilier lorsque vous n’êtes plus au top. Bon, pour ma part on parle d’un pilier d’à peine 1m60. Autant vous dire que j’étais grisée d’enfin pouvoir la serrer dans mes bras, à ce fichu « Arrival », là où tant de pieds tapotent le sol nerveusement, et tant d’yeux se perdent impatiemment sur les écrans indiquant les heures d’arrivée. Il fallut utiliser toute notre matière grise pour comprendre comment sortir de l’aéroport et regagner le plus rapidement, à la nuit tombée, la direction d’Eunice.

Cette sombre situation émotionnelle commençait à s’éclaircir et j’aurai dès le lendemain carte blanche pour lui faire découvrir cette Louisiane que je savais pouvoir être haute en couleur ! Vous savez lorsque vous voyagez dans des destinations lointaines, le décalage horaire a rapidement raison de vous, et vous passez bien souvent la journée suivante en ayant l’impression d’avoir fait nuit blanche. Je vous épargne les détails et vais vous le dire de but en blanc, dès le lendemain de son arrivée et ce, malgré sa fatigue, ces deux semaines ont été bénéfiques, vous n’imaginez pas à quel point. Entre journées à l’école, partage de mon quotidien (qui m’a ô combien soulagée), activités en tout genre et rencontre avec ceux qui m’entourent ici, j’étais clairement entrain de manger mon pain blanc. Enfin. D’ailleurs en parlant de « manger », je vous incite à aller à Crackers Barrel dont vous trouverez tous les détails en cliquant sur le nom justement (merci au créateur du lien hypertexte). C’est un restaurant tout en bois servant des petits-déjeuners à plus ou moins n’importe quelle heure et des diners dans la tradition américaine. Ce qui est sympa, c’est la grosse boutique à l’entrée où l’on trouve de tout et de n’importe quoi. C’est une chaine donc pas trop difficile de le trouver ! Vous l’aurez compris, ca va mieux. Toutes ces bonnes ondes furent sublimées par le fait qu’elle avait fait en sorte d’être là en l’occurrence pour le Tournoi. Je savais que ses dates avaient été calées en particulier pour cet évènement et ça fait du bien d’être soutenue au point où ce ne sont pas des milliers de kilomètres au-dessus de l’océan qui vont être un frein. Pour rester dans l’univers du cheval, comment continuer sans vous parler du rodéo que nous sommes allés voir…. dans une prison ! Mesdames et messieurs, accrochez-vous bien car je parie que si vous essayiez de trouver une telle activité en France vous feriez chou blanc! Une fois par an au mois d’octobre, la prison d’Angola ouvre ses portes aux visiteurs pour qu’ils puissent venir acheter toutes sortes de produits faits-main (cuir, meubles, peintures etc.) avant de poser leurs fesses dans l’arène. Et qu’y a-t-il à voir dans l’arène? Un rodéo. Et qu’a-t-il de particulier ce rodéo? Il est effectué par … les prisonniers eux-mêmes. Ce sont d’ailleurs eux qui confectionnent la plupart des objets vendus. Il est déroutant de se balader et de voir ces personnes désormais prisonniers-vendeurs, faire des échanges à travers le barbelé de sécurité. N’imaginez pas un endroit « fouillis » ou quelque chose de glauque, c’était étonnamment agréable et très vivant. De même, regarder le rodéo en ayant à sa gauche les prisonniers ne participant pas dans une « cage » (un espace grillagé de haut en bas mais également sur les gradins), ça donne matière à réfléchir. On ne les regarde pas dans le blanc des yeux mais on a toujours cette petite réflexion en fil rouge dans notre tête où l’on est partagé entre « ce sont des humains » et « oui mais le mec qui est à trois mètres de moi a peut-être commis des atrocités ». Toute expérience est bonne à prendre et ça, nous n’aurons sans doute pas l’occasion de le revivre!

Une des dernières activités ensemble (outre partager un quotidien où chaque jour nous étions à l’école, et outre quelques balades à chicot Park), fut le lac Martin. Si vous avez l’occasion de passer vers Lafayette je vous souhaite de vous retrouver sur le même petit bateau que nous. La vision des « bald cypres », ces arbres qui sont si emblématiques des bayous, vous coupera le souffle et si comme nous, vous êtes chanceux, vous apercevrez ce qu’ils appellent ici du « gros bétail » (littéralement. Ils disent ces deux mots en français) c’est à dire : un alligator monstrueux. Anecdote : il aurait probablement, vu son attitude digestive et la taille de son ventre, juste fini son déjeuner lequel ne serait autre… qu’un autre alligator. Sympa !

Pour moi, une des plus grosses difficultés dans l’expatriation, après le « choc culturel », est le fait qu’on ne pourra jamais aussi bien partager ses impressions à ce sujet qu’avec une personne qui voit les choses de ses propres yeux. Vous pourrez utiliser les plus jolis mots de la terre pour décrire ce que vous vivez et ne jamais connaitre le syndrome de la page blanche, cela ne sera jamais aussi fort que si la personne à qui vous vous adressez est en réalité à côté de vous. Pouvoir partager cela, c’est de l’or blanc.

Mais cette avalanche de bonnes ondes ne s’est pas arrêtée là et aussitôt ma mère sur le départ, mon chéri arrivait. Littéralement. Ils ont eu le temps de se voir une soirée avant qu’elle ne reparte dans ces nuages blancs direction la France et que j’entame ce séjour en amoureux, ponctué de découvertes sans oublier les moments de travail (hé oui, ni lui ni moi n’étions en vacances..) Je suis loin de cet état d’esprit sombre décrit en ce début d’article. Tout est plus clair, tout est plus léger. J’aime cette nouvelle nuance, bien plus que la précédente de toute évidence. Je me sens comprise, je me sens soutenue et je sens que j’arrête de me faire des cheveux blancs car je pouvais, chaque jour, me réveiller et m’endormir loin de cette solitude qui me rendait blanche comme un linge.

Toute la complexité de cet article (croyez-moi j’y mets du cœur), réside dans le fait de pouvoir « faire le point », de montrer que dans cet océan d’expériences et de voyages, on peut aussi, ne pas se sentir bien. Tenter de vous expliquer un état d’esprit vu par le prisme de l’expatriation est un bon exercice mais ce n’est pas chose aisée que de garder une dynamique d’explication sans tomber dans le quintal de détails inutiles ou la complainte lassante.

Quoi qu’il en soit, il est vrai que j’ai trouvé mon réel réconfort dans la venue des gens que j’aime. Et pour le coup, des nouvelles expériences il y en a eu ! Ce fut haut en couleurs.

Nouvelles nuances – Or, jaune, violet, rouge !

Je vous annonce tout de suite la couleur, le rythme fut soutenu et les activités furent variées. Il y en a eu pour tous les goûts, vous le constaterez par vous-même. Football américain, NBA, Alamaba, Mississipi, championnat de rodéo (pas en prison cette fois-ci!) ou encore foire annuelle. Bref, on en a vu de toutes les couleurs ! Enfin, on a surtout vu les mêmes couleurs revenir : le jaune, l’or, le violet et le rouge. « Pourquoi ? » me direz-vous.  Je vous invite à présent mes amis dans cette farandole de bonne vibes ! Prenez vos blouses (vous savez, celles que avons tous mis en maternelle, qui étaient déjà tâchées de peinture séchée à cause des décennies d’élèves qui sont passées dedans avant vous), et installez-vous autour de la table fictive qu’est cet article, car ça va faire très couleur locale et vous risquez d’en avoir partout (That’s what she said) !

Tout d’abord, quelques présentations s’imposent. Le temps d’une soirée nous n’étions plus Johan et Marie. Nous étions : immense truc jaune 1 et immense truc jaune 2. Oui vous avez bien vu, nous sommes le soir d’Halloween et responsable des costumes que je suis, j’ai opté pour deux déguisements d’une élégance rare : les Minions. C’est si drôle d’entendre les gens (eux aussi déguisés, autant vous dire que ça joue le jeu ici) crier : MINIONS !! Et nous de répondre (ô surprise, attention l’originalité) : MINIOONS ! Une sorte de cri de ralliement, mettant au grand jour tous les adultes ayant encore une part d’enfant en eux, puisque de toute évidence seuls ceux qui ont visionné Moi Moche et Méchant (Despictable Me) peuvent avoir la ref. Et vous savez ce qui est encore plus drôle? Dire à Jo « ce serait beaucoup trop drôle de tomber sur un mec déguisé en Gru » et … tomber sur Gru. Tomber sur Gru AVEC d’autres frères minions svp! Bref j’aime autant vous dire que ce soir-là nous n’étions plus trentenaires mais par contre quand même assez adultes pour descendre des saladiers de Daïquiris (je vous dis pas la nausée dans la nuit.)

Puis il fut rapidement question de la couleur Or. Laissez-moi vous emmener pour la fin de cet article dans le monde merveilleux du sport américain ! Pour le coup ce fut une véritable première pour moi. Je vois d’ici mes amis du Sud bondir lorsque je vais terminer d’écrire cette phrase : je n’avais jamais été dans un stade voir un vrai match de foot ou de rugby. Voilà, c’est dit. Jo m’a emmenée pour la première fois de ma vie voir un match. Et quel match !! C’était Or VS Argent : Saints VS Raiders ! Je pourrai vous faire un article par match tellement j’ai été happée par l’ambiance, l’effervescence et la joie de vivre qui découlent de ces évènements. Ce moment où l’on rentre dans le stade (surtout lorsque c’est une première) a quelque chose de quasi magique. Et que dire du lancement de chaque game. C’est toujours plus ou moins le même formalisme mais vous en prenez à chaque fois plein la vue. Et que dire de ces milliers de personnes se déchapeautant et chantant à l’unisson l’hymne américain. Vibrant. Ce sont des milliers d’individus faisant partie d’un même groupe avant de redevenir membre d’un des deux groupes à l’honneur du jour : Saints ou Riders. Or ou argent (c’est d’ailleurs drôle de le constater sur la photo en extérieur avant de rentrer dans le stade : la foule est globalement bicolore). Pour notre part, nous étions team Saints ! Et mon Jo n’a pas fait dans la demi-mesure en nous rhabillant de la tête aux pieds aux couleurs de l’équipe, avec un cadeau surprise : mon tshirt Saints floqué à mon nom dans mon dos! Pour ceux qui auront la référence, l’entrée dans le Superdome de NOLA a quelque chose de si vertigineux qu’il m’a immédiatement fait penser à l’arène dans laquelle se déroule la Coupe du Monde de Quidditch : pas un siège vide, et des gradins quasi à la verticale ! Pauvre noob du sport que je suis, j’étais bien perdue au début. Mais, pour répondre à mes questions ou pour m’aider à comprendre lorsque je fronçais les sourcils, j’ai pu compter sur la patience de mon chéri et la gentillesse de mes voisins qui, je m’en rappelle encore, me disaient : « C’est la première fois que tu vas voir un match?? Attends quoi, et après celui là, ton petit ami t’emmène voir LSU/ALABAMA? Il doit vraiment t’aimer je te le dis!! »

Non, n’en dites pas plus, ne posez même pas la question, je vais éclairer votre lanterne de ce pas et répondre à la question de « pourquoi ces deux messieurs ont relevé le match LSU/ALABAMA ». Tout d’abord il faut se rendre compte que dans le football américain il y a les équipes qui jouent en pro, mais il y a également toutes les équipes universitaires qui, laissez moi vous le dire, pèsent dans le game comme on dit. Elles sont médiatisées au-delà de ce à quoi vous pourriez vous attendre. Ces jeunes sont mis sur le devant de la scène et absolument toute la Louisiane est derrière son équipe : LSU (Louisiana State University). Fut une époque, leur entraineur était Nick Saban. Mais un beau jour (oh quelle narration Marie!) il décida de quitter l’Etat et ses joueurs et est parti chez l’ennemi devenir l’entraineur d’une équipe adverse : Alabama. Autant vous dire qu’il est depuis devenu sportivement l’ennemi public numéro 1. A tel point que pour les Louisianais il n’est plus Nick Saban mais Nick… Satan. Sympa le surnom! La rencontre des deux équipes, qui plus est à domicile (ou à ex-domicile selon comment vous voyez la chose) était l’évènement sportif le plus attendu de l’année. Je pèse mes mots. Ce match n’avait pas lieu en intérieur au Superdome de NOLA comme pour les Saints, mais en extérieur à Baton Rouge. Et c’est ainsi, en nous rendant à cette rencontre sportive que je découvris mon premier tailgate ! Mais qu’est-ce dont que ce mot ? Non mes amis, n’essayez même pas de traduire mot à mot, de toutes façons « queue portail », ça n’aurait aucun sens. Suivez le guide, je vous explique.

*agite son petit drapeau au logo de Marrytomylouisiana*.

Le tailgate est un gigantesque, monstrueux, gargantuesque, titanesque apéro. Les gens viennent avec leurs énormes camping-car, s’installent et font des grillades en buvant. Vous pouvez littéralement vous joindre à n’importe qui et j’espère que vous aimez le violet (coucou Julie) et le jaune, car vous ne verrez que ça, ce sont les couleurs d’LSU ! C’est franchement à faire, et avant même que les portes du stade ne s’ouvrent, je savais que cette journée allait être marquante. Mes amis américains m’ont d’ailleurs avertie à ce sujet, et vous pouvez être sûrs que la phrase « je vais voir LSU/ALABAMA » était instantanément précédée de « oh ! Quelle chance! ». Et nous voici embarqués dans cette joyeuse beuverie avant d’aller assister au match. Je commence à mieux connaitre les règles, je me repère et je crie aux différentes actions. Le match (et maintenant, je peux m’en rendre compte) était particulièrement serré. Tout peut basculer jusqu’au dernier moment, et tout n’a fait que basculer d’un quart temps à l’autre. Je n’avais jamais vu ça : personne, je dis bien personne, ne s’est assis de tout le match. Les gens (et nous inclus) sont restés debout plus de trois heures, légèrement penchés en avant pour être sûr de ne rien rater! Finalement, cela s’est joué aux prolongations et nous avons gagné sur le fil du rasoir, à un point d’écart. Là mes amis fut sans doute un de mes plus beaux souvenirs. Une véritable marée humaine s’est emparée du stade et croyez-moi lorsque je vous dis que nous deux également avons dévalé les gradins pour aller fouler le gazon. En quelques instants, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont rassemblées sur le terrain pour fêter cette victoire ! Il faut imaginer l’ampleur : dans une effervescence digne d’une coupe du monde, c’est comme si vous descendiez courir sur le stade de France. C’était fou ! D’ailleurs, mention spéciale au travail des « band » (orchestres) qui offrent un spectacle à couper le souffle en formant des figures pendant leur passage. En l’occurrence aujourd’hui ils rendaient hommage à l’armée et se positionnaient de manière à former tour à tour, un tank, un sous-marin etc… le tout en jouant !

La suite de notre voyage sportif nous amène voir les plus grands basketteurs de l’histoire j’ai nommé : la NBA en live ! Au programme, match des Pelicans contre les Blazers et… au troisième rang svp ! En théorie nos billets indiquaient rang 7 mais les quatre premiers rangs sont pour les joueurs, les remplaçants, les entraineurs et la partie média. Du coup nous étions le 3è rang de la partie spectateurs ! Et vous savez quoi? On est même passé sur l’écran géant ! Je me moquais gentiment des personnes qui ont un temps de réaction hyper long avant de réaliser qu’il s’agit bien d’eux, quand soudain… il fût question de nous nous. Sur l’écran. Et nous non plus, on n’a pas réagi tout de suite.! Bah oui, on ne s’attend pas à se voir, aux commandes de pop corn, sur l’écran géant lors d’un match de la NBA. Malheureusement on n’a pas de souvenir de ce moment, à part dans notre tête ! Soit dit en passant, étant donné notre proximité avec le terrain, je peux vous affirmer que oui, ces mecs sont grands.

Bref que de bonnes vibes, me voilà gonflée à bloc, parée pour de nouvelles aventures. Et croyez-moi j’étais à mille lieues de savoir ce qui nous attendait! Nouvelles nuances en vue ? Jaune noir et Vert ! Et oui mes amis, on s’envole pour… La Jamaïque, man !

En attendant, je vous laisse avec les derniers souvenirs de ce mois haut en couleur! Rodéo, foire, Mississipi, Alabama (coucou Nick Sa*an), parc régional, comédie musicale le Roi Lion au théâtre de la Nouvelle Orléans et… séance de tir ! (Ah et au fait, si vous êtes comme moi et que vous avez entendu parler du pont qui passe au dessus du lac Ponchartrain, à moins que vous vouliez réellement aller de l’autre côté, évitez-vous ça. Vous allez passer 45minutes dessus aller, puis payer pour passer 45min dessus pour le retour.)

Et en petit bonus, le deuxième déguisement sur lequel j’avais jeté mon dévolu. J’ai finalement préféré les Minions car je me suis dit que la Nouvelle Orléans allait être bien éclairée le soir, et donc que ça ne rendrait jamais aussi bien que dans le noir !

#17 Saison 2 – Le Tournoi !

Que serait une année de cavalière expatriée sans vous reparler du Tournoi, cette mythique course de chevaux prenant lieu une fois par an à Ville Platte ? Et cette année il y a un petit peu de changement ! Cavaliers confirmés, cavaliers novices et non-cavaliers, je vous souhaite la bienvenue dans ce chapitre dédié à nos amis quadrupèdes. Pour comprendre cet article, si jamais il s’agit de votre première fois sur ce blog, je vous invite à cliquer ici sur l’article #10 qui explique tous les rouages de cet évènement (et non des moindres) On enfile donc ses bottes de cowboys, on y ajoute une paire d’éperons et on pose son chapeau si on ne veut pas le perdre car… ça galope vite ! A cheval tout le monde, je vous emmène dans les nouveautés équestres de cette année !

Comme je l’expliquais l’année dernière, à chaque festival plusieurs Reines, Miss et Queen sont élues. Le Tournoi clôture le « Cotton Festival » et ainsi, en amont de l’évènement, de nouvelles petites filles, de nouvelles adolescentes, de nouvelles jeunes femmes et de nouvelles femmes ont l’honneur de porter l’écharpe et la couronne. Pour vous donner un ordre d’idée, la couronne de la Tournoi Queen (en gros la jeune femme ayant une vingtaine d’années voire moins) avoisine les 1000 dollars. Pendant leur règne, elles devront représenter le festival lors des autres manifestations (le festival de la musique cajun, le festival de la grenouille etc.) et ce, tout au long de l’année jusqu’à ce que de nouvelles têtes passent sous la couronne. Cela étant, depuis l’an dernier j’en ai appris davantage sur l’histoire du Tournoi ! Ouvrez donc grand vos yeux et interdiction de skipper cette partie, sinon je retrouverai votre adresse IP et vous bannirai. A vie. Ou pas. Allez, les explications, c’est par ici !

« Initialement introduit ici dans les années 1800 par les premiers colons de la région, dont beaucoup sont venus dans cette partie du pays après avoir servi dans les armées de Napoléon, le Tournoi a été géré jusque dans les années 1890, puis a progressivement disparu. Cependant, à la suite de la célébration du 4 Juillet en 1948, deux messieurs, qui vivaient encore à Ville Platte et qui avaient participé au dernier Tournoi à la fin des années 1880, ont appelé un groupe de jeunes citoyens et un groupe de vétérans patriotes de la Seconde Guerre mondiale pour organiser cet ancien sport à nouveau. Ce fut un succès immédiat ! Les deux gentilshommes accrédités pour faire revivre et réorganiser Le Tournoi étaient le juge J.D Buller et Jules Tate. La renaissance du Tournoi a eu lieu en 1952 et, pendant les deux années suivantes, il a été organisé dans le cadre des festivités du 4 juillet. Plus tard, lorsque le Louisiana Cotton Festival a vu le jour, il a été abandonné en tant qu’évènement du 4 juillet et, à la place, a commencé à avoir lieu conjointement avec ce festival. En 1958, la « Louisiana Tournoi Association » est créée. Pour rappel, le long de la piste, suspendus à des poteaux, 7 anneaux représentant 7 ennemis du coton : inondation, sécheresse, « bollworm » (une sorte de ver), boll weevil (une sorte d’insecte), soie, « rayon » (un type de matière) et nylon. »

Laissez-moi vous dire donc, que l’élection de ces jeunes demoiselles et de ces dames (je rappelle qu’il y a plusieurs catégories) se fait selon un protocole bien défini à l’avance, afin de faire honneur à toute l’histoire, à l’ancienneté du Tournoi. Comment le sais-je me demanderez-vous. Mes amis, vous n’êtes pas prêts. La responsable de l’association m’a proposé… d’être juge pour l’élection des Miss ! Comment refuser ? Me voilà donc embarquée dans cette nouvelle aventure : Juge pour les « pageant ! » (Ce terme désignant donc l’ensemble des filles élues et des participantes, dans tous les différents festivals). En ce samedi matin, me voici donc en direction du City Hall de VillePlatte où se déroulera la journée d’élection. A peine arrivée, j’ai retrouvé (une fois de plus) mes amis cavaliers, les miss élues l’année passée que j’avais eu l’occasion de voir à plusieurs reprises et un million de petites mains s’afférant à recoiffer, maquiller, habiller et chausser les candidates. Il y avait même des tables décorées de souvenirs si je puis dire. En réalité les filles m’ont expliqué que chaque Miss ou Queen élue crée sa table pour illustrer ce qu’elle a fait pendant son année de règne. Il y a ainsi des photos, une écharpe, une couronne, des petits mots, des ballons, des décorations !

Le jury cette année se composait donc des 5 meilleurs riders de l’année dernière. Enfin ça, c’est la théorie. En pratique il s’agissait effectivement des 4 meilleurs …et de moi. Mais je me suis sentie honorée qu’on me demande de prendre une place au sein du jury et j’avoue que je n’étais pas peu fière, d’autant que je représentais la partie féminine d’un jury exclusivement masculin.

L’après-midi s’est donc déroulée au rythme des interviews entre chaque candidate et nous, respectivement de part et d’autre d’une table, à huis clos. Nous leur avons posé des questions globales et d’autres très précises, relatives au Tournoi. Car, effectivement, toute représentante de l’évènement se doit de savoir de quoi elle parle, se doit de représenter le dit-évènement avec les connaissances qui y sont relatives. Nous avons donc posé des questions comme : à quelle date a commencé le premier Tournoi, qui est le champion de l’année dernière, combien d’anneaux faut-il attraper au minimum, quel est le temps requis pour être qualifié, que représentent les 7 anneaux, que représentent les couleurs du tournoi, comment s’appelle le cavalier qui a attrapé le plus d’anneaux (c’est-à-dire 21 à raison de 7/7 par manche) ou encore combien de fois est-ce arrivé etc. Mention spéciale à MA question : « que signifie le terme français Tournoi puisque c’est bien le terme français qui est utilisé en anglais? » (Tournament in english of course !) et aux garçons qui rajoutaient à l’adresse des candidates en parlant de moi « peut-être que vous pourrez lui apprendre le français, elle rêve de le parler ! ». Pour chacune des candidates une note de 0 à 10 était attribuée pour leur position, leur allure, leur aisance orale ou encore leurs connaissances. Cependant nous ne mettions jamais en dessous de 5.

La deuxième étape de notre journée est donc la soirée en elle-même devant public. Adieu les chemises à carreaux et les santiags « fancy », et bonjour les chignons, les boucles, le maquillage, les talons et les robes de soirée. Les candidates repassent donc une deuxième fois devant nous et nous sommes chargés de les re-noter selon les mêmes critères mais cette fois-ci sur leur 31 et devant des spectateurs. Il ne s’agit pas comme en France de petites chorégraphies ou de moments où elles prennent le micro. En réalité elles passent une par une et marchent pendant que la présentatrice décrit ce qu’elles aiment, ce qu’elles veulent faire etc (en accord avec une fiche qu’elles ont préalablement rempli). A l’issue de la présentation de toutes les candidates d’une catégorie, ces dernières viennent se placer devant nous en ligne et restent immobiles et souriantes du temps que nous puissions attribuer nos dernières notes avant de se retourner pour, je cite « que nous puissions admirer le dos des robes ». Et laissez-moi vous dire qu’elles étaient toutes splendides !

Nous avons donc, pour finir, couronné la nouvelle génération de Queen et de Miss, lesquelles seront là le 16 octobre … pour le Tournoi 2022 évidemment ! Cela étant, entre vous et moi, nous ne parlerons pas du fait que nous n’avons pas donné le bouquet de fleurs à la bonne personne une fois l’annonce des résultats effectuée… Mais dans un élan de gentillesse et avec une classe certaine, la Mrs élue a laissé le bouquet à sa concurrente. Oups !

D’ailleurs une petite parenthèse et non des moindres, j’ai oublié de vous dire, une semaine après cette élection, j’ai été sélectionnée pour le Tournoi, avec un classement de 6ème / 11 riders exclusivement masculins ! TOURNOI 2022, here we are ! Vous n’avez pas fini d’entendre parler de BlueDeer car, oui, j’ai la chance de concourir avec la même jument que l’an dernier ! Alors vissez votre chapeau de cowboy sur votre tête, montez les tonnelles, prenez de l’anti-moustique et surtout de la crème solaire, et préparez-vous à ne pouvoir apercevoir que les deux sabots postérieurs de BlueDeer quand nous passerons à côté de vous lancées à plein galop !

30 Novembre 2022 – Un article dans un article


Par souci de clarté pour le blog, et ayant pitié de vos pupilles qui pourraient commencer à se perdre dans ce nouveau format de titre (Saison X Episode Y), je reprends ma petite plume deux mois après avoir publié ce post pour rajouter du contenu à ce sujet. En d’autres termes, pour parler exactement… de la même chose. Enfin « de la même chose », pas tout à fait non! Héhé, chers cowboys & cowgirls en herbe, laissez moi vous conter la suite de cette aventure à quatre sabots, laissez moi vous conter la journée qui entre temps a eu lieu, la journée du Tournoi (Vol. II) ! Je vous préviens, vous n’êtes pas prêts pour la tornade de bonnes ondes et d’évènements inattendus.

Tout comme l’année précédente, et tout comme depuis plus de 200 ans, les règles n’ont toujours pas changé. Ô surprise. Il s’agit toujours de galoper le plus vite possible pour mettre une lance dans 7 microscopiques (oui oui) anneaux et ce, en un temps minimal. Par contre savez-vous ce qui a changé? Mon cheval. Non, ce n’est pas une blague. Vous vous rappelez plus haut dans l’article lorsque j’ai écrit très exactement « vous n’avez pas fini d’entendre parler de Blue Deer »? Hé bien devinez quoi? Si, vous avez fini d’en entendre parler. Car il se trouve que l’avant-veille de la compétition tant attendue, ma jolie BlueDeer, celle qui m’a fait découvrir la monte western au travers des entrainements, du tournoi 2021 ou encore de trails dans la montagne louisianaise (ok ok, la forêt pas la montagne..) s’est mise à … boîter. Nous ignorons ce à quoi cela était dû. Peut-être une mauvaise glissade, une blessure au sabot ou encore un problème dû à … sa gestation ? En effet quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’elle attendait un petit poulain pour l’an prochain ! Avant de continuer, pour ceux qui pourraient s’interroger à ce sujet il est tout à fait possible de monter une jument gestante (alors bien évidemment on évitera en fin de gestation, mais en l’occurrence il s’agissait des 2-3 premiers mois donc aucun « red flag » à ce sujet).

Quoi qu’il en soit, que l’on en connaisse la raison ou pas, je fus face à un problème de taille. Et inutile de vous préciser que Tomy ne supportera pas le poids d’une selle, ni ne sera assez rapide, puisque que de toute évidence, le problème ne relève ni de ma taille ni de mon poids. Bien sûr. Sûrement. Bien évidemment. Ahem.. Bon bref. Ainsi, celui que je surnomme depuis un an maintenant « coach » (Kent de son prénom pour rappel) m’appelait pour m’annoncer la mauvaise nouvelle. Et au moment où je m’inquiétais pour la jument et où j’en déduisais ma potentielle non-participation au tournoi (pas de cheval, pas de tournoi. Pas de bras, pas de chocolat. Pas de palais, pas de palais. Merci aux âmes cinéphiles qui auront la ref), quelqu’un a fait quelque chose pour moi que je n’oublierai pas. A peine 24heures plus tard, le frère de Kent (en Tshirt rouge sur la photo ci-dessous), Keith (en veste camouflage), m’appelait pour me proposer son cheval. Il est inutile de vous dire à quel point je fus touchée par ce geste, et comme je me suis sentie reconnaissante, d’autant que cette proposition était accompagnée de la phrase « je ne prêterai pas mon cheval à n’importe qui, mais lorsque j’ai entendu que Marie n’avait plus de cheval, que tu n’avais plus de cheval, je n’ai pas hésité« . Soyons bien d’accord, je suis loin d’être la cavalière de l’année, mais il est de ces relations que l’on construit qui vous touchent, avec des personnes qui vous apprécient sincèrement et volent à votre secours lorsque vous en avez besoin. Me voilà donc dès le lendemain juchée sur ce nouveau coéquipier quadrupède j’ai nommé Apollo : un chouette cheval au dos court, vif, réceptif et à la robe pie blanche et marron. Nous sommes le 13 octobre, il ne me reste que l’entrainement de ce jour & celui du lendemain (le 14) avant le tournoi du 16 (le samedi 15 étant destiné à la mise en place du terrain que l’on appelle le « track ». Personne à cheval ce jour-là donc.). Deux seules sessions pour comprendre comment fonctionne le cheval & trouver une communication avec lui qui nous permettra de faire un résultat correct.

Deux jours plus tard, nous y voilà. Cela m’a paru être davantage deux heures plutôt que quarante-huit mais qu’importe, c’est le jour J. Je suis mêlée d’excitation car je sais les shots d’adrénaline qui m’attendent, et d’une sorte de nostalgie quelque peu teintée de tristesse car je sais aussi qu’il y a des grandes chances pour que cela soit mon dernier tournoi (bien que les vacances en France tombent toujours pendant le tournoi… Je ne ferme pas la porte à un petit retour inopiné huhu). Quoi qu’il en soit, c’est aujourd’hui ! Jean noir enfilé, boots noire chaussées, éperons accrochés, cape argentée nouée et chapeau pointu vissé sur ma tête, me voici en route pour Ville Plate! Après avoir peint mon cheval aux couleurs de mon drapeau et peint celui de mon nouveau coach Keith aux couleurs du sien (l’avantage c’est que les drapeaux US et Français utilisent les mêmes couleurs), nous prenons tous ensemble le chemin de la parade ! Et nous voici, déambulant dans les rues de VillePlate, au son des sirènes des pompiers nous accompagnant pour l’occasion, précédant les voitures de polices également présentes, et succédant au passage des chars tous plus hauts en couleur les uns que les autres. Les miss (pageant) sont aussi présentes & il y a, comme l’an dernier, des chars transportant certains élèves (notamment un char de la french immersion de Ville Plate ! Coucou Jessica et Sandrine si vous passez par là !). Je vous renvoie à l’article 10 pour plus de détails sur la parade, c’était globalement la même chose, mais avec autant voire plus de fun encore !

Je me sens moins stressée que l’an dernier. Disons que cette année au moins je sais ce que je dois faire ! La seule hantise que j’ai est de glisser dans ce fameux deuxième virage de la muerte, qui a valu certaines blessures à certains chevaux dans l’histoire du Tournoi. Malheureusement, cette année n’a pas fait exception et le cheval de Nich s’est blessé après son premier passage. D’ailleurs vous avez déjà vu Nich sans peut-être le réaliser. Il s’agit d’un des juges pour l’élection de la Queen du Tournoi, c’est celui avec le chapeau. (Débrouillez-vous, ils ont tous des chapeaux). Encore une fois, la solidarité fut de mise. Immédiatement, les autres riders lui ont prêté un cheval et il a donc pu terminer le Tournoi ! Autant vous dire que je me sens soudainement privilégiée d’avoir eu deux jours pour me familiariser avec Apollo! Nous avons fait des temps plus que respectables, il s’agissait pour Apollo de son tout premier Tournoi et chaque passage était plus rapide que le précédent ! Pour être officiellement dans les clous il faut faire moins de 14 secondes et laissez-moi vous dire que ça parait facile mais c’est LOIN d’être évident. D’ailleurs l’association du Tournoi a même du créer, des « catégories de secondes » pour le classement car tout le monde ne fait pas moins de 14 secondes. Hé bien cette année mes amis, Apollo et moi sommes passés SOUS la barre des 14 secondes, en étant à chaque passage un peu plus rapides et arrivant presque à 13 secondes ! Honnêtement j’étais fière de nous. Entre le premier et le dernier (nous étions 18 cette année) cela se joue à, à peine plus d’une seconde voire une seconde et demie. Rien en soi mais quelques dixièmes qui font toute la différence !

Le bilan est plus que positif, je me suis (pardonnez la pauvreté de vocabulaire) éclatée, j’ai encore mille souvenirs dans mes valises à ramener, j’ai réussi à passer à chaque fois sous 14 secondes, j’ai attrapé à mon meilleur passage 5 anneaux sur 7 & avec mon nouveau cheval de dernière minute nous nous sommes classés 14ème sur 18 ! Alors effectivement chacun préfèrerait un classement à un chiffre, mais pour ma seconde année, face à des personnes qui s’entrainent depuis presque toujours, j’ai fait de mon mieux et j’en suis ravie !

Mention spéciale à la radio KVPI qui m’a interviewée une fois de plus cette année et, qui a demandé à l’antenne une fois que je fus appelée faire mon run si j’étais mariée ou non ! Vous l’entendrez dans la vidéo ci-dessous et je vois votre petit sourire d’ici pour ceux qui parlent anglais ! « Is she married or no? ». Je me dirigeais vers le point de départ et pensais à mon chéri en rigolant toute seule à cheval car je savais qu’il écoutait la radio en direct sur Internet. (Si tu passes par là, sache une fois de plus que ça m’a touchée que tu restes éveillé avec le décalage horaire pour m’encourager). Mais cette année, nouveauté ! « Stay tuned » comme on dit ici !! Certains d’entre vous vont se rappeler de l’article papier « the Galloping Frenchwoman » dans le journal (pour ceux qui ne se souviennent pas je vous renvoie de nouveau à ce même article 10). Sachez donc que cette année, j’attends non sans impatience la parution du magazine 64 Parrishes. Le journaliste est venu couvrir l’évènement et à rédigé un article à mon sujet dont je n’ai pas encore connaissance! La particularité de ce média? C’est une revue distribuée dans TOUTE la Louisiane ! J’ai hâte, et comptez-sur moi pour revenir mettre à jour cet article lorsque j’aurai dans mes mains le papier tant attendu (courant mars à priori) La vie, c’est incroyable quand même..

Mes amis, nous arrivons au moment le plus émouvant à mon sens. Sans doute un des moments qui m’a le plus marquée de toute mon expérience Louisianaise. Le Tournoi étant fini, je me remettais de mes émotions lorsque les vainqueurs & les différents gagnants des différents prix furent appelés au micro pour récupérer leur trophée et faire les photos officielles. Je discutais tranquillement ne dressant même pas une oreille puisque je savais déjà qui avait gagné et au delà des premières places, la distribution des trophées s’arrête. Or, on me secoua d’un coup en disant « Marie ! Marie! It’s you !! ». Je ne comprenais rien, je ne savais pas qui m’avait appelée et pourquoi j’avais été appelée mais j’y allais. Je marchais devant tout le monde quand soudain j’ai compris ce qu’il se passait ! Je venais de gagner un trophée, celui du Sportmanship. Vous voulez que je vous dise, ce trophée vaut tout l’or du monde à mes yeux, c’est pour moi le plus beau car pour gagner ce trophée, il faut qu’une majorité des cavaliers aient voté pour vous en amont. J’avais moi-même voté pour mon coach car sans lui je ne serai pas là. Ce que j’ignorais par contre, c’est que tous les autres cavaliers s’étaient mis d’accord et qu’il avaient, eux, voté pour moi… à l’unanimité. Vous excuserez donc l’aspect démaquillé et rouge que j’ai sur les photos qui vont suivre mais au delà de la chaleur écrasante que nous avions subie toute la journée, j’étais submergée par l’émotion et la gratitude, et je n’ai fait que pleurer. Ainsi, j’ai fini sur la photo officielle avec, à mes yeux, le plus beau des cadeaux. Ils m’ont expliqué que pour eux j’étais celle qui avait fait le plus preuve d’esprit d’équipe, et ils ont voulu souligner qu’avec ma seule année d’expérience et mon changement de cheval de dernière minute, j’avais fait des résultats loin d’être ridicules. J’en suis encore émue en écrivant ces lignes car au delà du fait que ce trophée symbolise la course en elle-même, et qu’il est un souvenir matériel incroyable (il est très très grand), il symbolise aussi et surtout l’aspect humain, amical, solidaire, quasi-fraternel qui en découle, surtout quand on sait qu’il ne tient pas à un résultat « officiel » en termes de chronomètre ou de performance mais qu’il découle de l’avis des autres, du vote des autres. Alors si certains amis cavaliers passent par là (et utilisent le bouton Translate), encore un immense merci. Je ne vous le dirai jamais avec autant d’émotion que pendant de mon petit discours lors de notre soirée post-tournoi en comité réduit (que je vais vous partager), mais merci. Merci de ces deux années folles d’un point de vue équestre et humain. Merci de m’avoir incluse dans votre famille. Merci de ces opportunités d’une vie lorsqu’on est une européenne expatriée au fin fond de la Louisiane. Merci pour la bonne humeur. Merci pour la spontanéité. Et merci pour cette ultime surprise qui n’a que mieux clôturé encore cette journée incroyable.

Mes amis lecteurs, comme si mon cœur ne débordait pas assez de bonheur et d’émotion, j’ai reçu un ultime présent lors de cette fameuse soirée. Alors que je bataillais entre deux bières et quelques shots (des shots épicés. Des shots épicés du nom de Fireball. On n’est pas en Louisiane pour rien), tous les riders furent appelés à se rendre au centre de la scène, ce que je fis malgré le fait que j’en ignorais la raison. Soudain, mon premier coach Kent prit le micro et expliqua qu’étant donné mon futur départ l’an prochain, tout le monde s’était réuni dans la journée pour signer un Tshirt du Tournoi pour moi, sur une idée de mon merveilleux colocataire Lyle. En une seconde je me suis retrouvée au centre d’une surprise complètement inattendue. Effet garanti je vous l’assure! Et puisque des images valent mieux que mille mots, je vous laisse sur ces photos et vidéos de la production ToujoursPlusDeLarmesMarie ! Il est tellement important d’être bien entourée, c’est une des leçons que j’ai apprises ces dernières années et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de consacrer mon prochain article à ce sujet (et en tant qu’expatriée c’est d’autant plus fondamental de sentir qu’on n’est pas seul). Ca parait logique et simple, mais être entouré(e) de personnes qui vous aiment et qui ne veulent que votre bien, ça n’a pas de prix. La preuve…

Pour les plus curieux et/ou ceux qui ne comprennent pas tout dans mon discours : « Tout d’abord je suis désolée pour mon accent mais je veux dire, maintenant vous me connaissez.. Et pour ceux qui ne me connaissent pas, lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis, j’avais passé des années noires. J’ai été entourée par la maladie, la mort, j’ai perdu mon père, j’ai perdu ma grand mère, bref j’ai vraiment tout perdu. Donc quand je suis arrivée ici, j’étais encore un petit peu cassée et il faut dire que pour vous, ici c’est votre vie « normale » mais pour moi ça ne l’est pas. J’ai trouvé ici une autre famille, je suis vraiment honnête en vous disant ça. Aller au track (terrain) chaque fois fut génial, vraiment génial et j’ai compris que la vie pouvait de nouveau être brillante. Vous avez tout, TOUT fait pour moi. Je n’avais absolument aucune idée de ce que j’étais sensée faire aux qualifications (référence à l’an dernier). Marcus, peut-être que tu ne t’en souviens pas mais tu as été le premier à venir m’aider et à me donner des conseils. Je pensais : Oh mon Dieu ils sont tellement géniaux, parce que moi, je suis tellement nulle ! Mon premier round fut de 24 secondes et ils disaient quand même « bon c’est pas rapide mais tu t’es bien débrouillée!’ ! Et moi contente qui disais « ouaaaaais ! 24 secondes ! » Donc merci du fond du cœur, parce que grâce à vous je me sens encore mieux. Vous savez, on connait tous à un moment donné ce sentiment quand on se dit qu’on ne se sent pas bien, qu’on n’a pas le moral. Donc si un jour vous vous sentez comme ça encore, rappelez vous dans un petit coin de votre tête que vous avez un jour rendu une petite française vraiment heureuse. Vraiment. Donc merci merci merci encore, pour tout. »

#16 – S02 EP01 VOSTFR

Voilà bien longtemps que je n’avais pas pris mon Word (oui car la plume est quelque peu démodée bien que j’ai toujours une affection particulière pour cette dernière… que je n’ai jamais réellement utilisée au final. Quelle tristesse) pour vous faire un petit compte rendu des aventures Louisianaises. Et pour cause, ce cher Tomytoketchup et moi-même nous sommes envolés pour revenir au bercail durant les deux mois de cet été 2022 lequel fut, laissez-moi vous le dire, haut en couleurs. Et le programme fut chargé, ce n’est pas peu de le dire ! Un mariage, un festival à Barcelone (coucou le Sonar), un autre à Céret (coucou les Déferlantes), des retrouvailles avec la famille, les amis, mes chevaux, des rencontres, une rencontre, une virée dans les Alpes, du jetski avec des dauphins, une soirée au théâtre, des repas familiaux, mais également un petit cadeau en prime j’ai nommé… le covid. Et oui mes amis, après deux ans à me targuer de passer entre les gouttes, après deux ans à claironner que je suis toujours cas contact mais jamais positive, après deux ans de self-confidence exacerbée, j’ai fini clouée au lit. Comme quoi, ça arrive même aux meilleurs. #Blague. Ceci étant dit, et l’explication de mon silence estival étant donné, nous voici de retour pour une deuxième année d’expatriation !

Expat Louisiana Saison 2 épisode 1 (S02 EP01), here we are ! Et comme je suis sympa, je vous fais grâce d’articles rédigés anglais. Nous resterons donc dans une VOSTFR c’est-à-dire, pour les étrangers du monde du streaming, une Version Originale Sous-Titrée en Français !

Le retour en Amérique ne fut pas aussi facile que le premier départ pour y aller l’an dernier. Déjà car la folie de la première fois a, par essence, déjà été vécue. Et puis vous savez, lorsque vous revenez chez vous (le vrai chez vous, pas celui dans lequel vous vous sentez bien mais qui néanmoins n’est pas votre vraie maison), il est difficile de s’en extraire. Surtout après deux mois remplis de « bonnes vibes » comme on dit. Mais c’est le jeu, et je sais pourquoi j’ai signé un nouveau contrat l’an dernier ! (Merci de cliquer ici pour comprendre) Alors mon leggin enfilé, mes baskets chaussées, mon passeport dans la main gauche, celui de Tomy dans la droite (oui, il a un passeport.) et mon sac à dos rose désormais célèbre (ou pas) sur mon dos, nous voilà à 11 000 pieds direction le sol américain.  

Une fois revenue, j’ai pu rencontrer certaines personnes qui suivaient mon blog l’année dernière et qui, depuis août de cette année, font désormais font partie intégrante du CODOFIL. Alors une nouvelle fois, BIENVENUE à vous ! Et pour ceux qui hésitent à candidater cette année, vous n’avez rien à perdre et tout à gagner, y compris peut-être mon poste à MHS (Go DEMONS !) car je signe ici ma dernière année d’expatriée en Louisiane et je compte bien sur celle-ci pour continuer de vous faire partager nos aventures comme je l’ai fait jusque-là. Et je vous préviens, le début de l’année ne s’est pas fait avec la même douceur que l’an passé ! Comme quoi, les années peuvent se suivre sans se ressembler pour autant ! Mais laissez-moi vous conter l’histoire de ce retour sur les chapeaux-de-cowboy-de-roues.

Voulant profiter un maximum de mon temps sur le sol français, je suis revenue… la veille de la rentrée. Oui je sais, j’aime le risque. Cependant, le début de l’année n’a vraiment pas été facile. Comme vous le savez, les élèves que j’ai eu l’année dernière (mes 5th grade donc, équivalent des CM2 je le rappelle) ont ouvert le programme de French Immersion. Ainsi, chaque classe qu’ils passent est synonyme d’ouverture de poste pour un nouveau prof de français . Nous attendions donc un professeur de 6ème grade (équivalent 6ème) que j’avais rencontré en fin d’année dernière et avec qui j’avais échangé. Or, et je vous passe les détails gossip, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre ce même jour, veille de la rentrée, et ce par du bouche-à-oreille, que le dit-prof était parti avant même de réellement arriver. J’ai donc dû en informer la direction de l’école moi-même et devinez qui, en catastrophe, a récupéré la classe de CM2 et la classe de 6ème ? Alors oui mes collègues français, j’ai pensé pareil que vous : « c’est au final simplement un double niveau ». Sauf que non, le taux horaire est bien plus conséquent, le rythme scolaire est bien plus lourd, le programme est beaucoup plus dense, surtout une fois au collège (middle school) et encore une fois, nous n’avons pas le choix dans la manière d’enseigner. D’autant que, je le rappelle, je ne suis pas une enseignante de collège. Cela étant je fais de mon mieux, parole de scout !

Bref, je vous épargne les détails mais cela est revenu à, littéralement, faire rentrer deux journées dans une seule. Pour vous dire, il a fallu engager une remplaçante pour qu’elle termine ma leçon de maths afin que je puisse prendre la classe suivante, histoire que tout le monde ait son taux horaire d’enseignement par matière. Autant vous dire que mon emploi du temps est bien différent de celui de l’an dernier et pour cause je n’avais au début quasiment aucune pause de 7h20 jusqu’à la sonnerie finale. Pour vous donner un ordre d’idée, lors du premier mois j’ai passé entre 10 et 12heures par jour sur l’école samedi et dimanche inclus. Un gros rythme effectivement. Et je vous passe les détails comme quoi aucune commande n’avait été faite. Comme tout n’est pas tout rose, j’ai accumulé énormément de fatigue et de stress.

Mais comme à chaque chose malheur est bon, cette situation a tout de même eu du positif, au-delà du fait de retrouver mes élèves de l’an passé (en plus des nouveaux 5th grade arrivant).

Enfin, comme une photo vaut mieux que mille mots, je vous préviens vous n’êtes pas prêts !

Et oui mes amis, depuis la rentrée, Tomy est autorisé à rester en classe avec nous ! Cela n’a pas été si facile et il m’a fallu une note d’un médecin attestant la nécessité de l’avoir auprès de moi compte-tenu des circonstances exceptionnelles et du temps passé à l’école. Autant vous dire qu’il n’y a qu’en Amérique que l’on peut faire ça. L’enregistrement en tant qu’Emotionnal Support Animal (je vous avais expliqué ce qu’est un ESA dans le dernier paragraphe de cet article) + le certificat du médecin en main, j’ai obtenu l’autorisation du SchoolBoard. Inutile de vous dire que Tomy est la mascotte et qu’à chaque fois que je passe dans le couloir (le matin en arrivant principalement), tous les élèves saluent le chien avant moi ! Mais ça me fait rire et j’aime voir que même des élèves qui ne sont pas à moi me demandent chaque jour si le chien va bien ! Pour tout vous dire, la journée du chien est plus light que la mienne : dormir, aller dans le panier, venir quémander une gratouille, dormir, boire, sortir pendant le peu de planning time récupéré, dormir.

Et puisque nous sommes dans le thème de l’arrivée et des animaux, j’ai également eu le plaisir d’adopter de toutes petites bêtes à la couleur rousse flamboyante. Vivant en groupe, elles sont rapidement, sous leurs airs de famille unie, devenue un fléau. Et quand je dis « rapidement », je veux dire « dès le premier jour ». Mesdames et messieurs, j’ai le plaisir de vous annoncer que ma voiture est devenue le repaire de plusieurs fourmilières de « fire ants »… dans les portières ! Et quand je dis « fourmilière », je veux bien sûr parler de la famille en entier : les fourmis, les œufs, la Reine ! (sans mauvais jeu de mots, on ne nous a pas enlevé la bon8e je vous le dis.). La particularité de ces jolies petites bêtes est qu’elles sont venimeuses. J’ai donc eu le plaisir d’apprendre que je suis allergique à leur venin, mon pied s’étant infecté suite à plusieurs piqures. Un pied gonflé rouge et chaud, ainsi qu’une visite en urgence chez le médecin ont confirmé cela et ont justifié une prise rapide d’antibiotiques. Mention spéciale à notre carte vitale qui m’a fortement manquée. Avant même d’expliquer ce que l’on a, la simple consultation à régler en amont est de l’ordre de 200$.

PS : Les fourmiophobes, allez directement au paragraphe suivant !
PS2 : Je vous ai fait grâce des photos de mes pieds (oui je sais, certains vont sourire à la lecture de cette phrase, ayant quand même reçu cinquante photos de mes pieds à ce moment là! Il y a des privilégiés que voulez-vous…)

Et à peine le temps d’avoir un pied réparé, un chien-élève installé, des fourmis pas tout-à-fait éradiquées mais presque (j’en suis au stade où lorsque je conduis, je lance soudainement mon index sur le tableau de bord pour tuer les récalcitrantes) et une classe overbookée, qu’il faut repartir direction New-Orleans pour une réception au Consulat (ce n’est pas tous les jours que l’on peut dire avoir été invitée par Madame la Consule de France chez elle. Bon cela étant dit, la réception ne fut pas longue et, j’avoue, nous avons terminé notre soirée ainsi que le weekend entier ça et là, écumant les bars et les boutiques. J’ai quand même trouvé le moyen d’éclater mon verre de vin en mille morceaux sur son joli parquet…

En somme, un bon week-end entre filles qui s’est terminé pour moi dimanche matin, devant rentrer tôt car…. Jour des qualifications pour le Tournoi ! Et comme je suis sympa, je vous ai déjà mis l’article suivant à ce sujet en ligne, on se voit à la page suivante !

Et n’oubliez pas : Cheers..ATTENTION !

#15 Saison 1 – Mamou Mardi Gras AKA MMG

Je tenais ce pistolet à colle, ce papier plié en forme de cône, et des mètres (enfin, des ft and inches) de tissu coloré. Il y en avait pour tous les goûts : violet (coucou Julie, je sais que c’est ta couleur préférée), du vert, du jaune, du rouge du bleu, des bariolés, des rayés. Bref, de quoi créer. Mais quelle est cette activité ? Et pourquoi cet atelier couture (oui, couture avec un pistolet à colle) se retrouve-t-il dans cet article ? Et quel est cet évènement de mars que tout le monde attend depuis septembre ? Je veux dire, nous savons tous ce qu’est le Mardi Gras dans le sens où cela existe en Europe également. Seulement voilà chers amis Européens, le Mardi Gras en Louisiane c’est un autre univers, c’est quelque chose de complètement différent. Alors enfilez des colliers de perles, portez tout ce que vous trouverez de violet jaune et vert, et laissez moi vous emmener dans trois jours hors du temps. Welcome in the season of : Mamou Mardi Gras, aka MMG!

Comme je vous l’ai déjà expliqué, chaque évènement (Noël, rentrée des classes, graduation, St Valentin, fête des mères ou des pères, halloween et j’en passe) se prévoit bien, bien en avance. Je vous rappelle que nous trouvions des citrouilles dès la fin du mois d’août pour octobre. Aussi, mes yeux se sont habitués à voir du violet, du jaune et du vert à tout bout-de-champ. Et c’est assez curieux me direz-vous car c’est ici un véritable code couleur. Des tasses, des Tshirts, des boucles d’oreilles, des colliers, des écharpes, des chaussettes, des salopettes (des. Salopettes.) aux motifs de fleurs de lys et hissées de ces trois couleurs. Tel sera votre lot visuel quotidien si vous avez la chance de trainer par ici aux alentours de mars. Je le répète, dans toute la Louisiane, le Mardi Gras est un EVENEMENT. En considérant que nous n’avons aucune vacances pendant cinq mois (aout-novembre), dites-vous que, par contre, l’arrivée de cette festivité pousse des écoles/collèges/lycée à fermer leurs portes. (Une fois de plus, cela dépend des paroisses). Petite chanceuse que je suis, mon high school fut donc fermé. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’importance de la tradition du Mardi Gras, mais ce post vous en donnera, je l’espère, un aperçu. Avant de poursuivre, je voudrai vous expliquer un détail. Bien que se célébrant dans tout l’Etat vous allez vivre des expériences très, TRES différentes selon l’endroit choisi pour le fêter.

A titre d’exemple, la Nouvelle Orléans proposera des parades avec des milliers (littéralement) de cadeaux jetés dans la foule présente pour observer les chars et autres personnages hauts en couleurs (et hauts tout court, cimer les échasses). Et comme la Louisiane c’est « d’un extrême à l’autre », NOLA peut aussi s’avérer très, très sélect. Si vous êtes chanceux comme mes amis Julie et Charles, et que vous connaissez les bonnes personnes comme on dit, alors il y a de grandes possibilités pour que vous vous retrouviez avec une invitation nominative pour un bal. Pas un petit bal avec de jolis décors non. UN BAL. Le genre de bal où vous ne passerez pas si vous n’êtes pas sur votre trente-et-un. Robe de bal et costume de rigueur donc. Je me revois avec ma bière à la main dans les rues de Mamou (vivant ma propre expérience de Mardi Gras que je vais, bien évidemment vous détailler) et recevoir un snap de Julie et Charles en face de Nicole Sherzinger (Les vrais se rappelleront des Pussycat Dolls). C’est ça la Louisiane. Un matin vous êtes dans la boue entrain d’attraper des écrevisses et le soir vous êtes dans un bal digne de l’Upper East Side en face de personnalités venues pour l’occasion. Pour vous donner un autre ordre d’idée, les parades démesurées admirables dans la ville finissent leur chemin dans la salle de bal. J’ignore comme c’est rentré je vous avoue (That’s what she said !). Quoi qu’il en soit, ma connaissance de Mardi Gras dans les grandes villes s’arrête là car, comme vous vous en doutez, j’ai opté pour la version campagne. Chaussez vos boots, enfilez vos capuchons, n’ayez pas peur de vous salir et bienvenue dans une autre version de Mardi Gras, le MMG !

Au risque que ma plume fasse naitre un euphémisme, Mamou est loin, très loin d’être la capitale de l’Etat. Quelle surprise. C’est, je le rappelle, une toute petite bourgade, que bien souvent les habitants n’ont jamais quitté, résidant à littéralement deux rues des gens de leurs familles. Plus d’une fois, les personnes rencontrées pointaient du doigt leur maison, puis se tournaient d’un quart et pointaient la maison de leurs parents, et se tournaient d’un autre quart et pointaient la maison d’un oncle ou d’une tante. Bref, en somme quelque chose de très, très traditionnel. Ce qui, d’ailleurs a ses « pour » mais aussi ses « contre ». Mais contre toute attente, et j’insiste, le Mardi Gras de Mamou est célèbre dans toute la Louisiane. Toute. La. Louisiane. En témoignent toutes ces centaines de nouvelles têtes que je ne vois pas de l’année et qui rendent la Main Street (pas dur, il n’y en a qu’une) noire de monde.

Tout commence avec un capuchon. Tout se termine dans la bière. FIN. Merci d’avoir lu ce nouvel article et on se revoit dans six mois puisque visiblement il me faut à chaque fois une demie année pour rédiger mes posts ! Allez salut !

Bon cette blague ne marchera pas à chaque fois, donc il est bien évident que vous n’allez pas partir comme cela. De toutes façons vous ne pouvez pas car je pose ici et maintenant la première loi de ce blog.

Loi 2022-12-05 Article 1 : tout lecteur se trouvera dans l’interdiction de quitter le territoire de MarryTomyLouisiana tant que les termes « COURIR du Mardi Gras » , « capitaines »,  « origine du gumbo », « chasse aux poulets » et « zydeco » ne seront pas parfaitement maitrisés par son encéphale ».

Comme il devient soudainement agréable d’être sur MarryTomyLouisiana. Blague à part il est évident que vous faites absolument ce que vous souhaitez, nous sommes en terre virtuelle de paix ! (Et puis qu’est-ce qu’une petite invitation à comparaitre au tribunal après tout.)


DRESS CODE

La première chose dont vous allez vous rendre compte sont les costumes ! Le costume traditionnel du Mardi Gras que TOUT LE MONDE porte ressemble à une combinaison (ou haut à manche longues + pantalon) avec une couleur dominante et surtout… des franges ! Mais les accessoires les plus remarquables sont le masque ainsi que le capuchon ! Et là mes amis je vous renvoie à mon histoire de pistolet à colle. Nous avons donc décidé de créer les nôtres ! Me voilà donc ornée d’un « chapopointu » typiquement cajun ! Mais, petite française que je suis, je n’ai pas résisté à rajouter trois rubans au sommet de celui-ci, en référence à mon drapeau ! C’est fou comme, lorsqu’une foule se met à agir ou s’habiller de la même manière, cela devient la norme et alors plus rien n’est surprenant.

LE COURIR DU MARDI GRAS

Sans doute l’évènement tant attendu de ce marathon de la fête ! L’idée est la suivante : un trajet est établi à l’avance et les gens (vous et moi donc) peuvent se placer à certains check-points. Quand vient l’heure, ce sont des cinquantaines de cavaliers (plus ou moins alcoolisés il faut bien se l’avouer) qui arrivent, précédés d’une sorte de grande cariole avec des musiciens cajun/zydeco et qui vont faire étape avec vous avant de repartir vers la prochaine. Cette étape dure très, très longtemps pour notre plus grand bonheur car cela permet de revenir à l’essentiel c’est-à-dire : être ensemble. Tout le monde partage rire, danse, repas (bien souvent du boudin. Mais attention le boudin ici est une sorte de saucisse, pas cette chose blanche ou noire infâme que nous connaissons sous le même nom), et, préparez vous (vous n’êtes pas prêts) : une chasse au poulet.

Là, interviennent les capitaines, reconnaissables à leurs capes aux couleurs de Mardi Gras (ceux qui ont suivi sauront donc qu’il est question du vert, du jaune et du violet). En gros, ce sont ceux qui chapeautent tous les cavaliers. Ils sont également responsables des poulets. Quand le moment est venu, les capitaines lancent un poulet en l’air (assez loin histoire que tout ne soit pas plié en deux temps trois mouvements) et les cavaliers vendraient leur âme au diable pour être le premier à l’attraper. Autant vous dire que c’est aussi surprenant que drôle. Ça tombe, ça se traine dans la boue, ça finit dans l’eau, bref c’est unique ! Et puis, forts de cette heure passée ensemble, tout le monde remonte sur son cheval et s’en va jusqu’à la prochaine étape ! De toute évidence, vous pouvez suivre ce cortège unique, improbable et joyeux tout au long du parcours ! Et quelle ne fut pas ma joie de retrouver mes acolytes cavaliers, mes amis riders du tournoi, bref ma deuxième famille en un sens !

Mais comme je vous l’ai dit, être dans un coin reculé veut également dire : tradition. Traditionnellement, il s’agissait de faire l’aumône pour récupérer de quoi faire un repas pour tout le monde. Le poulet lancé était donc lui aussi destiné à finir dans une soupe. Le travail des hommes était de récupérer de quoi créer le gumbo pour tout le monde, et les femmes étaient responsables (ô, surprise) des tâches familiales. C’est pourquoi aujourd’hui, à ce titre, le Courir du Mamou Mardi Gras n’autorise pas les femmes à monter à cheval. Certains autres villages le permettent mais ce n’est pas le cas de Mamou et je ne pense pas que cela changera, en raison de la volonté de respect des traditions. RIP mon âme de cavalière. Bon, cela étant, les traditions ont quand même un petit peu évolué dans le sens où on épargne les poulets, et dans le sens où il n’y a pas de gumbo géant pour toute la ville. Ce long parcours se termine dans les rues de Mamou là où tout le monde boit attend sagement ! Aussi, attendez-vous à voir des gens debout sur leurs chevaux, à observer des groupes de personnes installées sur les toits des pickups en marche et à danser toute la journée ! Et quand je dis « danse », on revient aux bases c’est-à-dire de la danse à deux, une sorte de rock en quelque sorte. Mais… version cajun sur de la musique Zydeco of course !

Il faut que vous vous rendiez compte de quelque chose, c’est tellement intense, c’est tellement « wild » que les enfants ont leur propre « courir du mardi gras ». Et la plupart du temps ils finissent eux aussi dans la boue. La Louisiane a quelque chose avec la boue qui me fait rire ! D’ailleurs, les journalistes ne sont pas épargnés, je vous laisse juger par vous-même. Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, je vous invite à faire une minute de silence en souvenir de la chemise du journaliste d’un blanc immaculé.

Ici, après la pluie, les enfants sont autorisés à aller dehors et à sauter dans la boue jusqu’à être sale de la tête aux pieds ! Donc autant vous dire que le MMG est l’occasion rêvée, et en interrogeant mes élèves la partie « boue » est le moment préféré de certains !

AWARDS

Fun fact, dans chaque mardi gras (celui des enfants et celui des adultes donc) des awards sont décernés à l’issue de la semaine : best chicken chaser (donc le meilleur attrapeur de poulet, une sorte de Quidditch cajun en somme), best costume (coucou les capuchons et les franges), best dancer (et je vous assure qu’il y a du niveau, vraiment), best all around (là ce sont les déterminés qui ne se sont pas posés une seule fois.). Je pense qu’on pourrait ajouter l’award de l’alcool et des bars et le décerner à la ville entière + aux centaines de personnes venues exprès pour l’occasion ! Pour vous dire, la descente est tellement rapide que les bars ferment quelques jours après le MMG, histoire de « se remettre ».

Cette ambiance me rappelle les fêtes du Sud de la France, dans un registre différent mais dans le même genre d’intensité ! J’ai la sensation que malgré toutes les explications et tous les détails que je pourrai donner, rien ne vaudra votre venue, et votre propre constat ! Tout est permis en cette période. Cette radieuse déambulation colorée, c’est quelque chose croyez-moi ! Une partie de moi me dit d’aller faire un tour à la Nouvelle Orléans l’an prochain, mais que voulez-vous je suis une countrygirl, et c’est une si belle occasion de se retrouver que j’ai peur que l’effervescence de la campagne me manque lors du prochain Mardi Gras. Comme on dit, qui vivra verra ! Et comme on dit ici, littéralement, et en français : LAISSE LES BONS TEMPS ROULER. (On dit aussi « lâche pas la patate » soit-dit en passant, c’est cadeau).  

Petit bonus : l’HYMNE du Mamou Mardi Gras ! Aucune excuse c’est en français cajun !

#14 Saison 1 – Arkansas trip

Et c’est en ce jour de tornade que je reprends ma plume. Oui vous avez bien lu, en ce jour de tornade. Non parce qu’il faut bien se le dire, l’ouragan Ida, ce n’était pas assez en fait.  La météo Louisianaise s’est dit « tiens, comment puis-je encore davantage détruire la vie des locaux ? ». Le temps à l’extérieur est… étonnant. Même Tomytoketchup (Tomy donc) en sortant dehors s’est mis à coucher les oreilles en regardant vers le ciel. L’air est très lourd, et je comprends dorénavant l’expression « le calme avant la tempête ». Rien ne bouge, tout est arrêté. Il est midi mais le ciel indique 22h00 par tant d’obscurité. Quoi de mieux donc que de saisir ce temps suspendu pour écrire, profitant de ce jour de fermeture des écoles ? Je vous vois d’ici penser dans un petit rire « encore heureux que les écoles ferment pour avis de tornade ». Oui mais mes chers lecteurs, en réalité la décision n’a pas été prise aussi rapidement, nous avons été la dernière paroisse (en gros circonscription) à décider de la fermeture. Par contre pour 0°, là, ne nous posons surtout pas de question, fermons et barricadons !

Blague à part, plus sérieusement nous sommes toujours la dernière paroisse à décider de la fermeture lorsque cela est « nécessaire ». (Vous noterez l’usage des guillemets car je me refuse à comparer deux situations telles que 0° et… une tornade). Quoi qu’il en soit, à l’heure où je vous écris nous sommes en alerte jusqu’à 14h00, et je suis avec intérêt le déplacement des tornades qui, d’ailleurs, ne sont pas si loin : 30km pour la dernière. Je vous renvoie en fin de ce post si vous voulez un aperçu de ce qu’ont vu les habitants de NOLA (New Orleans!).

Vous savez, il est parfois difficile de raconter un quotidien d’expatriation sans tomber dans le piège de pondre un post qui s’apparenterait à un grand statut Facebook relatant des vacances quelconques. Garder cette dynamique de partage d’aventures n’est pas un exercice si aisé mais, tout de même, je vous invite dans le prochain souvenir de ma tête : notre virée en ce weekend de Janvier dans un autre Etat. Où ? Encore un peu de suspens, assoiffés d’aventures que vous êtes! Et quel suspens, #MarieTuAsMisLeNomDeLEtatDansLeTitreDeTonArticleDebilusProfondicus ! J’espère que pour les futurs expatriés qui passent par-là (coucou vous !) cela fera encore davantage pencher la balance en faveur du départ car, je ne le répèterai jamais assez, cette aventure n’a JAMAIS été ni un mauvais choix, ni regrettée pour une raison quelle qu’elle soit.

Ainsi, merci de faire vos valises (pas trop grandes non-plus, on ne part que trois jours), et surtout prenez un bonnet car on décolle… aux Arkansas ! Wait, attendez, on ne dit pas « en Arkansas » ? Ah oui tiens, quelle bonne entrée en matière qu’un petit problème de déterminant. Donc après m’être reprise cent fois à coup de « il me tarde vendredi d’aller en… AUX Arkansas » j’ai fini par m’habituer à cette nouvelle façon de dire. Ce qui est étonnant me direz-vous, c’est « comment connaitre la nature du déterminant lorsqu’en anglais, masculin, féminin, singulier et pluriel se dit…. THE. ». Ah la langue anglaise.. Croyez-moi si vous voulez mais j’ai d’ailleurs appris que l’anglais comptait deux fois plus de mots que le français. Deux. Fois. Plus. Enfin bref, refermons cette page et revenons un instant à nos moutons. Mon cher colocataire, j’ai nommé Lyle, m’a donc expliqué (le sachant lui-même de sa prof de linguistique à l’Université) que si nous allons « AUX Arkansas » c’est parce que par le passé, « Arkansas » était tout simplement le nom de la tribu Amérindienne établie là-bas. Le nom a donc perduré et voilà pourquoi maintenant il est question DES Arkansas. Valises bouclées, bonnet prêt à être dégainé sur notre tête (car d’un Etat à l’autre on change complètement de météo), croquettes balles et panier de Tomy installés dans la voiture, et plein d’essence fait (coucou le litre aux alentours d’1€. Oui je sais vous avez détesté lire cette phrase), nous voici Lyle, Julie Charles, Tomy et moi en direction de nouvelles aventures extra-Louisianaise. Lets go… AUX ARKANSAS !

La première chose à savoir, et ô comme ça fait du bien, est que cet Etat voisin de la Louisiane N’est PAS plat (chose que vous constaterez par vous-même dans la vidéo. Céline, ne regarde pas cette vidéo je te vois d’ci « oh ca me ferait vomir »). Oui, car quand vous conduisez pendant sept mois sur des routes droites avec que très peu de virages et ce, en voiture automatique, laissez-moi vous dire que le plaisir de la conduite est légèrement atténué. En fait on en vient à « attendre assis avec les mains sur le volant. » et croyez-moi, c’est long. Mais ce n’est pas mon cas comme je le disais là (les vrais reconnaitront la ref), car lorsqu’on arrive aux Arkansas, on prend une grande bouffée d’oxygène. Nous sommes donc montés jusqu’à Little Rock (lieu de notre Bnb) et la route pour s’y rendre ressemblait à une immense virée en forêt, ce que, personnellement, j’adore ! Après presque six heures de route (oui c’est long), nous voilà arrivés au chalet. Perdu sur les hauteurs et caché dans la forêt, notre hébergement insolite était tout ce dont nous avions besoin : une maison faite intégralement de bois, chaleureuse à souhait ! Bon, on repassera pour le cadre en relief avec les croix de Jésus dessus, planté au-dessus du lit. (Oui chers amis américains, ce n’est pas aussi courant chez nous en France). Le programme était assez simple : détente, promenade, visite du Downtown, et petite randonnée !

Emerveillés par la beauté du lieu, nous n’en avons pas pour autant oublié que nous étions des humains et, par voie de conséquence, que nous étions dotés d’estomacs, lesquels, de nouveau par voie de conséquence, parfois gargouillent. Oui bon, plus simplement : nous avons eu faim. Une fois les chambres envahies de nos affaires nous sommes partis au Walmart du coin mais quelle ne fut pas notre surprise de se faire entendre dire qu’il fallait se dépêcher car… la neige arrivait ! La. Neige. Alors en soi la neige en Arkansas n’a rien de rare mais quand vous passez de 20° à -5° aussi rapidement, je vous assure que vous vous retrouvez à l’état d’âge mental 5ans, maximum ! J’en ai donc, de toute évidence, profité pour immortaliser la neige dans tous ses états avec mon fidèle compagnon. Une petite variante de Martine en soi. Tomy à la neige. Tomy et le flocon. Tomy découvre le froid. (Promis je serai moins gaga une fois maman.)

Si vous allez aux Arkansas, je vous invite à aller faire un tour du côté de chez nous, revoir nos … Oups ce sont les paroles d’une chanson ça. Bref je vous invite à aller marcher du côté du « West Summit Trail ». Une courte randonnée (comptez 35minutes) qui grimpe légèrement (la vue, ça se mérite.) La fin sera un petit peu « compliquée » pour ceux n’ayant pas l’habitude car il n’y a plus de chemin arrivé en haut, donc il faut crapahuter un petit peu. Mais une fois arrivés au sommet vous aurez la vue pour vous, un lac d’un côté, l’immense étendue de l’autre ! Mention spéciale à cet homme qui a fait la montée neuf mille fois (c’était écrit sur un banc, en son honneur).

L’après midi nous a menés dans le Downtown de Little Rock, et je ne peux que vous conseiller d’aller dans ce petit bar sur la rue principale et dont je ne me souviens absolument pas du nom. (Oui, c’est le prix à payer lorsque je rédige mes articles littéralement trois mois plus tard.) L’intérieur est cozy, et ils servent leur chocolats et cafés dans des tasses dignes de chez votre mamie ! Les mains réchauffées et l’estomac rempli de chocolat chaud pour ma part (vous ne vous attendiez sérieusement pas à ce que je mette à aimer le café ?) nous voilà repartis accompagnés du petit loup le long de la rue principale, découvrant ça et là des boutiques sympas et toutes aussi différentes les unes des autres. Vous cherchez des antiquités ? Little Rock. Vous chercher des produits ésotériques ? Little Rock. Vous voulez vous retrouver chez Willy Wonka (Coucou la première vidéo ci-dessous)? Little Rock. Vous cherchez des vêtements ? Little Rock. Vous cherchez des instruments style hangpan ? Little Rock. Vous voulez voir l’affiche d’une belle baignasse pour laver le fessard (Coucou la deuxième vidéo ci-dessous)? Little Rock. Vous cherchez à remonter le temps ? Little Rock. Wait.. à remonter le temps ? Il ne fallait pas en dire davantage. La clochette de la porte passée, nous voilà entrés dans le passé. Une robe ou deux enfilées, un chapeau vissé sur la tête, une bouteille à la main et un cigare à la bouche, je vous présente… les Peaky Teachers !

Vous l’aurez compris, je suis tombée amoureuse DES Arkansas ! La dernière après midi fut consacrée à Hot Spring qui porte particulièrement bien son nom. Attention cependant, mettre ses mains sous de l’eau de source naturellement bouillante est à double tranchant. Alors oui vous allez pouvoir soulager vos doigts du froid qui les frappe via cette chaleur intense, mais attention au moment où il faudra se séparer de cette eau et laisser sécher vos mains à l’air libre (qui donc, par contraste, vous paraitra encore plus froid. Hor-rible.) Une fois avalé un superbe breakfast healthy concocté par KOLLECTIVE et ma chère Julie raccompagnée à l’aéroport, je suis repartie en direction de la maison et j’ai souhaité m’arrêter voir une chapelle absolument magnifique, au cœur de la forêt : La chapelle Saint Anthony

Mais, que serai-je sans une situation à la Marie ? Après avoir fait un détour de 3heures, en quête de cette fameuse chapelle, je me suis donc retrouvée devant les grilles… fermées (St Anthony rouvrant ses portes courant printemps). Très sympa ce petit trip pour admirer une grille. Bref, voilà ce que j’ai raté !  

PS : Chose promise chose due, voilà la petite tornade qui a décidé de venir faire une valse du côté de la Nouvelle Orléans

#13 Saison 1 – Choc culturel

On ne le dira jamais assez, l’expatriation est une aventure. Déjà par essence car le fait même de bouger est, en soi, du changement. Mais cela ne s’arrête pas aux portes de l’avion. De toute évidence, une fois sur place il faudra s’installer et se frotter, se heurter, s’accommoder, s’adapter aux différences entre votre pays d’origine et le pays d’accueil. Cela ne veut pas dire que vous allez mal le vivre bien au contraire. Certaines fois vous noterez des petites différences de vie qui vous amuseront. D’autres fois, il s’agira d’une toute autre manière de faire dont vous n’avez pas l’habitude. Quoi qu’il en soit, que l’on en rie de bon cœur ou que l’on en rie jaune, l’expatriation a ce petit quelque chose magique qui fait que l’on en ressort l’esprit plus ouvert qu’avant de l’avoir vécu, car ô surprise, il existe un autre monde derrière la porte de notre maison.

Oh je vous vois venir avec votre première pensée comme quoi je n’ai pas non plus atterri en pays Afar dans une tribu Ethiopienne. Mais figurez-vous chers amis, connaissances ou visiteurs, que l’Amérique n’est pas si semblable à l’Europe, et plus précisément (parlons de ce que je connais) la Louisiane n’est pas si semblable à la France.

Alors autant le blog relate les évènements notables dont nous n’avons pas l’habitude (le Tournoi, la visite d’autres Etats –New York ou Arkansas-, Mardi Gras, le système scolaire américain etc), autant cet article fera dans le détail. Nous allons mettre le doigt sur ces petites différences du quotidien, ce à quoi on ne pense jamais mais qui peut rapidement être chiant (appelons un chat un chat) comme par exemple … la disparition du gruyère. J’y reviendrai. Aussi, installez-vous confortablement, laissez-moi vous conter la journée fictive d’une expatriée en Louisiane. Let’s go c’est parti !

Chapitre 1. La démesure

Il est 6h du matin vous dormez paisiblement du sommeil du juste lorsque soudain votre réveil sonne. A 06h02, lorsque vous mettez un pied au sol (deux minutes clairement utopiques dans mon cas) vous vous dirigez vers le frigo de 3mètres sur 15 pour vous servir ce qui s’apparente le plus à un déjeuner européen c’est-à-dire des céréales. (Amen les Spécial K que l’on retrouve ici aussi et qui sont moins bourrées de sucre que le reste des aliments). C’est ainsi que vous sortez votre litre de lait. Sauf que non. Vous ne sortez pas votre litre de lait, vous sortez votre gallon de lait. Il est vrai qu’en une semaine, un seul estomac a besoin de 3,78litres de lait. Imaginez donc la taille de la porte intérieure de votre frigo pour pouvoir ranger vos presque 4litres. Vous l’aurez compris, ici se trouve le pays de la démesure. Frigo, four, machine à laver et sèche-linge sont simplement plus grands que ce dont vous avez l’habitude (je vous renvoie à l’article #8 dans lequel j’explique que j’ai pu rentrer dans un sèche-linge. Un. Sèche. Linge.).

Admettons un instant que vous ayez envie d’un petit déjeuner Macdo (qui est d’ailleurs, contre toute attente, de mauvaise réputation ici, les gens préférant Sonic par exemple), préférez le menu small qui se trouve être l’équivalent du maxi de la France (car dans le Maxi américain vous vous retrouverez littéralement avec deux litres de coca).

Le ventre bien rempli, vous vous dirigez vers le supermarché du coin, afin de faire quelques courses. Là, deux choix s’offrent à vous. Un caddie de taille somme toute normale (oui ça arrive) ou… un scooter intérieur. Oui, il est possible de faire ses courses au volant d’un deux roues… Non activité physique totale, bien le bonjour ! Notez également la taille des aliments : pastèques démesurées, citrouilles rappelant la taille de Jupiter, paquets de céréales format familial mondial, quintal de mayonnaise etc. Par ailleurs vous pouvez d’ores et déjà faire le deuil de certaines de vos habitudes alimentaires. Adieu donc cher gruyère râpé et bonjour le tout petit morceau à 20$ (comprenez donc que si vous voulez faire un gratin, vous devrez acheter une bonne quantité de ces petits morceaux. Coucou le gratin dauphinois à 80 balles) ; adieu ô tant adorée baguette et bonjour truc de deux mètres à base de farine qui a juste eu le mérite de gonfler au four ; adieu crème fraiche ; au revoir lardons et bonjour rien du tout à la place. Et j’en passe. A la place vous trouverez du cheddar pour trois fois l’Afrique, de la sauce piquante à tout-va et, il faut quand même reconnaitre ça, un génie de calories néanmoins succulent : les Reese’s. A l’heure de passer à la caisse, amis écolo, asseyez-vous. Vous vous rappelez il y a dix ans lorsque les petits sacs en plastique ont été interdits au profit de grands sacs réutilisables ? Hé bien cette décision n’est jamais parvenue jusqu’ici et les gens continuent d’utiliser dans tous les magasins ces petits sacs, honte pour notre planète. Le bonjour aux dauphins et aux tortues qui vont se remplir la panse, une seule ultime morbide fois. Il y a vraiment des incohérences.

Chapitre 2 : Le volet automobile

Sur un air plus léger, retournons un instant sur le parking du supermarché, et allons ranger nos courses dans le coffre de notre voiture. Vous remarquerez rapidement que la taille des places de parking est directement liée à la taille des voitures qu’elles sont destinées à recevoir. Bienvenue au pays des trucks (comprenez 4×4) ! Et il y en aura pour tous les goûts : simple ou double cabine, réhaussés au max, à led, double essieux, roues jumelées à l’arrière, et alors mention spéciale à ces antennes de 3mètres surmontées de balles de tennis. La rédaction de ce blog (c’est-à-dire Tomy et moi) cherche toujours l’utilité à cela. En tout cas, ça me fait rire ! Néanmoins lorsqu’on voit l’état de la majeure partie des routes louisianaises, on peut comprendre pourquoi les gens utilisent des pick-up. Ne soyez donc pas étonnés de voir des jeunes de 16 ans au volant de F150 ou de voitures tout aussi « classe » mais opposées en termes de style comme des Dodge Charger par exemple.  En comparaison et en précisant que je l’ai adorée, merci de faire une minute de silence en souvenir du bolide que je conduisais à 18 ans : la Twingo. Attention, ne croyez pas que nous vivons dans l’Etat le plus riche des US (bien au contraire d’ailleurs), en fait c’est vraiment « du tout au tout ». Donc d’un côté vous avez des voitures clinquantes et de l’autre vous avez des poubelles sur roues. (Tout comme d’un côté vous verrez des maisons aux allures de châteaux et de l’autre côté des maisons aux allures de maison bidonville)

Nous devons prendre l’Highway (autoroute) pour rentrer à la maison. Non c’est faux mais c’est pour l’histoire. Chut, merci. Attention à bien regarder de tous les côtés car ici ça double par la gauche et par la droite ! Cela étant, bonheur ultime comparé à la France de pouvoir prendre n’importe quelle autoroute sans payer. Lorsque je vois les actualités expliquant que le prix des autoroutes françaises va encore augmenter au 1er février, je suis ravie de vivre dans un Etat où cette partie est gratuite. Et que dire du prix de l’essence ? Là ou je râlais pour le gallon de lait, je suis enchantée du gallon d’essence qui n’est en moyenne qu’à à peine plus de 3$. Pour faire simple :

1 gallon (3.78L) = $3.10  (2€74) (prix moyen à Lafayette). Donc en gros on a presque 4 litres d’essence (pas diesel, essence) pour 2€74.

  • Si on divise à partir de l’unité supérieure (4L) on a donc 1L pour 0.685€
  • Si on divise à partir de l’unité inférieure (3L) on a donc 1L pour 0.913€

Par contre merci d’hypothéquer votre maison et de vendre un rein pour assurer votre voiture. Etant expatriés, les compagnies d’assurance prendront en considération votre permis américain. Donc même si vous conduisez depuis dix ans comme c’est mon cas, vous serez à leurs yeux jeunes conducteurs depuis quelques semaines seulement. Je viens donc de payer pour six mois (oui car ici ça assure par tranche de six mois) 1300$. Et c’était la moins chère. Ah, je viens de voir passer mon âme par la fenêtre.

« Mais n’as-tu pas école ce matin? » me demanderez-vous. Non mes amis, pas ce matin. Car ce matin les écoles sont fermées. Pourquoi ? Car il fait froid. Les Louisianais ne sont vraiment pas habitués aux basses températures et lorsque la météo approche les 0° et qu’il peut potentiellement pleuvoir (donc neiger), certaines écoles vont décider de fermer tout d’abord car les routes peuvent glisser, mais ensuite car les enfants n’ont tout simplement pas forcément de manteau. Voilà voilà… (Encore une fois, cette décision est prise école par école, voire schoolboard par schoolboard).

Je ne reviendrai pas sur la partie ouragan dans cet article qui pourtant est une majeure différence avec la vie européenne tout simplement car un article est déjà dédié à cela (l’article #7)

Ah, on me dit dans l’oreillette que le temps vient de se réchauffer. Quel miracle, nous pouvons retourner à l’école. Non c’est toujours faux, c’est toujours pour l’histoire. Mais le principe de cet article est de condenser les différences culturelles dans une fictive journée de 24h. Donc on lit et on fait semblant que c’est vrai ! Cela dit mes chers amis, apprêtez-vous quand même à voir la météo changer en 24h de temps et pour le coup, ça c’est vrai ! Vous pouvez tout à fait perdre 15 à 20° en 24h de temps (ou les gagner). Ahh la Louisiane.

Chapitre 3 : Back to school

            Nous voilà donc de retour à l’école, retrouvant nos élèves réchauffés en classe et ce, après avoir « sign in » (pointé) avec notre empreinte digitale. Je vous renvoie à l’article #6 lequel évoquait déjà toutes ces petites choses mais je voudrais néanmoins revenir sur le dress code car j’ai entre temps eu des précisions sur des choses que je ne comprenais pas. Bon, le principe d’avoir un jour réservé au blue jean (le fameux « jean day ») reste toujours incompris de mon cerveau mais j’ai compris pourquoi les élèves doivent avoir leur veste « dézippée » (donc ouverte) à l’intérieur des bâtiments. Vous ne devinez pas ? Hé bien c’est une question de sécurité. Je vous laisse réfléchir quelques instants…

En réalité, on exige que les vestes soient ouvertes afin de voir tout de suite si une arme tente d’être cachée.

Chapitre 4 : Quid Covid

            Et puisque nous parlons sécurité et école, quel meilleur moment que celui-là pour vous faire un petit aparté Covid ? Je vous l’annonce tout de go, nous vivons en 2017. Ici, aucun pass sanitaire, aucune obligation vaccinale et… aucun port du masque. Quand je dis « aucun » c’est « aucun ». C’est-à-dire que c’est au bon vouloir de chacun mais si vous vous promenez dehors, dans un supermarché ou à l’école je dirais qu’en moyenne seulement 2 personnes sur 5 le portent (et encore.)

Au niveau scolaire, le masque fut requis en début d’année mais l’obligation fut rapidement levée et depuis, il s’agissait d’une obligation à la semaine histoire que « les cas redescendent en se protégeant sept jours. ». Par contre n’allez pas imaginer nos jolis FFP2 ou masques bleus. Non, ici tout est permis, foulards, masques en tissus (simples ou aux couleurs de l’établissement, d’une équipe de sport ou que sais-je encore), masques brodés etc. Mais cher lecteur, il y a ici aussi une manière d’échapper à « l’obligation » hebdomadaire. Si vous (ou les parents d’élèves) n’avez pas vraiment envie de vous embêter avec ça, il vous (leur) suffit de remplir le papier ci-dessous. Globalement il s’agit d’une mini décharge qui dit « je sais qu’il faudrait mais je n’ai pas envie donc je ne le ferai pas merci au revoir ». Et hop ! Vous êtes en règle. (Cela ne vaut que pour l’école puisqu’encore une fois vous ferez exactement ce que vous voudrez en extérieur). 

Cela étant, ils ont tout de même fait la démarche de faire venir des infirmières qui testent une fois par semaine qui le veut. Là où ça devient intéressant c’est que les intéressés peuvent se faire payer pour cela (à hauteur d’une dizaine de dollars). Et si vous saviez comme le viol nasal français ne me manque pas. Ici, le test PCR (ou antigénique) se limite à l’infirmière insérant le stick d’à peine 1cm à l’entrée de la narine. Elle tourne légèrement et en cinq secondes c’est fini. Autant vous dire que vous risquez de vous faire plus de mal avec votre propre doigt. (Bien qu’on ne se fasse pas dépister avec son propre doigt. Anyways, vous avez saisi)

Plus « officiellement », je n’ai pas les chiffres des positifs en tête mais du point de vue de mon ressenti et de ce que j’entends par-ci par-là, je n’ai pas l’impression que la situation soit pire qu’en France, ou même qu’elle soit dramatique. Par contre, effectivement, depuis Noël j’entends tout de même davantage de cas positifs ne serait-ce que dans ma classe. Et note pour mes collègues français(e)s : le protocole est ici assez simple : cas contact ou cas positif isolement 5 jours et on revient !

            Au niveau société et vie de tous les jours, nous avons vraiment ce ressenti de liberté. En en parlant avec des amis expatriés, nous nous sentons privilégiés en comparaison avec la situation que nous avons laissée. Ce n’est pas compliqué : on fait ce qu’on veut quand on veut avec qui on veut. Je pense que c’est lié au fait que nous soyons dans le Sud des Etats Unis qui est clairement plus « jemenfoutiste » (Je vous renvoie à mon article sur NYC, ville dans laquelle tu ne peux rien faire si tu n’es pas vacciné et point barre.). Il y a tout de même une différence avec les grandes villes. Je pense notamment à la Nouvelle Orléans, où Julie m’expliquait que ce n’est pas aussi libre. Quoi qu’il en soit, gardez à l’esprit que si vous venez vers chez moi, vous n’aurez besoin ni de masque ni de vaccin (bon, il vous le faudra quand même pour arriver sur le sol américain) et personne ne vous demandera jamais rien en relation avec ça. Par contre il est vrai que la mentalité américaine est différente de la française. Non pas que l’une soit mieux et l’autre moins bien mais les gens sont globalement dans un move de vaccination et ce, plus ou moins volontiers. (Je vous épargne l’article sur le cinéma muet mais sanglotant que j’ai fait au centre vaccinal du Texas au moment de prendre ma dose pour pouvoir revenir en France à Noël.)

Chapitre 4 : A table!

Et c’est lors du dismissal (heure de la sortie) à 15h que vos collègues vous demandent si vous voulez manger avec elles au restau du coin ce soir. Ce « soir ». Non mes amis, rejetons en masse le mot « soir » lorsqu’il est question d’aller au restaurant à 17h ! Si comme moi vous vivez dans le Sud de la France, vous saurez que le soir (le vrai soir) nous mangeons assez tard. Quel choc fut-ce de constater qu’ici les américains vont au restaurant à 17h. Mais 17h c’est l’heure d’un éventuel petit goûter, c’est l’heure d’aller voir son cheval, c’est l’heure d’aller au sport, c’est l’heure de tout sauf de souper voyons ! Je vous laisse donc imaginer mon cher colocataire et son ventre qui gargouille bien comme il faut à 18h, heure à laquelle moi je n’ai absolument aucune espèce de faim. Cela dit ce soir au menu il y a de l’alligator. Y a-t-il besoin de vous préciser en quoi c’est différent ? Alors adieu les lardons et bonjour l’alligator ! Si, en vous rendant à votre repas vous avez une soudaine envie d’un petit peu d’alcool, merci de vous diriger vers les « drive thru » de daiquiris. Non vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un drive d’alcool, on se met en ligne, on commande, on paye et on repart avec son verre d’alcool à la main pendant que l’on conduit. Légal et visiblement normal.

            Fun Fact : Mention spéciale à la douche et …… au tuyau qui n’existe pas. Donc si vous voulez rincer votre baignoire ou votre douche, vous devrez vous munir d’un verre ou d’une carafe (Coucou le verre vert dans l’angle de ma baignoire). Ce qui me fait également penser, en cette fin d’article, aux toilettes publiques et leurs portes. Ou devrais-je dire le timbre-poste qui sert de porte, séparant votre « activité » de ceux qui attendent leur tour. Je me suis renseignée sur la raison de cette « non-cloison ». Imaginez une ouverture de bien 30-35cm en bas (et plus en haut) et assortie d’un espace somme toute notable entre le battant et le cadre. La raison de cette intimité inexistante résiderait dans trois facteurs : sécurité (si quelqu’un a besoin d’aide) ; productivité (coup de serpillère facilement passé) et prévention (des comportements illicites).

            Pour terminer cet article à la liste non-exhaustive, je voudrais souligner la mentalité, cet esprit de fraternité, de solidarité et d’accueil. Si je voulais trouver le meilleur moyen de vous faire visualiser ce que cela représente, je vous renverrais aux photos des différents articles de ce blog, car si ces expériences ont pu être racontées, c’est que bien des personnes m’ont prise sous leur aile. Et je ne suis pas certaine que c’eût pu être le cas en France aussi facilement. A titre d’exemple : je viens d’être invitée à passer trois jours de randonnée équestre en avril pour fêter l’anniversaire de mariage de responsables du Tournoi (Pour lire ou relire l’article du Tournoi, c’est par ici !).

En vous demandant de profiter du gruyère, de la crème fraîche et de la baguette pour moi, je vous dis à très bientôt dans nos traces de pattes et vous invite à nous suivre… En Arkansas ! Article #14 here we go !

#12 Saison 1 – A nous, York !

Un matin, j’ai réalisé que jeudi 11 novembre était un « day off » et en bonne petite française que je suis, je me suis tout de suite mise à réfléchir au possible programme de ce pont. De ce pont… Ces mots sonnent à mon oreille comme le souvenir d’un fonctionnement passé. Point de pont ici, chère Marie. Néanmoins, et c’est un des avantages à être enseignant ici aux Etats Unis, nous disposons de huit jours à « prendre » quand bon nous semble (pour raisons personnelles, maladie etc.). Il n’en fallut pas plus à mon petit cerveau en surchauffe pour prendre le téléphone et appeler mon acolyte j’ai nommé Julie ! J’avais dans l’idée un voyage dépaysant, quelque chose que je n’avais encore jamais vu de mes yeux et faisable en 4 jours. Cela étant, et comme je l’ai déjà évoqué, le système américain est bien plus compliqué que le français. Et donc après avoir posé un jour et remué ciel et terre pour lui trouver une « sub » (remplaçante) nous nous sommes retrouvées à 5h du matin à l’aéroport Louis Armstrong de Nola, direction… la Grande Pomme ! Et à quoi correspond le 11 novembre ? A l’anniversaire de Julie! 31 ans à NYC, avouez c’est classe.

Par souci de clarté, j’ai mis en gras les informations d’ordre pratique. Pour les plus courageux, le reste de l’article décrit nos épopées ! Let’s go !

A peine l’avion posé sur le tarmac de Newark (oui, il s’agit du vrai nom, ce n’est pas NewYork écrit façon low-cost), notre premier réflexe fut d’aller assouvir notre soif de cliché(s) en nous rendant à … Central Park ! D’ailleurs, si vous projetez de visiter NYC, préférez un billet à la semaine trajets illimités, ça vous coûtera à peu près 25$ et ce sera nettement plus rentable. N’hésitez pas à le demander aux points infos car les machines ne sont pas franchement intuitives. Bagages posés dans notre BnB, c’est parti pour le poumon vert de la ville. En chemin nous n’avions d’yeux que pour la ligne de métro. Non je plaisante évidemment (quoi que certaines étaient franchement bien décorées, avec par exemple de petits personnages en métal qu’il fallait vraiment voir)! Bien avant le métro donc, nous n’avions d’yeux que pour les murs de Brooklyn, aux briques rouges et aux escaliers en Z sur la façade. Quelques photos (ok, un millier), un hot-dog, un bretzel (oui Julie je sais déjà que tu vas m’envoyer un message pour me dire que toi, tu as acheté un PPPretzel!), une balade le long de ces sentiers citadins et un long temps passé assises sur un banc à écouter les musiciens, tels ont été les ingrédients de notre première journée éreintante certes, mais éblouissante. Et quand je dis éblouissante je fais également référence aux millions de leds qui forment les écrans géants de Times Square, notre dernière étape de la journée. Mention spéciale à l’énorme clitoris exposé, au centre duquel les plus curieux pouvaient découvrir une fontaine gigantesque. Poésie quand tu nous tiens.. Enfin quand tu tiens New York. Enfin quand tu tiens le créateur de la structure. Enfin de la structure, bon bref vous avez saisi!

Il faut quand même que je vous raconte notre épopée de l’Empire State Building. Après avoir payé tout de même approximativement 80$ pour avoir le privilège de monter au 80, au 86 et au 102ème étage, notre voyage nous conduit jusque dans… l’ascenseur. Vous ne pensiez tout de même pas que nous avions fait le tout via les escaliers? (retenez bien cette phrase, j’y reviendrai.) La première partie de l’Empire State Building est particulièrement plaisante car après une entrée majestueuse, le trajet prévu à l’intérieur permet de déambuler entre décors de films et exposition sur la construction du building.

Cependant, et allez savoir pourquoi, au 86ème étage je suis prise de… vertige. C’est donc ça ton corps Marie? Tu te jettes les yeux bandés dans le vide à la Réunion (retenue par un élastique évidemment sinon je ne pourrai même pas écrire ces lignes. #Logique) mais tu ne peux pas être dans un bâtiment qui voit chaque jour défiler des milliers de personnes? Soit. Mains moites, sueurs, l’impression que le gratte-ciel penche, l’envie de dire à tout le monde de marcher doucement pour protéger l’équilibre de la structure, quel bonheur ce fut ! Rassemblant mon courage pour prendre quelques photos sur le balcon (ne vous fiez donc pas aux sourires, je voulais mourir), j’annonce à Julie qu’il est absolument hors de question que j’aille dans « l’antenne », d’autant qu’entre le 86ème et le 102ème étage, tout est vitré ! Il est donc absolument exclu que je rentre dans un « boite montante » vitrée des quatre côtés, pour aller toujours plus haut. Je ne suis pas aux Jeux Olympiques. Ou peut-être aux JO de la mauviette, ça peut-être. Revenant éblouie de là-haut et surtout rassurante quant à l’ascenseur qui certes est vitré mais donne sur les murs (donc on ne voit rien) je me laisse convaincre. Croyant mourir une nouvelle fois durant l’ascension, lorsque celui-ci s’ouvre, je découvre une pièce pas si immense mais vitrée du sol au plafond. Une vue à 360° inoubliable. Enfin « inoubliable » jusqu’à ce que mon cerveau me re-situe dans l’édifice. « On est dans l’antenne Marie. On est dans l’antenne Marie. On est dans l’antenne Marie ». Quelle preuve de self-control me direz vous. Mais à ma grande surprise, je m’entends dire « ah bah en fait ça va. ». Je fais quelques pas, puis le masque de la sérénité s’envole aussi vite qu’il est venu et la mission principale de ma vie était devenue : descendre. Faire une famille? Voyager? Etre heureuse? Non. Descendre. Voilà la vraie quête de ma vie. Julie est donc allée chercher l’employé chargé de nous rappeler l’ascenseur. A ceci près qu’il était hors de question que je descendre par cette machine transparente d’un autre monde (l’ascenseur donc.), et je lui ai ainsi soutenu, mon âme entière (via mes mains) accrochée à la ridicule petite barrière trônant dans le centre de la pièce, que je descendrai les 102 étages par…. les escaliers. (Avez-vous le lien avec le début du paragraphe?). De toutes évidence il a gagné et j’ai descendu comme tout le monde à la verticale.

Arrivées en bas, et surtout dehors (c’est à dire une fois que nous avons quitté les lieux), horreur malheur nous nous rendons compte que nous avons oublié le plus important : filmer la vue avec un système de transition dont nous seules détenons le secret. Je vous renvoie à la vidéo en fin d’article qui résume parfaitement le séjour et vous comprendrez qu’une simple vidéo ne suffit pas, il faut avant tout cacher l’objectif et terminer la vidéo en le cachant une nouvelle fois. Vous comprendrez. Anyways (comme on dit ici). Il nous fallait donc une bonne excuse pour remonter et il m’a semblé que prétexter un oubli de téléphone était plutôt judicieux. C’était sans compter sur le professionnalisme des employés (que je salue) et qui nous ont donc escortés… jusqu’en haut. Alors oui, doubler tout le monde par des files moitié VIP moitié employés donne un sentiment de surpuissance (l’être humain est idiot) mais lorsque ce cher monsieur nous a accompagné jusque dans l’ascenseur nous faisions moins les malignes. Adrénaline ou concentration sur « comment se dépétrer de cette situation que nous avons nous-mêmes créée » je ne sais pas mais, croyez-moi ou non, pas l’ombre d’un vertige à l’horizon. Et j’ai eu le temps de le re-contempler cet horizon..!! Cela étant, je ne suis pas remontée au 102ème. Quoi qu’il en soit, notre hôte a fini par nous laisser nous débrouiller à l’ouverture des portes de l’ascenseur et nous avons pu à la fois feinter avoir retrouvé le dit-Iphone mais aussi et surtout prendre nos clichés !

Et pour fêter cela? Quoi de mieux qu’un verre à 20 dollars sur un Rooftop donnant sur… l’Empire State Building?

La suite de notre séjour n’a pas été sans surprises et je veux vraiment insister sur un point : Si vous avez l’occasion d’aller à Broadway, allez-y. C’est sans doute le plus beau spectacle que la chance m’a été donnée de voir. Vous allez payer un peu cher certes (compter 228$ pour deux personnes) mais quoi qu’il en soit vous ne paierez pas moins cher dans un an ou dans dix, donc foncez. C’est majestueux. D’où le nom de la salle : le Majestic. « Le Fantôme de l’Opéra » restera parmi mes plus beaux souvenirs.

Mais l’endroit où je me suis également rempli les pupilles fut le fameux Pont de Brooklyn. A la nuit tombée, en vous retournant, vous pourrez apercevoir la ligne de building se teinter de noir à mesure que le soleil décroit. Le contraste est splendide et à ce sujet, il était magnifique de voir les reflets des derniers rayons dans un gratte-ciel, un seul, comme un phare au milieu de la nuit. Que de poésie ! D’ailleurs, je sais que la Grande Pomme est célèbre pour ses buildings mais sérieusement on ne s’en lasse pas et on prend plaisir à se sentir tout petit à côté de ces derniers.

La fin de la soirée nous a amené sur le trajet de la gare centrale presque au moment où je disais vouloir y aller! Je vous invite à aller à l’intérieur et vous souhaite de la voir telle que nous l’avons vue : quasiment vide. Des constellations aux plafond aux grandes arches en pierres en passant par l’immensité de la pièce principale avec ses escaliers monumentaux, voilà ici encore un décor que je n’oublierai pas !

Pour terminer cet article qui je l’espère vous aura fait voyager avec nous, je voudrai faire un petit peu de mathématiques. Quelle était la probabilité pour qu’au moment où nous passions devant le RockerFeller Center et sa mythique patinoire un évènement Channel n°5 soit en cours? Bien que se trouvant dans la ville des paillettes, peu de chance vous en conviendrez. Mais quelle était la probabilité pour que ce même jour, des pass pour patiner gratuitement (patins, chocolat chaud et gâteaux inclus) soient distribués? Les chances sont encore plus maigres. Vous me voyez venir, devinez qui a travaillé ses boucles et ses axels? Hé bien pas nous. Mais pour autant ce fut vecteur de rires et sourires croyez moi ! A titre info, en temps normal la patinoire du RockerFeller est payante, comptez à peu près 40$ par personne, avec prêt de patins. Dommage pour nous, nous avons manqué le célébration de l’installation du sapin de Noël, ce qui est un vrai évènement là-bas!

Quelque chose cependant que je n’aurai manqué pour rien au monde fut le Ground Zero. Les tours jumelles du World Trade Center ont laissé place à deux immenses fontaines dans le sens où ils se sont servi des dimensions des fondations pour en faire deux spectaculaires fontaines carrées. Aux dates anniversaires, d’immenses projecteurs éclairent du sol en direction du ciel, comme si leur fantôme était revenu et qu’elles s’étaient reconstruites plus haute que jamais. Aller au World Trade Center sans se rendre dans Mémorial serait une vraie erreur. Nous avons payé 56$ pour deux personnes. Si vous le pouvez, prévoyez une après midi quasiment complète pour voir et lire tout ce qu’il y a d’exposé. Je vous avoue bien volontiers avoir senti quelques larmes couler sur mes joues en écoutant certains derniers messages vocaux, en lisant les derniers textos des condamnés peints avec élégance sur les murs, en découvrant dans une salle dédiée le profil les uns après les autres des victimes. Et je ne vous parle pas de se retrouver face aux débris d’avion ou encore de voir de ses yeux les morceaux de murs des tours qui ne sont dorénavant que d’immenses débris. Je ne vais pas vous décrire la tragique richesse du lieu mais c’est pour moi définitivement un « must see ».

Nous sommes également allés voir la célèbre statue de la Liberté. Enfin on a essayé. Parce qu’on s’est jetée dans le premier ferry venu et la joie de voir apparaitre la Madame Verte a rapidement laissé place à la stupéfaction de la voir partir vers la gauche. De toutes évidence, notre ferry allait autre part. Comme le montre la photo, après s’est gelées sur le pont à cause d’un vent à décorner des bœufs (pour ne pas dire autre chose, coucou Aurane et Jérémie) nous avons amarré sur une rive inconnue (enfin inconnue pour nous, car nous n’avons pas découvert une nouvelle île non plus). Et là, je vois notre dernier espoir de revenir sur nos pas. Un autre ferry fermant ses portes. « Cours Julie Cours! » « Mais on ne sait pas où il va! » « C’est pas grave on le verra bien assez tôt! ». Après avoir donc passé une vingtaine de secondes sur l’autre rive, nous avons littéralement sauté sur le pont de ce second bateau nous ramenant effectivement sur nos pas. Coup de chance, oui. Il faisait froid, il y avait du vent, donc au final ce n’est pas grave qu’on ne se soit pas arrêtées. Mais pour ceux voulant visiter, un ferry à prix abordable vous amènera directement au pied de la statue & vous pourrez également monter à l’intérieur.

Après un dernier détour, celui-ci nous emmenant à Wall Street et son taureau, nous avons découvert un lieu quasi hors du temps, le « Fraunces Tavern » dans lequel il est possible de manger ou simplement boire un verre, et Dieu God sait qu’ils ont du choix ! Pensez cependant à réserver! Je vous le conseille en période de Noël, c’est ce qui faisait tout son charme. Les photos Google ou Instagram ne traduisent en rien la magie que nous avons ressentie.

Et sous vos yeux ébahis, les studios MaryTomyLouisiana vous présentent le résumé en images de cette parenthèse New Yorkaise ! (Mention spéciale à nos transitions!)

#11 Saison 1 – Halloween vibes

S’il y a bien quelque chose que j’ai appris lors de ces mois écoulés, c’est que la vie aux Etats Unis est rythmée par des dates ou des évènements clefs, lesquels se prévoient bien, bien en avance. Ne soyez pas étonnés si en plein mois d’août vous commencez à voir fleurir dans les supermarchés des squelettes, des araignées, des tombes et autres réjouissances. La période d’Halloween, il n’est jamais trop tôt pour la préparer. Et autant vous le dire, la réalité est à la hauteur de la réputation.

Mais alors en quoi Halloween est-il si différent de la France? La taille mes amis, la taille ! Tout est démesuré à en mettre plein les yeux et les Américains s’accordent à décorer transformer leurs habitations, plus ou moins en même temps. Aussi j’ai pris l’habitude de sillonner mes routes habituelles le long de jardins devenus cimetières, croisant un bon millier de grosses structures gonflables aussi horrifiques les unes que les autres. Ce qui paraitrait remarquable d’efforts chez nous, est ici assez commun dans le sens où tout le monde y va de son idée, de sa décoration, de sa toile d’araignée, de son squelette pendu et de sa citrouille (de sa citrouillasse devrais-je dire, compte-tenu de la taille). Mais croyez-moi, je ne m’en suis absolument pas lassée, et me suis arrêtée bon nombre de fois pour photographier les réalisations aussi monstrueuses que remarquables des familles.

S’est alors posée une question fondamentale en ce….. jour de mois d’août. Mais comment allons-nous nous déguiser? Oubliez les idées propres à l’horreur : sorcière, squelette, vampire et autre macchabée ou semi macchabée. Ici, pas de limites. Vous pouvez aussi bien vous déguiser en fantôme qu’en petit chat mignon. Et c’est ainsi que quelques semaines plus tard (oui, car les magasins font bien ce qu’ils veulent, je refuse quant à moi de me lancer dans un « Halloween mood » en plein mois d’août, à l’heure où je suis encore entrain de bronzer à Lake View), j’ai découvert un génie d’entreprise, j’ai nommé le magasin : SPIRIT HALLOWEEN *tatatan* <= Ceci est une musique dramatique.

Invités par une amie américaine à fêter comme il se doit Halloween, nous nous sommes perdus, Lyle et moi, dans les rayons tous plus inspirants les uns que les autres de ce magasin ouvert seulement à cette période de l’année, à la recherche du Déguisement avec un grand D. Et lorsque je vous dis qu’il y a du choix, je vous prie de me croire. J’ai jeté mon dévolu sur un costume de Katrina (Dias de los muertos), priant pour réussir mon maquillage lorsque le moment serait venu & Lyle a choisi de se transformer en notre cher ami Fred, le leader du groupe de Scoobi-doo.

Le 31 octobre 2021, après une bonne heure de préparation, j’ai donc eu le privilège de passer la soirée et une partie de la nuit en compagnie d’un chat, de quelques vampires, d’une mariée maudite mais aussi d’une licorne gay, d’un spartiate, de Minnie et de tant d’autres personnages réels ou fictifs. Mention spéciale aux Jell-o shot (ces shots alcoolisés sous le forme de gelée) !

PS : Oui, j’ai mis longtemps à me démaquiller.

Mais Halloween ne s’arrête pas là et, un petit peu comme en France, il traverse également les portes des écoles à ceci près que les déguisements s’inscrivent dans une volonté de soutien à une cause. Mon High School a ainsi pris le parti de créer ce que l’on appelle la « Red Ribbon week » : il s’agit d’une semaine de lutte contre les drogues. Et à chaque jour sa thématique en lien avec le sujet principal (la drogue donc).

  • Le mercredi par exemple les élèves étaient « trop brillants pour la drogue ». Ils devaient donc s’habiller de couleur flashy
  • Le jeudi il s’agissait de « faire équipe contre la drogue ». Comprendre : s’habiller aux couleurs de son équipe préférée (autant vous dire que je n’ai pas réellement pu suivre ce jour-là, le baseball n’étant pas franchement le sport national en France)
  • Le vendredi, jour ô combien attendu, adultes et enfants ont dit « bouh! » aux drogues. Est-il nécessaire de vous préciser que le dress-code fut en lien direct avec cet article?

Fun fact : j’étais déterminée à reprendre mon costume de Katrina ainsi que le maquillage mais le dress code scolaire impose que l’on voit le visage. Autant vous dire que c’était donc raté. J’ai donc changé mon fusil d’épaule et me suis dit qu’une petite diablesse serait en adéquation parfaite avec Halloween. Puis, je me suis rappelée que nous sommes une nation « under God » et donc, que faire intervenir le diable au sein de l’école n’était peut-être pas l’idée la plus brillante qui soit. Je suis en conséquence revenue à l’essence même de ma personnalité : un petit ange. (Tout sourire derrière votre écran sera passible de plainte.)

Et parce que cette année, je me suis découverte une passion pour les citrouilles (coucou la photo de la ma maison à la porte orange et à l’escalier orné de citrouilles), voici une petite vidéo histoire de vous donner un aperçu du marché des cucurbitacées en cette période de l’année. D’ailleurs, de nombreuses campagnes « anti gaspillage de citrouilles et autres courges » sont relayées via les réseaux, histoire de leur donner une seconde vie plutôt que de les voir pourrir par centaines par terre selon les endroits. Remember : don’t throw your pumpkin !!!